Comment apprend-on ?

La section Comment apprend-on ?  du site savoiretcroire.ca, présente un essai écrit pour faire le point sur la question en titre. Il s’agit d’un article intitulé Apprendre : de l’’abécédaire à la redéfinition de soi ! (pdf, 28 p.). J’ai tenté de comprendre dans les grandes lignes les théories qui servent de fondement aux méthodes utilisées en formation et de référence pour la conception pédagogique. Cet essai est également accessible sur le site de la revue DistanceS, Téluq, aut. 2007, vol. 9, no 1.

Il tisse déjà certains liens entre les modes de formation que nous privilégions et ce qui sera développé dans le reste de ce site, notamment l’acquisition des langues, mais aussi la transformation de soi par l’application d’une des démarches réflexives existantes en éducation. Cette partie de l’article annonçait sans que je le sache au moment de l’écrire le domaine de la formation de soi par le moyen de l’écriture autobiographique, objet de la section Formation par l’autobiographie.

Par ailleurs, cet article soulève au passage l’importance des fondements épistémologiques sous-jacents aux théories éducatives :

« Pour nous, parler du constructivisme en sa qualité de théorie de l’apprentissage est une manière tout à fait légitime de reporter à d’autres contextes la responsabilité d’examiner la dimension épistémologique : Comment sait-on que l’on sait ce que l’on croit savoir? Comment distinguons-nous entre ce qui est réel là en dehors de nous et ce qui ne l’est pas? Ces questions – quoique fort importantes – n’ont pas besoin d’être résolues dans notre esprit avant que nous puissions adhérer au constructivisme comme théorie d’apprentissage. » (p. 5)

J’ai tenu par cette déclaration à me distancier de celles des théories constructivistes qui se présentent comme des théories du savoir plutôt que comme des théories de l’apprentissage. La différence est très importante, car si j’ai pu tirer profit des auteurs qui parlent d’une perspective constructiviste de l’apprentissage, je m’inscrivais en faux contre les théoriciens ou auteurs faisant des affirmations épistémologiques à partir d’une perspective constructiviste. Pour certains d’entre ces théoriciens, rien n’existe en dehors de ce que les humains construisent comme réalité. J’interagis avec ce genre de perspective du savoir dans le cadre théorique et méthodologique d’interprétation du mémoire Récit et interprétation d’un parcours éducatif à la Téluq : sens et attitude épistémique, préconditions pour l’accompagnement en formation à distance (pdf, 192 pages).

Cette distinction étant faite, je me permettrai de citer les deux lecteurs critiques anonymes qui formaient le comité de lecture visant à approuver la publication de mon essai Apprendre : de l’’abécédaire à la redéfinition de soi ! sur le site web de ce qui s’appelait à l’époque la Revue du Conseil Québécois de formation à distance. Son mandat m’a été présenté comme étant de publier des articles scientifiques dans le domaine de la formation à distance. Publier à cet endroit exigeait une certaine démarche dont les deux citations suivantes proviennent.

Le premier lecteur critique anonyme établit la crédibilité et la pertinence de mon essai dans une perspective scientifique reliée à l’éducation:

« Ce texte est sans contredit d’un intérêt certain pour le domaine de la formation à distance. Son originalité vient surtout du fait qu’il s’agit d’un texte qui se préoccupe beaucoup de l’apprenant, qui se met en ses lieux et place, alors que généralement, les textes s’adressent surtout aux concepteurs d’activités à distance.  […]  »

Le texte du second lecteur critique anonyme est intéressant en soi, car il reprend à son compte certains des enjeux clés de mon essai.

« […] Vous trouverez ci-après, et un peu dans le désordre, mes quelques commentaires sur le très bon texte qui a pour titre : Apprendre : de l’’abécédaire à la redéfinition de soi !

« Certains textes nous interpellent plus que d’autres en suscitant une réaction, ou en faisant écho à nos réflexions sur, dans ce cas-ci, les processus fondamentaux et complexes de l’enseignement-apprentissage. Pour moi, ce texte entre dans cette catégorie. Avec une très belle maîtrise de la langue, l’auteur nous communique sa pensée de façon efficace et articulée. Je suis convaincu que ce texte intéressera le lecteur de DistanceS, tant à cause du sujet traité que par l’approche qui invite à la réflexion et au transfert vers une pratique professionnelle toujours plus éclairée (et jamais définitive).

« L’auteur présente notamment les écoles de pensée que constituent le béhaviorisme, le cognitivisme et le constructivisme non pas, pour l’essentiel, comme une hiérarchisation ou une classification systématique d’approches éducatives, souvent en opposition, mais beaucoup plus comme des façons de s’ajuster à des contextes en fonction d’intérêts et d’objectifs particuliers. En cela, le titre est déjà justifié. On sent que l’intention en est une d’ouverture qui ne vise ni à inclure, ni à exclure. Sur ce point, le discours n’est certes pas vraiment nouveau, mais c’est dans le traitement qui en est fait et dans ce qui en découle qu’il se distingue vraiment. Chaque approche a bien sûr ses propres limites, mais l’auteur invite surtout ici à recentrer nos interrogations non pas sur les spécificités de chacune mais bien sur le fait qu’apprendre est une activité humaine, intentionnelle et, surtout, qui s’apprend.

« C’est toute cette dimension du devenir et du développement de la personne qui est ensuite scrutée de près et fort bien documentée. L’auteur a un préjugé favorable pour le constructivisme, il ne s’en cache pas, mais cela se traduit surtout par l’importance qu’il accorde à la question du sens et à ce qui s’y rapporte, et ce pour chaque apprenant. Sur la base de solides tenants théoriques, il met aussi en relief la valeur des dimensions motivationnelle, métacognitive et, dans une bonne mesure, socio-affective. Il invite surtout à un dialogue intérieur pour reconnaître ses propres modèles mentaux, pour les prendre en compte et agir sur ceux-ci. C’est la pierre angulaire et la force de ce texte positivement ouvert sur l’avenir. En bref, ce texte invite à réfléchir sur la capacité réelle de chacun à se dépasser et à réaliser son plein potentiel. À cet égard l’auteur propose des idées nouvelles et porteuses, ainsi que des pistes susceptibles de faire la différence.

« Je considère que ce texte a un caractère résolument scientifique tout en demeurant tout à fait accessible. Voilà, pour moi, le propre d’une bonne communication pédagogique à l’écrit. Ce texte sera sans doute perçu comme très pertinent et utile pour tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, tant à la formation à distance qu’au développement de la personne. Vous comprendrez que je crois qu’il peut être retenu, tel quel, pour parution. […] »

Si vous ne savez pas de quoi il retourne lorsque l’on parle de béhaviorisme, de cognitivisme ou de constructivisme, mais que vous avez besoin de démêler un peu ces concepts, alors les deux premières parties de mon article pourraient vous être utiles. Sinon, vous pouvez lire la deuxième partie où il est question d’être actif dans toute situation d’autoformation, et la troisième qui développe le thème reflété dans le titre de mon essai : Apprendre : de l’’abécédaire à la redéfinition de soi ! (pdf, 28 p.).

Par ailleurs, la version anglaise de la présente page (How do we Learn?) donne accès à des contenus tirés d’autres sites Web prolongeant la mission de savoiretcroire.ca.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité : les 13 juin 2016, 15 mai 2017 et 24 août 2017.