La foi en temps de pandémie

Comment vivre notre foi en temps de pandémie ? ou lorsque nous faisons face à une maladie ou à une épreuve de tout ordre ou degré. Dieu souffre avec nous.

Il y a un mois, une nouvelle chrétienne de notre groupe avait posé une question, suite à la lecture du livre de John Piper, Le coronavirus et Christ.  La question était la suivante :

J’ai toujours cru que la maladie provenait de l’ennemi, depuis le péché originel, donc ne viendrait pas de Dieu mais qu’il la permettait. Mais Piper dit : « Le coronavirus a été envoyé par Dieu. C’est une saison amère et Dieu l’a ordonnée. Dieu la gouverne. Il y mettra fin. » Est-ce que j’ai été dans l’erreur tout ce temps ?

Dans le but de répondre à la question lancée, Nellie a écrit cette réflexion et elle vous la partage, à travers ce blog.

RÉPONSE  À LA QUESTION DE LUCIE,
CONCERNANT LA MALADIE,
DANS LE
CONTEXTE DU CORONAVIRUS

Lucie, la question que tu as posée est difficile. Difficile, mais importante, parce qu’une crise comme celle du coronavirus rejoint notre besoin de trouver un sens à la souffrance, au mal.  Je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre à ta question de façon exhaustive, mais j’aimerais te partager les points principaux qui m’ont servi d’ancrage lorsque ma fragile barque tanguait dangereusement sur de fortes vagues.

D’abord, j’aimerais préciser que pour moi, bien qu’elle affecte la santé des gens, la pandémie dépasse le problème de la maladie. Je la vois plutôt comme un grand fléau, tels que le furent le tsunami au Japon en 2011 ou le tremblement de terre à Haïti en 2010, mais cette fois, le fléau est planétaire, ce qui le rend encore plus impressionnant. Dans les deux cas précédents, nous étions les spectateurs de grands désastres qui arrivaient ailleurs, mais présentement, chaque personne de la terre est interpellée parce qu’elle (ou un de ses proches) pourrait contracter ce virus et en mourir. De plus, bien d’autres conséquences encore difficiles à prévoir pourraient en découler, individuellement autant que collectivement.

Si je m’appuie sur la terminologie de Timothy Keller, dans son livre La souffrance : marcher avec Dieu à travers les épreuves et la douleur, la pandémie serait « un mal naturel » par opposition à « un mal moral » comme, par exemple, la tuerie de la Polytechnique, la mort de la fillette de Granby, le récent massacre qui a eu lieu en Nouvelle-Écosse. Le genre de mal qu’est la pandémie pourrait s’avérer plus troublant pour certains, car elle ne peut être reliée directement au péché des hommes, contrairement à l’autre catégorie de mal.  

Le caractère même de Dieu

Très tôt dans ma vie chrétienne, j’ai eu le privilège d’entendre un message qui m’a marquée et m’a même soutenue toute ma vie. Ce message portait sur Dieu, plus spécifiquement, sur la sainteté de Dieu. Il présentait Dieu comme étant absolument pur, non seulement exempt de tout mal, mais incapable de tolérer la présence de celui-ci, comme le dit Habakuk :

Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder la misère. Pourquoi regarderais-tu les traîtres? Pourquoi garderais-tu le silence quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui? (Ha 1:13, Sg 21, voir note *.) 

À cause de sa perfection absolue, Dieu devait exercer à la fois sa justice et son amour. Si Dieu, en exigeant la punition pour le péché, était simplement juste, il pourrait être dur. Si, au contraire, il n’était qu’amour, sans aucune conséquence au péché, il serait bonasse; cet amour ne serait que pure sentimentalité. 

En fait, expliquait le prédicateur, pour que la sainteté de Dieu soit respectée, la justice et l’amour de Dieu devaient travailler main dans la main. La justice supposait le paiement de la pénalité pour le péché tandis que l’amour cherchait à restaurer la relation de l’homme avec lui. Dans le sacrifice de Jésus sur la croix, en expiation pour nos péchés, ces deux caractéristiques si importantes de Dieu que sont sa justice et son amour, se sont rencontrées. De plus, ce sacrifice démontre plus que toute autre chose l’amour de Dieu, puisque Dieu lui-même a fourni ce que sa sainteté exigeait.  

En effet, le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. (Rm 6:23). 


SAINTETÉ DE
DIEU

                                                                                           

        JUSTICE                                                              AMOUR   

parfaitement équilibrées
en Jésus
  

Ce prédicateur avait dépeint à mes yeux un Dieu saint, en qui s’équilibraient parfaitement la justice et l’amour. Cette compréhension de Dieu m’a accompagnée depuis maintenant plus de 40 ans. Comme je l’ai dit plus haut, elle m’a servi d’ancrage.

Très tôt aussi, un autre élément s’est greffé à cette compréhension de Dieu. Il s’agit de la conviction que Dieu cherche toujours le bien des siens. Elle me venait de Romains 8:28 :

Du reste, nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés conformément à son plan (l’italique est de moi). 

Ce verset, j’en voyais l’illustration frappante dans la vie du patriarche Joseph qui a toujours été mon personnage préféré de l’Ancien Testament. J’admirais son intégrité à toute épreuve alors que les circonstances de sa vie allaient de mal en pis. (Gn 37-50). De fait, contrairement à David dont on peut discerner les points d’appui dans l’adversité, à travers ses psaumes, rien dans le récit de la vie de Joseph ne me permettait de comprendre ce qui l’avait soutenu lorsqu’il avait fait face à toutes ses tribulations. Cela m’a d’ailleurs toujours intriguée, d’autant plus qu’à cette époque, la révélation de Dieu était très
restreinte si on la compare à celle que nous avons maintenant.

Par contre, les paroles de pardon prononcées à l’égard de ses frères qui avaient été à l’origine de toute la misère qu’il avait vécue sont révélatrices. Elles témoignent hors de tout doute de sa conviction que Dieu avait utilisé le mal planifié par ses frères pour son bien, ainsi que pour celui de son peuple. En effet,  Joseph allait devenir l’instrument de Dieu pour sauver son peuple… à partir du pays où il avait dû vivre en étranger depuis si longtemps, à cause de la méchanceté de ses frères.

N’ayez pas peur! Suis-je en effet à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. (Gn 50:19-20)

Sans avoir accès au texte de Paul, dans Romains 8:28, Joseph savait que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu ». Au sein de l’épreuve, ce passage, de même que l’exemple de Joseph, donnaient un sens à mon vécu, même si je ne comprenais pas nécessairement le but de Dieu pour moi, à ce moment-là. C’est en réfléchissant à ta question, Lucie, que j’ai réalisé l’impact qu’a eu cette assurance sur ma vie. Elle me permettait de m’accrocher, de garder la barre ferme lorsque venait la tempête.

Un autre aspect du caractère de Dieu : sa souveraineté

À bien y penser, ce précieux passage — Romains 8:28 — souligne un autre aspect du caractère de Dieu : sa souveraineté. Je voyais dans ce verset que Dieu contrôlait ce qui m’arrivait et le faisait d’une façon qui contribuait à mon bien, parce que j’avais été choisie par lui, « appelé[e] conformément à son plan ».

Par contre, j’ai graduellement pris conscience que certains passages des Écritures me semblaient aller beaucoup plus loin dans leur présentation de la souveraineté de Dieu. En effet, dans Éphésiens 1:11, Dieu est décrit comme étant « celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté », ce que reprend le Psaume 135, en affirmant  très catégoriquement ceci : 

Tout ce que L’Éternel veut, il le fait,
dans le ciel et sur la terre, dans les mers et dans tous les abîmes. (v.6) 

Même idée dans 1 Samuel où il est dit de lui que Dieu contrôle tout, absolument tout, le bien comme le mal :

L’Éternel fait mourir et il fait vivre, il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter. L’Éternel appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève. De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève le faible, pour les faire asseoir avec les grands, et il leur donne en possession un trône de gloire. (2:6-8)

D’autres passages attribuent même une responsabilité à Dieu dans la mort de Jésus :

Cet homme [Jésus] vous a été livré suivant le projet défini et la prescience de Dieu. Vous l’avez arrêté, vous l’avez fait mourir sur une croix par l’intermédiaire d’hommes impies. (Ac 2:23) 

Il est bien vrai qu’Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et les peuples d’Israël contre ton saint serviteur Jésus, que tu as consacré par onction; ils ont accompli tout ce que ta main et ta volonté avaient décidé d’avance. (Ac 4:27-28) 

Ces passages me surprenaient grandement, parce que jusque là, j’avais attribué le mal — tout le mal — à Satan et aux humains séduits par lui. Mais, les Écritures affirment que Dieu contrôle le bien comme le mal, ce qui impliquerait aussi le coronavirus. C’est d’ailleurs ce que soutient John Piper, dans son livre Le coronavirus et Christ. Comment cela se fait-il?

Le mal est un intrus dans la création parfaite de Dieu

Il serait bon de mentionner que comme Keller, je  crois que « le mal est un intrus dans la création parfaite de Dieu » (p. 178). Dieu avait créé un monde sans failles et avait donné à l’homme l’autorité de le dominer (Gn 1:28). À cause de cela, celui-ci pouvait accomplir les plans de Dieu sur la terre, tout en jouissant d’une communion avec lui. Le mal n’existait pas dans l’Éden.

Satan a introduit le péché et le mal dans le monde. Jaloux de l’homme que le Créateur avait « fait de peu inférieur à Dieu et […]couronné de gloire et d’honneur » (Ps 8:6), il a séduit Adam et Ève et les a entraînés dans sa rébellion contre Dieu. Ils ont alors dû faire face au jugement de Dieu et aux conséquences découlant de leur péché (souffrances, exil, mort). Ce jugement, ainsi que la promesse d’une victoire future sur l’Ennemi de Dieu et des hommes (Gn 3:15), faisaient partie de son grand plan de sauvetage pour l’humanité. Ce plan, il l’avait conçu avec son Fils avant même la fondation du monde (Ép 1). Dès la chute, il a enclenché sa réalisation et tout au long des siècles, il a cherché à le déployer.

En même temps, Satan continue de tenter d’éloigner les hommes de leur Créateur et de leur destinée, en les manipulant par toutes sortes de ruses et de mensonges (Jn 8:44). En succombant à la tentation, Adam et Ève lui ont cédé leur droit de gouverner la terre. Il est ainsi devenu « le prince de ce monde » (Jn 12:31), « le dieu de ce siècle » (2 Co 4:4), « le prince de la puissance de l’air » (Ép 2:2). C’est pourquoi l’apôtre Jean peut déclarer que « le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jn 5:19).

Il a été défait à la Croix, mais il continue à régner, par le mensonge, en attendant la victoire ultime de Jésus, telle que décrite dans l’Apocalypse dont il est le grand héros.

Satan a un grand impact sur notre monde — un impact maléfique —, mais il n’est pas tout-puissant. La toute-puissance appartient à Dieu seul. Dieu limite le pouvoir de Satan, comme nous le verrons plus loin.

 Une sagesse au-delà de notre compréhension

Cela étant dit, le problème du mal demeurait irrésolu pour moi. Il suscitait de nombreuses questions en moi  : comment un Dieu saint, à la fois juste et bon, peut-il permettre le mal ? quel peut alors être son but ? comment la souveraineté de Dieu peut-elle se réconcilier avec la liberté qu’il accorde à ses créatures ? etc.

Une chose est claire dans les Écritures : tout ce que Dieu fait est parfait et digne d’être loué.

Il est le rocher. Ce qu’il accomplit est parfait, car toutes ses voies sont justes. C’est un Dieu fidèle et dépourvu d’injustice, il est juste et droit.
(Dt 32:4, l’italique est de moi.)

Qui est semblable à toi parmi les dieux, Eternel?
Qui est, comme toi, magnifique de sainteté, redoutable, digne d’être loué, capable de faire des miracles? (Ex 15:11,
l’italique est de moi)

En fait, dans les Écritures, Dieu n’explique pas comment il conjugue sa souveraineté avec sa justice et son amour, ni comment il la conjugue avec la responsabilité de l’homme. Il déclare même que nous serions incapables de saisir la sagesse avec laquelle il agit : 

En effet, vos pensées ne sont pas mes pensées
et mes voies ne sont pas vos voies, déclare L’Éternel.
Le ciel est bien plus haut que la terre.
De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies,
et mes pensées bien au-dessus de vos pensées.
(És 55:8-9)
 

Même l’apôtre Paul, qui avait pourtant reçu une révélation spéciale du mystère de Dieu en Christ (Ép 3:3-4), s’est écrié que les voies de Dieu étaient incompréhensibles : 

Quelle profondeur ont la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu !
Que
ses jugements sont insondables, et ses voies impénétrables ! (Rm 11:33) 

Par contre, à quelques endroits dans sa Parole, Dieu soulève un coin de rideau pour nous laisser entrevoir ce qui se passe dans les sphères célestes.   

Premier coup d’œil sur l’arrière-scène

Le récit de la vie du patriarche Joseph dont nous avons parlé précédemment, plus spécifiquement, la scène où il pardonne à ses frères, est révélatrice de l’action de Dieu derrière les gestes humains. Vous vous rappelez que dans la Segond 21, la version de la Bible que je lis généralement, Joseph disait ceci : 

N’ayez pas peur! Suis-je en effet à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Gn 50:19-20, Sg21).

De cette traduction de la Bible, on peut déduire que Dieu change le mal en bien. Une grande assurance, n’est-ce pas ? Mais, la version du Semeur va beaucoup plus loin. On peut y lire que Joseph, tout en reconnaissant la responsabilité de ses frères, voit en Dieu la cause ultime de ses malheurs. 

N’ayez aucune crainte! Suis-je à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Gn 50:19-20, Semeur). 

(Pour comprendre le dilemme qu’a dû résoudre le traducteur pour arriver à cette traduction particulièrement éclairante, voir l’article de Daniel intitulé Dieu et les désastres de nos vies, publié précédemment sur le présent blogue du site Savoir et croire .ca.)

Pour ma part, c’est Piper, dans son livre sur le coronavirus, qui a attiré mon attention sur cette différence notable. Il avertit : 

Attention à ne pas diluer cette vérité. Il n’est pas dit : « Dieu l’a utilisé pour en faire du bien » ou « Dieu l’a transformé en bien. » Il est écrit : « Par ce que vous avez fait, Dieu a projeté du bien. » Les frères visaient le mal, mais l’objectif de Dieu était le bien. Il n’a pas commencé à faire le ménage au milieu de cette histoire. Dès le début, il poursuivait un but, un sens. Dès le départ, il a projeté de faire du bien (p.48, ma traduction). 

Pour notre compréhension limitée, il est difficile de comprendre comment la responsabilité de l’homme et la souveraineté de Dieu peuvent s’articuler, mais Keller explique qu’ils sont effectivement compatibles. 

Dieu contrôle absolument tout ce qui se passe dans l’histoire mais de manière à laisser les humains responsables de leurs choix, de leurs actions et des conséquences. La liberté humaine et la direction divine des événements historiques sont alors tout à fait compatibles. Autrement dit, si quelqu’un braque une banque, le mal moral est de sa seule responsabilité, bien qu’il fasse partie du plan de Dieu.

Il est trivial mais efficace d’y réfléchir en termes de pourcentages. Nous pensons que Dieu a projeté quelque chose ou qu’un individu a exercé son libre arbitre pour l’accomplir. Les deux propositions ne peuvent être vraies en même temps. Nous dirons donc qu’un événement est dû à 50% à Dieu et 50% à un être humain. Ou peut-être 80% contre 20% ou 20% contre 80%. Mais la Bible affirme que l’histoire est à 100% sous la direction de Dieu, et pourtant elle est remplie d’individus responsables à 100% de leurs actions, en même temps (p.183). 

C’est justement à cause de cette complète souveraineté de Dieu que Piper peut faire la déclaration suivante en parlant du coronavirus : 

Le secret […] est de savoir que le Dieu souverain qui pourrait arrêter la propagation du coronavirus, mais qui ne le fait pas, est celui même qui soutient l’âme au sein de la pandémie. En d’autres termes, si nous essayons de dépouiller Dieu de sa souveraineté sur la souffrance, nous sacrifions alors sa souveraineté qui lui permet de faire concourir toutes choses au bien (p. 32).

La vie de Joseph démontre bien l’entrelacement de la responsabilité humaine et de la souveraineté de Dieu. Parce que Joseph est demeuré attaché à Dieu, en dépit de ses épreuves qui non seulement n’en finissaient plus, mais s’amplifiaient (responsabilité humaine), Dieu a pu accomplir de grandes choses pour lui, aussi bien que pour son peuple (souveraineté de Dieu). L’une comme l’autre ont travaillé de pair.

Deuxième coup d’oeil sur l’arrière-scène

Un autre récit de la Bible nous révèle un peu plus l’arrière-scène des événements qui surviennent dans la vie d’un individu. C’est le livre de Job. Dans ce cas-ci, les auteurs principaux qui agissent en coulisses, ce sont Satan qui s’en prend directement à Job et Dieu qui met une limite à ses interventions.

Le premier chapitre du livre met en scène un homme intègre dont le comportement démontre qu’il craint Dieu. Puis, on assiste à un dialogue particulier dans lequel Satan remet en question l’intégrité du serviteur de Dieu, disant que celui-ci le révère par pur intérêt, parce qu’il a sa bénédiction. Il insinue que si Dieu lui retirait sa protection, il le maudirait. 

L’Éternel dit à Satan :
—D’où viens-tu?

Satan répondit à L’Éternel :
—De parcourir la terre et de m’y promener.

L’Éternel dit à Satan :
— As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal.

Satan répondit à L’Éternel :
— Est-ce de façon désintéressée que Job craint Dieu? Ne l’as-tu pas entouré de ta protection, lui, sa famille et tout ce qui lui appartient? Tu as béni le travail de ses mains et ses troupeaux couvrent le pays.  Mais porte donc la main contre lui, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudira en face.

L’Éternel dit à Satan :
— Voici tout ce qui lui appartient: je te le livre.
Seulement, ne porte pas la main sur lui. (1:8-12) 

Dans ce passage, on peut voir que la puissance de Satan est limitée à celle que Dieu lui accorde. On peut lire ensuite que Satan s’attaque à Job qui perd tous ses biens et sa famille entière. Il prend le deuil et se jette à genoux disant : «C’est nu que je suis sorti du ventre de ma mère, et c’est nu que je repartirai. L’Éternel a donné et L’Éternel a repris. Que le nom de L’Éternel soit béni ! » 

Au chapitre suivant, un dialogue semblable au premier reprend :  

L’Éternel dit à Satan :
— D’où viens-tu?

Satan répondit à L’Éternel :
— De parcourir la terre et de m’y promener.

L’Éternel dit à Satan :
— As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal. Il persévère dans son intégrité et c’est sans raison que tu m’incites à le perdre.

Satan répondit à L’Éternel :
— Peau contre peau ! Tout ce qu’un homme possède, il est prêt à l’échanger contre sa vie. Mais porte donc la main contre lui, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu’il te maudira en face.

L’Éternel dit à Satan :
— Le voici: je te le livre. Seulement, épargne sa vie. (2:2-6) 

Encore une fois, Dieu permet à Satan d’intervenir, mais limite sa méchanceté : Satan peut atteindre la santé de Job, mais il doit épargner sa vie. Et, celui-ci, comme dans la première épreuve, demeure fidèle à Dieu. À sa femme qui lui dit : «Tu persévères dans ton intégrité? Maudis donc Dieu et meurs !» Job répond : « Tu tiens le langage d’une folle. Nous acceptons le bien de la part de Dieu, et nous n’accepterions pas aussi le mal ? » (v.9-10), ce qui amène le narrateur à conclure que « dans tout cela, Job ne pécha pas par ses lèvres ». Mais, dans les chapitres qui suivent, Job crie sa douleur à Dieu, clame son innocence, cherche à comprendre le « pourquoi » de ses souffrances, etc., car il ne comprend pourquoi il vit ce qu’il vit, lui, qui se perçoit comme un homme intègre.

Après avoir laissé Job supplier, se justifier, questionner, etc., Dieu répond enfin à Job. D’abord, sur un ton de reproche, il le remet à sa place : 

Qui est celui qui obscurcit mes plans par des discours dépourvus de savoir?
Mets donc une ceinture autour de ta taille comme un vaillant homme!
Je t’interrogerai et tu me renseigneras. (38:2-3) 

Oui, à notre grande surprise, nous constatons que pendant quatre chapitres, la réponse de Dieu consiste en une série de questions qu’à son tour, il pose à Job. Des questions du genre de celles-ci, qui toutes dépassent Job :  

Où étais-tu quand j’ai fondé la terre?
Déclare-le, puisque tu es si intelligent!
Qui a fixé ses dimensions? Tu le sais, n’est-ce pas?
Ou qui a déplié le ruban à mesurer sur elle?
Sur quoi ses bases reposent-elles?
Ou qui en a posé la pierre angulaire
alors que les étoiles du matin éclataient ensemble en
chants d’allégresse 
et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie? (Job 38 v 4 à v 7)  

Par les questions de Dieu, Job est mis en présence de la puissance et de la sagesse de Dieu. Et, que fait-il alors ? Il s’incline devant la grandeur de Dieu et répond : 

Je sais que tu peux tout, et que rien ne peut faire obstacle à tes projets. « Qui ose, disais-tu, obscurcir mes desseins par des discours sans connaissance?»  Oui, j’ai parlé sans les comprendre de choses merveilleuses qui me dépassent, que je ne connais pas. « Écoute, disais-tu, c’est moi qui parleraije vais te poser des questions, et tu m’enseigneras. » Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toiMais maintenant, mes yeux t’ont vu. Aussi je me condamne, je regrette mon attitude en m’humiliant sur la poussière et sur la cendre.
(42:2-6, Le Semeur)

On le constate, Dieu n’a donné aucune explication à Job concernant les causes de sa grande épreuve, mais l’attitude de celui-ci est complètement changée. Il est maintenant capable de vivre son affliction dans la confiance à ce Dieu si grand et si sage, sans connaître le pourquoi de sa souffrance. Le commentateur de la version Le Semeur précise très pertinemment que « Job est maintenant prêt à continuer de révérer Dieu pour rien, contrairement aux insinuations de Satan » (p.751). On le sait, le récit de la vie de Job, c’est un récit qui finit bien : il vécut encore 140 ans, recouvra la santé, le double de ses biens et eut le même nombre de fils et de filles. 

Job n’a pas eu de réponse, mais, à nous, à travers le récit de l’expérience de Job, est dévoilé la lutte qui se passait dans les lieux célestes. À travers ce récit, nous sommes invités, même s’il nous arrive de ne pas comprendre « les pourquoi » de nos souffrances, à mettre notre confiance en un Dieu infiniment plus grand et plus sage que nous, sachant que l’ennemi de nos âmes « rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (1 Pi 5:8).

 Le souverain qui souffre

Comme je l’ai déjà mentionné, ma conviction que Dieu est souverain a constitué une ancre solide dans les temps difficiles. Par contre, ce qui m’apparaît particulièrement réconfortant,  c’est de savoir que Dieu lui-même, en Jésus-Christ, a souffert. Et, même que sa souffrance dépasse de beaucoup la mienne, sans compter qu’elle était absolument imméritée.

Un Dieu souverain, même s’il est bon et juste, et en plus, infiniment sage, pourrait paraître lointain, mais un Dieu qui prend notre souffrance devient tout à coup très accessible. Il peut compatir à la nôtre. N’est-ce pas ce que dit l’auteur de la lettre aux Hébreux :  

En effet, nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun (Hé 4:15-16).

Ce matin, je lisais Jean 12.  Jésus venait de faire allusion à sa mort, puis il se dit en lui-même : « Maintenant mon âme est troublée. (On le comprend aisément.) Et que dirai-je? Père, délivre-moi de cette heure? » (Notez les points d’interrogation. C’est comme s’il hésitait et se demandait s’il pouvait considérer la possibilité d’éviter la mort.) Mais, aussitôt, il se reprend fermement : « Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. » Et, consentant au sacrifice, il ajoute : « Père, révèle la gloire de ton nom ! » (v.27-28). Voilà la souffrance que notre Sauveur a dû affronter… jusqu’au bout.

Il me semble que de parler d’un Dieu souverain sans parler du Dieu qui souffre ne lui ferait pas justice. Tellement pas ! C’est d’ailleurs ainsi que Timothy Keller qualifie notre Dieu : « le souverain qui souffre » (p.198), expliquant que ces deux vérités se complètent. Il est souverain sur la souffrance et il en a fait l’expérience avant nous. Nous pouvons donc lui faire confiance, que ce soit dans la situation particulière de la pandémie actuelle ou dans les situations habituelles de nos vies.

Nellie Chouinard-Garneau,
le 23 mai 2020

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Note :
(*) À moins d’indication contraire, les citations bibliques proviennent de la Segond 21.

Réponse à Hervé-Cyrille du Bénin

Cet article fournit des conseils à un jeune chrétien désireux de croître dans sa foi. Pourquoi lire plus avant ? Si vous en êtes au début de votre vie chrétienne ou connaissez quelqu’un d’autre qui est dans cette situation, peut-être trouverez-vous ici des éléments utiles pour votre démarche ou celle d’une personne que vous cherchez à aider. De nos jours certains sont exposés à l’Évangile par l’entremise des médias sociaux, sites web et forums ou blogues chrétiens et n’ont pas ou peu de chrétiens dans leur entourage. Quant au texte qui suit, il est né de mon interaction avec un nouveau chrétien désirant échanger avec moi sur Chrétiens en réseau afin de grandir spirituellement :

«Bonjour, Daniel, moi, on m’appelle Hervé-Cyrille, je viens du Bénin. Nouvellement chrétien évangélique et inscrit sur ce site, j’aimerais échanger avec des chrétiens plus mûrs du monde entier afin de grandir aussi spirituellement. Est-ce donc possible de correspondre avec vous? J’attends votre réponse et surtout que Dieu vous bénisse!».

… Courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée.
Faisons-le en gardant les regards sur Jésus,
qui fait naître la foi et la mène à la perfection. (Hébreux 12.1b-2a, Segond 21)

Je reproduis ici ma réponse en l’ajustant un peu pour tenir compte du nouveau contexte et en y corrigeant quelques fautes.  Il s’agit d’un témoignage impromptu de ma part et de quelques conseils pour nouveaux chrétiens en réponse à la question qui précède.

Je suis né dans une famille catholique romaine, mais je me suis converti au Seigneur Jésus une fois devenu adulte. Le catholicisme m’a appris que Dieu existe, que Jésus est mort sur la croix pour moi, que Dieu parle dans la Bible. Mais c’est en lisant la Bible elle-même et en fréquentant des chrétiens évangéliques que je suis parvenu à comprendre que je pouvais avoir une relation personnelle avec Jésus maintenant.

J’ai aussi compris qu’il me fallait accorder plus d’importance à ce que Dieu dit dans sa Parole qu’à tout le reste.

Par ailleurs, ne vous laissez pas décourager par les réponses négatives que certaines personnes pourraient vous donner, ni dans la vie, ni nulle part ailleurs, même s’il s’agit de sites chrétiens. Retenez ce qui est bon, pour le reste ne vous en faites pas. Faites confiance à notre Père céleste qui prend soin de ceux qui cherchent à Lui plaire.

Avez-vous des amis chrétiens dans votre entourage ? Fréquentez-les. Connaissez-vous une Église locale chrétienne où il vous serait possible de participer ? Je vous encourage à vous engager dans la vie de cette Église. Examinez ce qu’enseignent le ou les pasteurs et les gens de cette Église, par leur propos et leur conduite. Donnez-vous le droit de visiter plus d’une Église locale et choisissez-en une où l’on vous respecte.

Aucun site Web ne peut remplacer, ni la Parole de Dieu, ni l’interaction avec des êtres humains en chair et en os avec qui partager votre parcours de foi : «Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse! Instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur de tout votre cœur sous l’inspiration de la grâce. Et quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus en exprimant par lui votre reconnaissance à Dieu le Père» (Colossiens 3:16).

Si j’ai bien compris, vous êtes un nouveau chrétien. Je vous donnerai donc aussi le conseil suivant : Lorsqu’un chrétien vous cite un passage biblique, comme je viens de le faire, il vaut toujours la peine d’aller lire dans la Bible le contexte de ce verset. Lire le contexte dans ce cas-ci consisterait à lire les quelques versets avant et après Colossiens 3:16, puis à lire l’épître aux Colossiens en entier.

Si vous fréquentez beaucoup de chrétiens ou lisez beaucoup d’articles sur des sites chrétiens, dont celui-ci, il devient vite impossible d’aller voir tous les contextes de tous les versets qui sont cités. Ce que je fais pour ma part est d’aller lire les contextes des versets que Dieu utilise pour m’interpeller sur des sujets importants. J’ai toujours également accordé beaucoup d’importance à lire le contexte des passages que l’on utilise pour faire des affirmations concernant la foi chrétienne. Cela permet de vérifier que c’est bien là ce que la Parole de Dieu enseigne dans le passage mentionné.

À cet égard, veuillez lire Actes au chapitre 17 tout au complet. Vous remarquerez au verset 11 que les gens de Thessalonique examinaient dans les Écritures ce que Paul leur enseignait. Ne tenez donc pas compte des propos de ceux qui voudraient vous décourager de vérifier par vous-mêmes ce que dit la Bible concernant tout sujet.

Que la paix de Christ règne dans votre cœur (Colossiens 3:15),

Daniel Garneau
www.savoiretcroire.ca

Article mis à jour le 22 juillet 2018.

Articles sur des thèmes connexes à celui-ci et susceptibles d’aider à poursuivre une démarche de progression dans la vie chrétienne :

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Mots clés de recherche :  conseils à un jeune chrétien; conseils pour nouveaux chrétiens.

Comment choisir une église ?

Avant d’entrer dans le sujet de cet article, lequel se veut un guide pour ceux qui sont en situation de choisir une église locale ou d’orienter quelqu’un vers le choix d’une église, je suggère au préalable d’écouter les messages bibliques complémentaires que voici :

Le premier message ci-dessus s’appuie sur Luc 11:37-53 et nous met en garde contre des attitudes qui ne sont l’apanage d’aucune confession religieuse particulière, tandis que le second invite à s’engager soi-même dans la vie d’une Église locale. En dernier lieu, une présentation constructive de ce que signifie vivre notre foi, laquelle constitue, en même temps, une mise en garde contre les églises, même évangéliques, qui manifesteraient une attitude de repli sur soi-même et nuiraient plus que n’aideraient à vivre pour Jésus.

Or le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. (2 Co 3.17, S21)

Le présent article est né du besoin d’orienter une personne que j’ai rencontrée sur le forum chrétien Sources d’eau vive à identifier une église où elle pourrait se rendre par autobus. Cette situation a donné lieu en moi à une réflexion et à un questionnement. J’ai voulu rendre les moments clés et les résultats de cette recherche accessibles aux personnes qui se demandent de quoi il faut tenir compte lorsque l’on cherche une église locale.

Je présenterai d’abord ce qui me semble être des facteurs importants pour guider quelqu’un d’autre vers le choix d’une église. Je mentionnerai au passage les limites rencontrées dans ma capacité d’orienter la personne qui recevait mes conseils. Je présenterai ensuite un ensemble de considération du point de vue de celui qui cherche une église pour lui-même. Enfin je mentionnerai quelques exemples d’églises et de réseaux d’églises en utilisant la périphérie sud-ouest de la ville de Québec comme exemple.

1. Conseiller autrui – facteurs et limites

Pour l’exemple qui m’a inspiré à écrire le présent article, deux facteurs ont été décisifs : l’église en question devait être accessible par autobus puisque la personne en recherche d’église ne disposait pas d’une automobile; l’église devait revêtir un certain caractère de sobriété compte tenu du contexte social et familial dans lequel évoluait cette personne.

Les recommandations que j’ai faites dans ce processus tenaient également compte de facteurs comme les suivants : dans lequel des grands courants évangéliques s’inscrivait une église locale donnée ? Cette église était-elle accréditée par un groupe d’églises ou était-ce une initiative sans filiation confessionnelle définie ? Que pouvait-on savoir de la formation requise pour les dirigeants de cette église? Quelle réputation avait cette église dans la communauté et parmi les chrétiens évangéliques en général ?

Réfléchir à ces questions m’a conduit à éliminer de ma recherche les églises dont je ne pensais pas avoir les connaissances requises pour en évaluer le ministère avec justesse, compte tenu de la tradition évangélique dont elles étaient issues. De plus, j’étais réticent à conseiller une personne vers une église qui n’identifiait pas leurs convictions, sauf si je connaissais cette église à travers quelques-uns de ses membres ou dirigeants.

Je n’ai pas retenu certaines églises qui me paraissaient très bien dans de nombreux aspects, mais dont l’approche ministérielle ne me paraissait pas convenir au profil de la personne qui demandait conseil. Je me suis par ailleurs aussi rendu compte que je me résignais difficilement à conseiller une personne vers une église qui faisait partie d’une tradition d’églises avec laquelle je n’avais aucun vécu ou que je ne comprenais pas.

J’ai constaté qu’un assentiment conceptuel ne m’était pas suffisant pour dépasser mes réticences à conseiller certaines églises en dehors des groupes que je connaissais. J’en conclus qu’il serait souhaitable pour moi de me rapprocher de certains de ces autres groupes afin de développer une zone personnelle de confort compatible à l’assentiment théorique que j’entretiens à l’égard d’églises de traditions dissemblables à la mienne.

Après réflexion, j’en suis venu malgré tout à identifier les églises locales suivantes comme pistes de départ pour appliquer la démarche proposée ci-dessous :

2. Choisir une église pour soi-même

Il est très important pour la personne qui recherche une église pour elle-même de recevoir les conseils d’une autre personne comme un point de départ plutôt que comme un point d’arrivée de sa recherche. Je veux dire par là que le conseil doit servir à décider quelles églises visiter, mais pas quelle église choisir. En effet, la personne qui se cherche une église doit, elle-même, se poser un certain nombre de questions concernant les églises qu’elle visite comme aussi elle doit adopter une certaine démarche susceptible de l’aider.

Je commencerai par la démarche : à mon avis, il est bien de visiter la même église plusieurs fois avant de se faire une opinion sur la pertinence de cette église pour nous. En effet, il se peut que la prédication ne soit pas très réussie le dimanche où nous avons choisi de visiter cette église. Il se peut aussi que les gens qui nous ont accueillis n’aient pas été parmi les plus aptes à nous comprendre ou à nous accompagner adéquatement. Visiter une même église locale une dizaine ou une vingtaine de fois n’est pas trop pour s’en faire une idée.

Durant cette période d’essai, il peut s’avérer éclairant d’accepter les invitations que l’on nous fait et de participer aux événements organisés par cette église. Tentons d’être le plus ouvert possible avec les gens, de répondre du mieux que nous pouvons à leur question, sans pour autant être contraint à partager en détail certains aspects trop personnels.

Posons nous-mêmes des questions aux membres. Que font-ils dans la vie ? Depuis quand sont-ils là ? Pourquoi aiment-ils cette église ? Comment en sont-ils venus à connaître le Seigneur ? Quel est leur propre engagement dans cette église ? Dans quels ministères cette église est-elle engagée ? N’hésitons pas non plus à demander au pasteur des explications supplémentaires sur les prédications que nous avons entendues ? N’essayons pas d’enseigner ceux qui nous répondent, mais adoptons plutôt une attitude d’apprenant.

Quand nous écoutons les enseignements du pasteur, comprenons-nous bien de quoi il est question ? Ces enseignements nous semblent-ils tirés des Écritures ? Nous aident-ils à mieux comprendre les passages bibliques exposés ou les thèmes traités ? Les réponses que nous donne le pasteur aux questions posées nous conviennent-elles ? De retour à la maison, relisons les principaux passages bibliques qui ont servi de base à l’enseignement.

Dans tous les contextes de cette église, les gens s’intéressent-ils à nous ? Sommes-nous à l’aise avec eux ? Sentons-nous qu’ils nous respectent ? Nos proches s’inquiètent-ils de la démarche que nous avons entreprise ? Invitons-les à se joindre à nous lors de notre prochaine visite dans une église donnée ou demandons une visite à domicile du pasteur ou d’un membre de sa communauté de foi et en présence de quelqu’un de notre entourage.

Si nous avons des doutes quant à notre engagement dans une église en particulier, alors visitons en une autre en adoptant la même démarche que celle décrite ci-dessus. Nous pourrions alterner entre deux ou trois églises, le temps qu’il nous faut pour prendre notre décision. Faisons part de nos hésitations aux personnes qui nous ont conseillé les églises que nous avez visité. Peut-être nous aideront-ils à affiner notre décision.

J’aurais tendance à suggérer une approche par élimination successive plutôt qu’une démarche qui consisterait à choisir entre plusieurs églises visitées concurremment. Autrement dit, si la première église que nous visitons semble nous convenir d’emblée, pourquoi ne pas rester là plusieurs semaines sans exploration ailleurs. Par contre, si certains aspects de cette église nous mettent mal à l’aise ou nous rebutent, alors commençons à visiter aussi une autre église sans nécessairement éliminer la précédente.

Une telle démarche ne s’applique souvent pas aux personnes qui débutent leur vie chrétienne, car elles ont tendance à se joindre tout naturellement à l’église fréquentée par celui ou celle qui leur a présenté l’évangile. Même dans ces cas là toutefois, il est pertinent d’adopter une démarche comme celle proposée ici. Il est préférable en effet d’adopter une église qui convienne bien à qui l’on est plutôt que de se retirer de toute vie d’église.

Choisir une église locale c’est faire un choix quant au type de participation et d’engagement à travers lesquels nous souhaitons contribuer à l’œuvre de Jésus-Christ sur cette terre.  Tous les conseils du présent article exigent une attitude de confiance au Seigneur pour sa direction dans l’ensemble de cette démarche – attitude nourrie par la prière de la foi.

3. Églises et réseaux d’églises

Celles ou ceux qui ne connaîtraient personne pour les aider à orienter leurs choix d’une église locale chrétienne évangélique dans leur région peuvent toujours amorcer leur démarche en consultant les répertoires d’églises identifiés ci-dessous.

Quelle que soit la région du monde où vous habitez, une démarche pourrait commencer par la consultation des répertoires d’églises et de regroupements d’églises comme ceux publiés par l’Alliance évangélique mondiale (World Evangelical Alliance) ou par ses membres. Voici quelques exemples de façon de procéder :

Une personne qui résiderait en marge sud-ouest de la ville de Québec ne connaissant absolument rien des églises évangéliques de la région pourrait se laisser guider par ceci :

  • Consulter sur le site de l’Alliance évangélique mondiale (World Evangelical Alliance) leur répertoire de regroupements d’églises selon les grandes régions du monde;
  • Tout au bas de cette liste, sous Amérique du Nord, cliquer sur le lien vers l’Alliance évangélique du Canada (Evangelical Fellowship of Canada), puis accéder à l’un de leurs répertoires, soit par dénominations membres, soit par églises membres.
  • Si vous procédez par églises membres et sélectionnez la Province de Québec, vous constaterez que l’église évangélique de cette liste qui se rapproche le plus du sud-ouest de la ville de Québec est l’église de l’Alliance chrétienne et missionnaire de Sainte-Foy, de l’Alliance chrétienne et missionnaire au Québec – District Saint-Laurent.
  • Il faut savoir que pour faire partie de ce répertoire par églises locales, il faut s’y inscrire en qualité d’église. C’est pourquoi il est utile de poursuivre sa recherche en consultant le répertoire des regroupements d’églises membres de l’Alliance évangélique du Canada.
  • Ce répertoire fournit un accès aux sites des confessions religieuses (dénominations) membres de l’Alliance évangélique du Canada. Elles sont nombreuses et représentent une grande variété de convictions, d’approches et de pratiques chrétiennes. Toutefois elles ont en commun de souscrire aux mêmes convictions théologiques de base. Celles-ci étant exprimées dans une Confession de foi sur laquelle tous les membres s’entendent.
  • Au moment d’écrire ces lignes, si j’avais été moi-même à la recherche d’une église évangélique en m’appuyant sur la méthode que je propose dans cette page, j’aurais peut-être commencé par consulter le site du Fellowship d’Églises Baptistes Évangéliques au Canada, puis sur celui de l’Association d’Églises baptistes évangéliques québécoise (AÉBÉQ) et j’aurais chercher à trouver s’il y avait un répertoire d’églises membres de cette association au Québec. Toutefois, ce qui précède doit être vu comme un exemple, car les sites et leur structure changent au fil des années. Dans ce cas précis, il ne semble plus y avoir de répertoire d’églises sur le site québécois (consulté le 8 décembre 2018). Par contre, le site canadien propose un outil de recherche par province et par ville.
  • Dans certains cas il vous faudra poursuivre votre recherche à l’aide de Google, car certaines églises ont un site Web même s’il n’est pas répertorié ou ont changé de nom et leur nouvelle adresse Web n’est plus à jour. Dans la recherche qui sert de base à la présente illustration, l’église de cette association qui serait la plus près de la marge sud-ouest de la ville de Québec serait l’église Credo.
  • S’il vous arrivait en cours de route de vous sentir un peu perdu, vous pourriez trouver de l’aide en vous joignant au forum chrétien Sources d’eau vive. La question précise de chercher une église locale chrétienne évangélique dans la région de Québec y a été abordée, par exemple sous : SVP Priez pour moi et Cherche bonne église à Québec.
  • Le répertoire des regroupements de l’Alliance évangélique du Canada énumère également parmi ses membres l’Association chrétienne pour la francophonie.
  • Cette association identifie dans son Annuaire d’églises, sous Capitale Nationale, l’Église Communautaire Mosaïque, une église multisite dans la région de Québec.
  • L’énoncé des croyances à laquelle se rattachent les églises membres de l’Association chrétienne pour la francophonie, comme l’Église Communautaire Mosaïque, est compatible avec la confession de foi de l’alliance évangélique du Canada, mais plus spécifique sur les points précis qui la distingue d’autres groupes de la même alliance.

Il est important de comprendre que le présent article ne se veut nullement exhaustif. Les églises ou groupements d’églises mentionnés sont ceux qui semblaient le mieux répondre aux besoins spécifiques d’une situation d’origine dont tous les détails ne sont pas fournis.

Daniel Garneau, B Th, B Com, MA
www.savoiretcroire.ca 

Cet article fut mis à jour les 26 septembre et 5 octobre 2015
pour refléter un changement apporté à la structure du site de l’église Mosaïque.

Il a été de nouveau mis à jour  janvier et février 2016 :

  • pour insérer devant l’introduction existante une mise en contexte tirée de deux messages bibliques découverts sur le site de l’Église Évangélique Méthodiste d’Agen;
  • pour apporter de légères corrections à mon texte introductif pour ces deux messages.
  • pour ajouter un lien vers la série de messages Vivre la foi, de Claude Houde, pasteur de l’Église Nouvelle Vie de Longueuil au Québec.

Réajusté – juin 2016; mars-novembre 2017; juillet et décembre 2018; novembre 2019  :

  • pour corriger un problème mineur d’affichage d’un paragraphe;
  • pour retirer un lien périmé vers la CCDR – Communauté chrétienne des Deux-Rives;
  • pour ajouter l’Église vie abondante des Assemblées de la pentecôte du Canada;
  • pour corriger une erreur typographique;
  • pour mettre à jour les données de l’église communautaire Mosaïque;
  • pour ajouter lien vers Luc 11.37-53 et photo illustrant 2 Co 3.17;
  • pour ajuster la méthode pour trouver une église de l’association des églises baptistes évangéliques, non plus par un répertoire d’église mais par un outil de recherche.

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Forums chrétiens et réseaux sociaux que je fréquente

Voici quelques-uns des forums chrétiens et réseaux sociaux que j’ai fréquenté ou qu’il m’arrive encore de fréquenter. Chaque forum ou réseau social est accompagné d’un lien lien conduisant à celui-ci. Quelques commentaires généraux suivent parfois les forums ou réseaux sociaux mentionnés. Les lecteurs du présent article devront se faire leur propre idée de la pertinence de chacun de ces forums ou médias sociaux en fonction de leurs intentions pour y participer, par exemple, l’édification personnelle, l’édification d’autrui, la propagation de la foi auprès de ceux qui doutent ou qui ne connaissent pas Christ.

Ainsi donc, mes frères et sœurs bien-aimés,
que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère,
car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. (Jacques 1.19-20 Seg 21)

1. Réseaux sociaux

1.1. Réseau social de questions et réponses (multilingue)

En devenant membre de ce réseau social l’on vous demande quelles sont vos qualifications pour répondre à des questions sur un ou plusieurs domaines. J’y vois une occasion pour moi de répondre dans une perspective chrétienne évangélique aux questions pour lesquelles je crois avoir une contribution à apporter.

1.2. Réseaux sociaux parmi les plus connus où je participe à divers degrés

  • FaceBook (accès à ma page personnelle limitée aux utilisateurs FB);
  • FaceBook (accès public libre à la page FB du site Savoir et croire .ca).

Les algorithmes utilisés par FaceBook font en sorte qu’il m’est difficile de comprendre jusqu’à quel point mes publications y sont diffusées en dehors du cercle de mes amis, même lorsque mon intention est du publier pour le grand public au-delà de mon réseau.

Cet m’a conduit à me joindre à plusieurs groupes chrétiens FaceBook où je diffuse  les nouveaux articles à mesure qu’ils sont publiés sur le site, le blogue ou le forum de Savoir et croire .ca. Mais j’ai peu à peu compris que des algorithmes régissent et restreignent la quantité et la fréquence des partages qu’il est possible d’y publier.

L’ensemble des caractéristiques que je viens de mentionner ont également été à l’origine de ma recherche de réseaux sociaux comme Social cross et Quora que je ne connaissais pas encore, et à intensifier mon usage de ceux qui m’étaient déjà connus comme :

1.3. Réseau social chrétien (unilingue anglophone)

  • Social Cross – ce réseau social regroupe des chrétiens évangéliques désireux de s’exprimer sans entraves selon les perspectives qui correspondent à leurs convictions.

J’ai été accueilli très chaleureusement sur ce réseau social. Il me permet de transmettre des références qui me semblent pertinentes au milieu chrétien évangélique anglophone, comme aussi d’être exposé aux perspectives chrétiennes évangéliques propre à ce groupe.

1.4. Blogues

L’univers des blogues, que l’on appelle parfois la bloguosphère, procèdent par différents mécanismes pour encourager la participation. Certain des blogues auxquels je participe de temps à autre ont recours à un environnement de partage appelé Disqus. Celui-ci a pour avantage non négligeable de regrouper tous mes commentaires en un seul endroit et de vous y donner accès sans que vous ayez à être vous-même inscrit à leur service. Voici donc un lien vers mes commentaires laissés sur des blogues grâce à cet intermédiaire:

1.5. Canaux YouTube

La pandémie mondiale du coronavirus qui a débuté en mars 2020 et se poursuit encore au moment où j’écris ces lignes m’a conduit à publier sous forme de vidéo certains contenus qu’il me tient à coeur de transmettre. J’ai donc maintenant une chaîne YouTube dans chacune des langues du présent site, soit en français, en anglais et en espagnol.

2. Forums chrétiens d’héritage évangélique ou protestant

2.1. Forums chrétiens de langue française :

2.2. Forums chrétiens de langue anglaise :

2.3. Forum chrétien de langue espagnole :

3. Forum chrétiens d’héritage orthodoxe ou catholique

Je fréquente également de temps à autre un forum de tradition orthodoxe byzantine :

Les règles d’utilisation du forum La cité catholique sont dignes de mention. Certaines d’entre elles pourraient au besoin s’avérer applicables au Forum chrétien la Rencontre.

4. Observations

4.1. Concernant les médias sociaux

Chaque plateforme de média social a ses propres caractéristiques. Certaines ne rendent pas de manière avantageuse les liens insérés aux articles que l’on y publie et demandent beaucoup d’interventions spécifiques propres à leur environnement pour y publier. D’autres sont beaucoup plus conviviales, mais ne suscitent pas un grand nombre de personnes qui s’intéressent aux thèmes que j’y publie. Certaines dont l’interface est moins intéressante ont une base de participants très engagés dans les discussions bibliques, mais imposent des contraintes explicites quant à la langue de publication. Par ailleurs, certains média sociaux facilitent la création de groupe, dont certains peuvent fluctuer quant à leurs politiques d’utilisation, le nom qui les identifient et même leur existence. D’où il s’ensuit que chaque lecteur du présent article devra se faire sa propre idée.

4.2. Concernant les forums chrétiens

Quelques-uns de ces forums n’ont aucune déclaration de foi particulière ou sont fréquentés par un vaste éventail de participants dont certains s’opposent systématiquement aux vues que je défends concernant la foi chrétienne évangélique traditionnelle. D’autres s’appuient sur une confession de foi et des règles de fonctionnement explicites. Parmi ces derniers types de forums, il y a ceux qui veillent au respect de la confession de foi et des règles de participation convenues, d’autres semblent tolérer presque n’importe quoi. Dans certains des forums avec confession de foi et règles explicites de fonctionnement, l’on veille à ce que les participants demeurent respectueux les uns envers les autres.

J’ai appris qu’il est parfois utile de laisser passer un peu de temps avant de décider si un forum nous convient ou non. En effet, la nature du contenu et du ton peut varier avec les saisons sur un même site. J’ai compris que les administrateurs de site ne veulent pas exclure des gens qui cherchent, d’où une certaine latitude semble souvent accordée pour s’exprimer d’une manière qui ne correspond pas à l’idéal fixé pour un site dans sa charte. Par contre, certains forums sont caractérisés par un plus grand souci de respect mutuel que d’autres, ce sont ces derniers que je préfère et recherche, sans pour autant délaisser les sites moins conviviaux, où je participe encore, lorsque je crois cela pertinent. En effet, dans tous les sites il y a par moment des occasions pour être édifié ou pour édifier à la lumière des opinions exprimées ou des questions soulevées. Sans oublier que tous les sites m’apprennent quelque chose sur ce que croient les gens de milieux, de cultures et de pays que je ne fréquenterais autrement pas. Cela m’aide à réfléchir à ma propre foi.

Si vous vous intéressez à parcourir les contenus des forums listés au début de cet article, vous devrez dans la plupart des cas vous y inscrire. Par la suite, n’hésitez pas à consulter mon profil, DanielGarneau, sur chacun de ces forums. Il y a généralement une section, un onglet ou un outil permettant de consulter systématiquement les articles publiés par un membre du forum. Vous pourrez y suivre les discussions auxquelles j’ai participé et les objections ou appuis reçus pour mes prises de position dans divers domaines. Cela vous permettra d’enrichir votre compréhension des textes publiés dans le présent site et vous aidera à faire votre choix d’un forum chrétien parmi ceux identifiés ci-dessus.

4.3. Pourquoi ne pas commencer par le forum dédié au site Savoir et croire .ca ?

N’hésitez pas à participer au forum chrétien la Rencontre, une communauté de dialogue à propos de la foi chrétienne, dont la mission prolonge celle de Savoir et croire .ca. Libre à vous, si vous préférez, de simplement laisser un commentaire dans la boîte ci-dessous.

par Daniel Garneau, B Th, B Com, MA
Édité : mai et novembre 2016, avril 2018,  juillet et octobre 2018; mars 2019; mars et avril 2021.

Choisir une traduction de la Bible

Quelle traduction de la Bible doit-on lire pour soi-même ou recommander à nos amis qui ne l’ont pas encore lue et qui cherchent une version à choisir parmi la multitude qui existe? Quelle version vaut-il mieux utiliser pour approfondir les contenus de la Bible ou suggérer à ceux de nos connaissances qui cherchent une traduction fiable de la Parole pour l’étudier? Avant de poursuivre votre lecture de mon texte, je vous encourage à faire un détour par l’article de Viviane André, Nos traductions bibliques sont-elles fiables.

Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi ! (Psaume 119.18, Seg 21)

1. Contexte et portée de la présente étude

Cet article traite des versions de la Bible en français, en anglais et en espagnol auxquelles je me suis moi-même intéressé au fil des ans. Cet intérêt consistait parfois à comparer la traduction proposée par l’une et l’autre d’entre elles sur des passages bibliques précis. Au contact d’autres langues que le français, ma langue maternelle, je me suis interrogé, à certaines époques de ma vie, sur quelle serait la traduction la plus appropriée pour moi à lire soit en anglais, ma principale langue seconde, ou en espagnol, autre langue que j’aime.

Jusqu’à tout récemment, c’est en visitant des librairies chrétiennes et en achetant ou en commandant la version papier de telle ou telle traduction que ce faisait tout ce travail. Ensuite, le Web est venu en appui aux visites en librairie, puis est peu à peu devenu un lieu où les textes des versions de la Bible en différentes langues peuvent être consultés, voire même lus et étudiés, sans nécessairement acquérir les versions papier correspondantes.

Voir par exemple :

  • Em-Bible : Semeur, Segond 21, Segond 1910, Darby, Ostervald, Martin, King James;
  • TopBible : Semeur, Segond 21, Colombe, Segond 1910, Parole de Vie, Français courant, Ostervald, Martin, World English Bible, Hébreux/Grec; 
  • BibleGateway –> Available Versions : en une multitude de langues, dont quatre en français : Semeur, Segond 21, Nouvelle édition de Genève, 1979; Segond 1910;
  • Lire la Bible : Traduction oecuménique de la Bible 2010 (TOB),Nouvelle Bible Segond, Colombe, Parole de Vie, Français courant;
  • BibleStudyTools –> Library –> Bible Versions : plusieurs versions anglaises et quelques versions dans d’autres langues, dont en français, Segond 1910, Ostervald;
  • BibleHub –> Multi : plusieurs langues; en français,Segond 1910, Darby, Martin 1744;
  • New Living Translation Study Bible, Tyndale House Publishers : Le texte complet de cette Bible d’étude – texte biblique, notes d’études, articles d’introduction, cartes – est accessible en ligne pour une période d’essai de 30 jours; l’achat d’une version papier donne droit à un accès permanent à cet excellent site de lecture et d’étude de la Bible;
  • EsvBible.org donne accès à la English Standard Version (ESV) dans un environnement convivial. Elle est synchronisée à une version audio de cette Bible et au texte de la ESV Global Study Bible® (2011). Cette traduction anglaise de la Bible se définit comme essentiellement littérale et en anglais contemporain. Elle s’inscrit en continuité avec la famille de traductions suivantes : le Nouveau Testament de William Tyndale (1526); King James Version (1611); English Revised Version (1885); American Standard Version (1901); Revised Standard Version (1952, 1971).  Quant à la Bible d’étude ESV Global Study Bible, elle est également accessible gratuitement en ligne sur EsvBible.org, étant intégrée à cette dernière. Cette Bible d’étude est conçue pour les besoins mondiaux de personnes vivant dans des cultures très différentes les unes des autres et dont la langue première n’est pas obligatoirement l’anglais. Il s’agit d’une version synthèse de la ESV Study Bible, à laquelle de nouveaux articles et contenus ont été ajoutés pour mieux tenir compte des réalités culturelles de diverses régions de la planète. Ces ressources sont offertes gracieusement (en ligne et en format ebook) par Crossway, sans exigence d’achat, ni période limite du libre accès (liens consultés les 27 et 28 juin 2015, puis ajustés le 18 avril 2017);
  • La Nouvelle Bible Segond édition d’étude en accès libre à la totalité de l’oeuvre, soit en ligne ou par téléchargement, lors de l’écriture de ce texte vers juin 2015.

Par ailleurs, je fréquente des forums chrétiens français, anglais et espagnol. Cela m’a permis de prendre conscience des difficultés qu’éprouvent certains participants à ces forums d’accepter la validité de telle ou telle traduction de la Bible dans la langue du forum. Dans certains forums chrétiens, l’on va parfois jusqu’à refuser d’admettre la possibilité même de rendre fidèlement le sens des textes originaux dans une langue moderne.

Ces forums chrétiens sont identifiés dans le lien ci-dessous. Vous pourrez y suivre les discussions auxquelles j’ai participé et les objections ou appuis reçus pour mes prises de position, notamment sur la Bible comme Parole de Dieu. Si vous vous intéressez à en parcourir les contenus, vous devrez dans la plupart des cas vous inscrire au forum. Par la suite, n’hésitez pas à consulter mon profil, DanielGarneau, sur chacun de ces forums, en consultant l’article de Savoir et croire .ca intitulé Les forums chrétiens que je fréquente.

Enfin, je ressens le besoin de consolider les connaissances acquises au fil des ans sur les différentes versions de la Bible en français, en anglais et en espagnol, dont je dispose d’une copie papier ou dont j’ai découvert les vertus en consultant le Web. L’usage que je fais des traductions de la Bible dans ces langues sur www.savoiretcroire.ca est basé sur un ensemble de facteurs dont certains gagneraient à être rendus explicites.

Aussi, j’aborde l’écriture du présent article avec l’intention d’éclaircir quels sont les critères qui guident mes choix dans l’utilisation d’une version de la Bible plutôt que d’une autre, soit pour la lecture personnelle quotidienne, soit pour l’étude ou la recherche plus approfondie, soit pour rendre les contenus bibliques accessibles à des personnes qui ne l’ont pas lue.

Pour ce faire, je compte m’appuyer sur les présentations des versions de la Bible à même les introductions aux versions papier que j’ai en ma possession, sur les renseignements fournis par les sites Web des éditeurs ou des diffuseurs papier ou en ligne de ces versions, ainsi que sur toute autre source susceptible de m’aider à cerner les enjeux en présence. Ces sources seront mises au service d’une élucidation des motifs et considérations qui ont guidé ou continuent de guider mes choix, afin de m’aider moi-même et d’aider mes lecteurs à prendre des décisions de plus en plus éclairées quant aux versions de la Bible à privilégier.

Plus précisément, j’espère être en mesure de présenter les caractéristiques principales des versions de la Bible qui seront traitées dans cet article, et de mettre à la disposition de mes lecteurs des ressources en ligne permettant d’approfondir la présente réflexion. J’espère aussi pouvoir mettre en présence  certains éléments susceptibles d’aider à évaluer la pertinence d’avoir recours à une traduction de la Bible dans un contexte donné.

2. Les versions de la Bible que je fréquente

Les versions françaises de la Bible que j’ai le plus fréquentées au fil des ans sont la Louis Segond 1910, la Nouvelle Édition de Genève 1975 et 1979, la révision de la Segond 1978 dite à la Colombe, La Second 21 et la Bible du Semeur.

Mes versions de prédilection en anglais et en espagnol sont celles qui suivent les mêmes principes de traduction et dont le produit fini ressemble le plus à la famille de traductions française Louis Segond. Pour l’anglais, il s’agit de la New International Version, et pour l’espagnol, de la Nueva Versión Internacional; ces deux dernières traductions sont celles que j’utilise le plus pour lire ou étudier dans ces autres langues. Il s’agit de versions de la Bible que j’ai lues à différentes époques de ma vie et qui me servent de base à l’étude. Elles me servent souvent de base à la mémorisation des textes qui me touchent le plus ou dont je souhaite me ressouvenir facilement lorsque je n’ai pas une Bible sous la main.

Outre les versions de base auxquelles je me réfère constamment pour lire ou étudier, j’ai aussi consulté ou lu au fil des ans de larges portions de plusieurs autres versions de la Bible. Premièrement, le Nouveau Testament grec de Kurt Aland, Matthew Black, Carlo M. Martini, Bruce M. Metzger, and Allen Wikgreen en coopération avec l’Institue pour la recherche textuelle du Nouveau Testament de Münster/Wetphalia, troisième édition.

Viennent ensuite les versions suivantes :

  • en français : Nouvelle Bible Segond, Parole Vivante (Alfred Kuen), Darby, Jérusalem, Maredsous, TOB 2010, Parole de Vie 2000, Français courant;
  • en anglais : King James V., New American Standard Bible, Revised Standard Version; English Standard Version; Good News Translation, Holman Christian Standard Bible,
    New Living Translation, The Message, J. B. Phillips N.T,  Today’s English Version;
  • en espagnol : Reina Valera 1995 et Versión Popular.

Je me suis également, à une certaine époque, consacré à approfondir les enseignements donnés par les Témoins de Jéhova et le matériel qui leur sert d’appui dont leurs versions anglaise et française de la Bible, que j’étais parvenu à être en mesure d’utiliser pour démontrer à des membres de ce groupe que Jésus est Dieu au sens plein du mot.

3. Les grandes familles de versions que je privilégie

Parmi les traductions que je connais le mieux, les Louis Segond (LS), Nouvelle Édition de Genève (NEG), Segond 21 (Seg21), New International Version (NIV) et Nueva Versión Internacional (NVI) adoptent une approche de traduction qui cherche à demeurer près des structures originales chaque fois que cela n’interfère pas avec la compréhension pour les lecteurs contemporains. La Bible du Semeur (BDS) et la New Living Translation (NLT) cherchent plutôt à rendre le sens du texte original sans s’attacher à reproduire les structures des langues anciennes dans les langues modernes française ou anglaise.

Le travail que je compte faire par le présent article (ou série d’articles) existe déjà sous des formes diverses et selon des degrés de maturité plus ou moins grands, par exemple, la Société biblique de Genève a mis en place un site dédié à la version Segond 21. L’on y trouve une mine d’information à propos de cette traduction là de la Bible, mais aussi concernant plusieurs autres versions françaises : Univers de la Bible. Quant à la Bible du Semeur (BDS), la New International Version (NIV) et la Nueva Versión Internacional (NVI), elles sont toute trois produites sous le ministère multilingue de Biblica; le site Web (en anglais et en espagnol seulement) de cette dernière maison d’édition de Bibles peut, lui aussi, être utile à toute personne s’interrogeant sur les traductions de la Bible : Biblica. Également sous l’onglet Bible du même site, une section « Bible FAQs » répond – en anglais seulement – à des questions plus générales concernant la Bible elle-même.

Comprendre qui publie quelles versions de la Bible en français, anglais et espagnol  peut s’avérer très utile pour aider à choisir la ou les versions de la Bible que l’on souhaite se procurer en vue de la lecture personnelle et de l’étude. Il ne suffit pas de savoir si une version de la Bible vise à refléter ou non les structures du texte original tout en rendant le sens de celles-ci accessible aux lecteurs contemporains de la langue cible. Il faut aussi comprendre que les traducteurs de la Bible travaillent tous à partir d’un cadre de référence théologique dont les paramètres sont parfois exprimés explicitement et rigoureusement.

Tel est le cas justement pour la Société Biblique de Genève responsable de la traduction de la Segond 21 et du site Univers de la Bible qui lui est dédié. Même situation pour l’éditeur Biblicaresponsable de la publication de la Bible du Semeur (BDS), de la New International Version (NIV) et de la Nueva Versión Internacional (NVI).  Tel est encore le cas pour l’éditeur Tyndale House Publishers des versions de langue anglaise the New Living Translation (NLT), et de langue espagnole, la Nueva Traducción Viviente (NTV). Il en est encore ainsi pour Crossway, l’éditeur de la Bible d’étude ESV Global Study Bible.

Au-delà des méthodologies de traduction adoptées pour chacune des versions de la Bible auxquels ces éditeurs sont associés, ils ont en commun d’avoir exprimé publiquement leur compréhension théologique que la Bible est la Parole de Dieu, que tout ce qu’elle enseigne est vrai au sens plénier du terme, et digne d’être obéi. Tel n’est pas nécessairement le cas pour les éditeurs de certaines des autres versions auxquelles je me réfère aussi. Ces prises de position sont importantes, car elles forment l’arrière-plan théologique auquel est adossé l’ensemble d’une oeuvre de traduction et agissent comme un présupposé. On pourrait aussi dire qu’il constitue la vision du monde à partir de laquelle les affirmations contenues dans les textes bibliques sont filtrées, interprétées, réfléchies, puis rendues.

La meilleure des sources d’information que je connaisse pour aider à comprendre les principales caractéristiques des versions françaises de la Bible peut être consultée sous Univers de la Bible –> Les traductions de la Bible –> Comment choisir votre Bible. (La consultation de ce livret requiert l’installation d’Adobe® Flash® Player ou l’utilisation d’un navigateur Web qui l’intègre déjà par défaut, comme Google Chrome.)

Pour ceux qui s’intéressent à ces questions sous l’angle de choisir une version de la Bible en langue anglaise, il pourrait s’avérer intéressant d’écouter les vidéos suivantes (en anglais) :

Ces vidéos présentent les grands enjeux entre le choix d’une traduction plutôt que d’une autre tout en insistant sur la pertinence de consulter plusieurs versions de la Bible et l’importance de respecter les choix des autres croyants quant à leurs traductions préférées.

Une visite des sites créés par Tyndale House Publishers autour de la traduction anglaise, New Living Translation (NLT), et espagnole, Nueva Traducción Viviente (NLT), vaut le détour pour toute personne qui comprend l’une ou l’autre de ces deux langues. Ces sites mettent un accent particulier sur le lien entre la lecture de la Bible et la vie d’une personne. Ils sont tout indiqués pour aider à comprendre en quoi consiste la foi chrétienne d’une perspective évangélique, l’importance du rôle que nous accordons aux Écritures et comment plusieurs d’entre nous cherchons à vivre notre vie et à pratiquer notre foi.

4. Les autres versions ou familles de versions

Au moment où j’écris le présent article, le site www.savoiretcroire.ca aura bientôt une année et demie d’existence. Je cite souvent bien sûr certaines des versions de la Bible qui appartiennent aux familles de traduction que je privilégie, BDS, Seg 21, NIV, NVI.   Cependant je cite aussi des versions de la Bible qui ne font pas partie de mes familles privilégiées de traductions.

Il m’arrive par exemple de citer les versions de la Bible dont le texte est accessible sur le site Lire la Bible de l’Alliance biblique française :

  • La Bible en français courant;
  • La Bible Parole de Vie;
  • La Colombe;
  • La Nouvelle Bible Segond;
  • La Traduction Œcuménique de la Bible (2010).

Également, il y a quelques années, lorsqu’une collègue de travail d’origine philippienne m’a demandé de lui conseiller une version anglaise de la Bible, c’est vers la Good News Translation, édition avec apocryphes, que je l’ai orientée. Compte tenu de ce que je percevais de ses antécédents religieux et familiaux, il m’avait semblé respectueux de l’orienter vers une Bible sanctionnée par un imprimatur catholique romain.

C’est aussi ce même genre de préoccupation qui m’a conduit à citer la TOB 2011 plutôt qu’une autre version à la page Connaître le vrai Dieu du présent site Web. Je voulais me servir d’une Bible qui avait le respect des élites intellectuelles de la théologie critique quant aux positions adoptées par les familles de traduction que je privilégie. Et je trouvais que le texte cité faisait justice aux contenus autant que toute autre version l’aurait pu. De plus, la connaissance mise en valeur par le verset cité est celle du Dieu Maître de tout savoir.

C’est encore cette même attitude de ma part qui m’a conduit à inviter à l’écoute audio du Nouveau Testament dans la version Parole de Vie sur le site Bible.Is. Il m’a semblé dans ce cas précis rendre un service à ceux des amis de www.savoiretcroire.ca qui éprouvaient le plus de difficulté à lire le texte biblique ou même à le comprendre. Le niveau de langage de cette traduction la rendait accessible à une partie de mon auditoire.  Les passages de Jean 3, de Éphésiens 2 et de Romains 10 me semblaient très percutants à lire pour des gens qui ne seraient pas déjà familiarisés avec la Bible et la foi chrétienne, même si d’autres passages sont traduits en dehors de ce qui me paraît correspondre à l’original.

Un mot sur la bible, nouvelle traduction, des éditions Bayard, parfois aussi appelée «la bible des écrivains», dont les objectifs du projet et principes directeurs pour les travaux de traduction sont présentés par ses concepteurs, sous la rubrique Questions de leur site Web, ainsi qu’un échantillonnage de solutions adoptées pour des passages précis. Les liens ci-dessous situent les énoncés des éditeurs de la Bible Bayard dans le contexte de l’histoire ancienne et contemporaine de la traduction biblique vers diverses langues dont le français :

  • L’article Les versions de la Bible, de Bible-ouverte.ch propose un survol de l’histoire des traductions de la Bible depuis l’époque de l’Ancien Testament jusqu’à aujourd’hui. Il souligne l’utilité des traductions libres de la Bible pour certains types d’usage précis, mais la nécessité d’avoir également recours à des traductions plus près de l’original.
  • Dans le no 147, juillet-septembre 2009, Traduire l’intraduisible, des Archives de sciences sociales des religions, l’article Deux moments-clés dans l’histoire de la traduction biblique, de Nicole Gueunier,  identifie  deux périodes charnières dans l’histoire de la traduction biblique : le XVIe siècle et du XIXe au XXIe siècles. L’auteure souligne aussi les enjeux auxquels font face les traducteurs au fil des époques.
  • L’UQÀM, dans ses Religiologiques Sciences humaines et religion, no 31, printemps 2005, p. 151-172 propose un article de Chrystian Boyer intitulé Nouvelle traduction de la bible et postmodernité. L’auteur passe en revue la bible nouvelle traduction (BNT) des éditions Bayard  à la lumière d’un questionnement personnel reflété dans son titre.  La démarche permet de dégager plusieurs caractéristiques importantes de la BNT et aide à mieux comprendre cette oeuvre, somme toute, de littérature.

Quant à la Colombe et à la Nouvelle Bible Segond, elles s’inscrivent dans la lignée de la vénérable famille dont les origines remontent à la Segond 1910. La Colombe fut pendant plusieurs années la principale Bible que je consultais, puis je me suis procuré un exemplaire de la Nouvelle Bible Segond (NBS) version étude à cause de la mine d’information contextuelle qu’elle contient sur l’histoire séculière parallèle aux récits bibliques.

Cette dernière prolonge les travaux amorcés pour la Colombe. Par ailleurs, le texte de la NBS reste plus près des structures originales que celui de la Segond 21 et a tendance à recourir à un niveau de langage un peu plus sophistiqué que cette dernière.

Le site Univers de la Bible présente une information vulgarisée concernant les traductions de la Bible en général et ceux de la Segond 21 en particulier. Le site de la NBS édition d’étude quant à lui est très instructif pour démontrer quels ont été les principes adoptées par la Nouvelle Bible Segond (2002), dans sa révision de la Bible dite à la Colombe (1978). L’article, Les principes de révision de la NBS, vaut la peine d’être lu, tout comme Présentations de la NBS – Quelques traits de la physionomie de la Nouvelle Bible Segond.

5. Toutes familles de versions confondues

Pour un tour d’horizon vidéo de quelques-unes des versions françaises de la Bible mentionnées ci-dessus, voir : Toutes les traductions de la Bible sont-elles bonnes ? par le pasteur Johathan Bersot sur le même site que l’outil de consultation des versions françaises de la Bible em-Bible de Enseignemoi.com.

Une description de plusieurs versions françaises en vente aujourd’hui est accessible à la section La traduction de la Bible du site Web la-bible.net de l’Alliance Biblique Française.

Pour consulter plusieurs des versions françaises de la Bible, les comparer entre elles et à la version anglaise World English Bible, de même qu’au texte de l’original hébreu ou grec, en un outil intégré et convivial, voir TopBible sur le site TopChrétien.

Pour les versions de langues françaises qu’il est possible de consulter sur l’internet les sites suivants offrent un accès à de nombreuses versions ainsi qu’à des informations complémentaires :

  • Bibles francophones du net, par Un poisson dans le net – Ce site tente de répertorier toutes les versions de la Bible de langue française qui peuvent être répertoriés sur le net, anciennes ou modernes;
  • La Bible en français, par Lexilogos, incluant des Bibles anciennes, l’histoire de la Bible, des dictionnaires encyclopédiques de la Bible par des catholiques, des protestants et des protestants évangéliques.

Par ailleurs, le site BibleGateway fournit une description générale plus ou moins étayée et parfois en anglais seulement des nombreuses versions de la Bible qui y sont accessibles directement en ligne dans diverses langues. par ex. :

Pour les versions en français :

  •  Segond 1910 comparée à la version anglaise King James sans autre précision. Il faut lire ailleurs pour comprendre que cette association concerne son impact général auprès les chrétiens d’allégeance protestante dans chacune de ces deux langues.
  • L’histoire de la Segond 1910 et de la Nouvelle édition de Genève 1975 et 1979 (NEG). L’on trouvera ici les principes de traduction adoptés par Louis Segond au départ et la nature des changements – environ 2 000 – apportés pour la NEG.
  • Brève histoire de la mise au point de la Segond 21, dont le Nouveau Testament a été mis en vente en 2004, sous le nom de Nouvelle Segond 21, puis la version complète en 2007, sous son nom actuel de Segond 21. Sommaire des principes de traduction qui ont guidé les travaux de cette oeuvre de refonte.
  • La Bible du Semeur est présentée ici comme une version à correspondance dynamique et avec un style informel. Comme pour la Segond 1910, d’autres sources que BibleGateway doivent être consultées pour obtenir un aperçu significatif de la version française décrite trop sommairement et en anglais.

Au moment de publier le présent article, les quatre versions françaises de la Bible énumérées ci-dessus sont les seules accessibles par BibleGateway.com.

Quant aux versions en anglais accessible sur ce même site, BibleGateway.com, elles sont très nombreuses, et je n’en ai retenu que cinq:

Je retiens ci-dessous les deux versions en espagnol qui me conviennent le mieux :

Cela peut s’avérer un point de départ à poursuivre, notamment par l’exploration des sites des éditeurs de chacune des versions de la Bible dans les langues concernées.

6. En conclusion

Que conclure de ce tour d’horizon des traductions de la Bible que je privilégie pour la lecture et l’étude personnelles et de l’usage adopté sur www.savoiretcroire.ca? Je dirais à ceux ou celles qui n’ont jamais lu la Bible de choisir une version qu’ils peuvent comprendre et en laquelle ils ont confiance, basé sur leur arrière-plan religieux et culturel. Par la suite il sera toujours temps d’évaluer si d’autres versions plus précises ou plus claires pourraient mieux convenir à l’étape d’approfondissement de la Parole de Dieu.

Pour ma part, en français, j’utilise les deux versions récentes et complémentaires que sont la Segond 21 (Seg 21) et la Bible du Semeur (BDS). Les versions anglaise, New International Version (NIV), et espagnole, Nueva Versión Internacional (NVI), sont, à toutes fins utiles, les seules que je lis dans ces autres langues. Ces deux dernières ont également une fonction de versions comparatives additionnelles à mes versions habituelles de langue française.

Compte tenu de ce que j’ai découvert en préparant cet article, si je devais maintenant conseiller une personne de langue anglaise ou espagnole à choisir une version de la Bible complémentaire aux NIV et NVI, je leur proposerais les New Living Translation (NLT) et Nueva Traducción Viviente (NTV) de Tyndale House Publishers, respectivement. J’ai aussi pris conscience que l’English Standard Version (ESV) est plus accessible que je ne l’aurais cru pour des lecteurs francophones habitués à lire Louis Segond et ses variantes.

7. Au-delà du choix entre les versions

Par ailleurs, je tiens à préciser un aspect connexe important, lequel pourrait être l’objet d’un article à part entière : le fait de consulter la Bible en plusieurs langues – ou différentes versions de la Bible dans une même langue – peut nous aider à mieux comprendre certains passages.  En effet, la perspective qui se dégage d’une version peut nous aider à prendre conscience non seulement de la difficulté de traduction d’un passage précis, mais également nous aider à découvrir des richesses de sens insoupçonnées.

Par exemple, La Segond 21 traduit Jean 3:36 ainsi : «Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu reste au contraire sur lui». Le «ne croit pas au Fils» de la Segond 21 est enrichi par des nuances de sens qui échappent à la lecture dans une seule version. La BDS propose «ne met pas sa confiance dans le Fils» et la Nouvelle Bible Segond «refuse d’obéir au Fils». Croire implique notre obéissance au Seigneur Jésus Christ. Certaines versions font ressortir l’attitude de foi sous-jacente aux actes qui en résultent, d’autres les actes elles-mêmes.

N’hésitez pas à participer au forum chrétien la Rencontre, une communauté de dialogue à propos de la foi chrétienne, dont la mission prolonge celle de Savoir et croire .ca. Libre à vous, si vous préférez, de simplement laisser un commentaire dans la boîte ci-dessous.

Daniel Garneau, B Th, B Com, MA
www.savoiretcroire.ca 

Mises à jour de cet article :
– le 11 mai 2020 — correction d’une coquille;
– le 22 juin 2018 — ajout d’un lien vers article de Viviane André au para d’introduction;
– le 18 avril 2017 — correction d’un lien vers ESV Global Study Bible;
– le 11 mai 2016 — ajout du lien vers le forum chrétien la Rencontre;
– les 27 et 28 juin 2015;
– les 13 mars, 17 avril et 12 mai 2015.

Convictions essentielles et secondaires ?

Comprenez-vous la différence entre convictions essentielles et convictions secondaires ? Les gens se demandent parfois pourquoi à partir d’une même Bible l’on arrive à des convictions différentes. Voici une réponse proposée à un tel questionnement sur le forum du site Univers de la Bible sous : Univers de la Bible -> Sujet -> Etudier la Bible :

Il y a plusieurs facettes à examiner pour comprendre pourquoi les gens interprètent certains passages de la Bible de façons différentes. L’une d’elle relève de l’autorité que l’on confère à la Bible elle-même. Si, en plus de la Bible, quelqu’un accepte l’autorité d’une tradition religieuse, l’interprétation en sera colorée.

De plus, comme le dit Jean-Ruben Otge en introduction à Mieux comprendre la Bible :

« Quelques fois, la Bible est bien difficile à comprendre ! Pourquoi ? Il arrive que ce soit parce qu’elle est dérangeante… Alors, on ne veut pas la comprendre. Quelqu’un disait que, ce qui le gênait dans la Bible, ce n’était pas tant ce qu’il ne comprenait pas mais bien plutôt ce qui était clair…

« Sur certains points, la difficulté de compréhension est évidente ; les chrétiens ont alors des interprétations différentes sur un même texte. Nous voulons rester humbles face à ces textes. Mais la difficulté de compréhension est liée à plusieurs facteurs ; et cette difficulté peut s’estomper grâce aux découvertes archéologiques, linguistiques ; elles peuvent éclairer les ombres et permettre de mieux cerner la culture de l’époque où a été écrite la Bible » (Jean-Ruben Otge).

Pour ceux qui considèrent la Bible comme source d’autorité crédible et unique en matière de foi et de pratique chrétienne, l’on s’entend pour dire qu’il y a des croyances essentielles et d’autres secondaires.  Comme le disait Martin Luther, «Dans les choses nécessaires, unité; dans les choses qui ne sont pas nécessaires, liberté; en toutes, charité», citation que l’on trouvera dans la conclusion de l’article de J. M. Nicole, Manifester l’unité chrétienne (trouvé sur le Réseau FEF, Réseau Fraternel Évangélique Français, puis sur le site de l’Institut biblique de Nogent).

Je veux veiller pour voir ce que l’Eternel me dira (Habakuk 2.1)

Les trois exemples ci-dessous ont été choisis parce qu’ils proviennent de trois héritages distincts qui s’entendent sur les éléments essentiels tout en conservant des particularités qui sont propres à chacune mais pas aux deux autres.

Premier exemple, une confession de foi où l’on distingue entre vérités non négociables et convictions secondaires. J’aime beaucoup la façon dont L’Église Le Portail, d’antécédents pentecôtistes, se situe par rapport aux vérités non négociables – sans lesquelles une personne ne peut être membre de cette Église – et aux opinions à propos desquelles l’on admet une divergence entre croyants véritables en Jésus-Christ.

La présentation de cette église en fonction de  croyances essentielles, secondaires et autres croyances a été remplacée par une autre approche tout aussi respectueuse des différences que la précédente et qui contribue donc à illustrer le propos du présent article.

Deuxième exemple, explications bibliques de base à propos de trois vérités non négociables. René Frey de l’Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec exposait très bien dans les grandes lignes quelques-unes de ces mêmes vérités non négociables, notamment à propos de la Bible, de Dieu et de Jésus-Christ. Les textes en question ont depuis lors été remplacés par une confession de foi  plutôt dépouillée. À défaut de ce texte, qu’il ne semble plus possible de trouver sur l’internet, je propose la lecture de mon article de blogue intitulé Concernant la divinité de Jésus. Veuillez noter que je suis issu de ce même milieu chrétien évangélique baptiste que l’est René Frey.

Troisième exemple, un cours offert d’une perspective de théologie réformée. Le site Héritage Hugenot propose une série de six vidéos qui explique quelles sont les vérités non négociables sur lesquelles s’entendent les chrétiens. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec chaque détail de cette présentation pour en tirer profit, ni d’ailleurs de comprendre chaque verset de la Bible de la même manière pour être en harmonie entre nous.

Pour celles ou ceux des amis de Savoir et croire .ca qui n’ont pas été exposé à ce genre d’enseignement auparavant, il serait utile de lire attentivement tous les textes contenus dans les liens ci-dessus et d’écouter les six vidéos d’Héritage Hugenot. Les auteurs des sources ci-dessus ne s’entendent pas sur tous les points de détails, par contre ils sont d’accord sur l’essentiel.  Voilà ce qu’il me tenait à cœur d’exprimer ici pour le moment.

Le présent article constitue un élément de réponse seulement à la question d’introduction : «pourquoi à partir d’une même Bible l’on arrive à des convictions différentes?».  Il fournit trois exemples où l’on s’entend sur un tronc commun malgré des divergences. En cela, il prépare la voie à l’examen de l’impact que peuvent avoir les présupposés auxquels adhèrent les uns ou les autres sur l’interprétation des textes bibliques, illustré par le diagramme de la page Liens entre Savoir et croire de Savoir et croire .ca.

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Pour me contacter, veuillez suivre les indication sous Questions ou commentaires.

Daniel Garneau, B Th, B Com, MA, le 18 novembre 2019