Les hauts faits de Dieu dans votre vie ?

Quels sont les hauts faits de Dieu dans votre vie ? Plusieurs événements ont marqué ma vie. Je les appellerai ici des hauts faits de Dieu à mon égard. C’est-à-dire des événements particulièrement percutants qui ont jalonné les quelque 45 années de ma vie chrétienne.

Je vous invite à vous interroger sur les hauts faits de Dieu dans votre vie. Je puise douze hauts faits de Dieu envers moi dans entre 1975 et 2021, mais il y en a bien plus.  

Cet article s’ouvre sur l’un des nombreux hauts faits de Dieu à l’égard de l’apôtre Pierre. Les trois premières vidéos présentent chacune un groupe de hauts faits dans ma vie. La première vidéo (partie A) montre l’œuvre de Dieu dans ma vie alors que je n’étais pas encore chrétien, ainsi que dans mes premières années de vie chrétienne. La seconde vidéo (partie B) présente quelques-uns des hauts faits de Dieu à mon égard durant les années de ma vie professionnelle active. La troisième vidéo (partie C) couvre des hauts faits de Dieu dans ma vie vers la fin de ma carrière professionnelle active et la période présente que l’on appelle communément la retraite.  La dernière vidéo propose un survol rapide et moins détaillé des12 hauts faits de Dieu dans ma vie.

Un haut fait dans la vie de l’apôtre Pierre

En guise d’introduction, je vous inviterais à lire avec moi un extrait de la seconde épître de Pierre :

Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons été témoins oculaires de sa grandeur ; car il a reçu honneur et gloire de Dieu le Père, quand la voix vint à lui de la gloire magnifique : « Mon Fils bien-aimé, c’est lui ; c’est en lui que, moi, j’ai pris plaisir. » Nous avons nous-mêmes entendu cette voix venue du ciel lorsque nous étions avec lui sur la montagne sacrée. Et nous estimons d’autant plus ferme la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que l’étoile du matin se lève dans votre cœur (2 Pierre 1 v 16 à 19, Nouvelle Bible Segond).

L’apôtre Pierre fait référence à un haut fait de Dieu relaté en Matthieu 17 v 1 à 9 dont il a été témoin une trentaine d’années auparavant, lorsqu’ayant accompagné Jésus sur une montagne, Pierre, Jacques et Jean ont eu le privilège extraordinaire d’entr’apercevoir un aspect glorieux de la nature de Jésus et même d’entendre la voix du Père. Cet événement a marqué l’apôtre à tout jamais. C’est ce que j’appelle dans cet article un haut fait de Dieu.

Hauts faits de Dieu en ma faveur – partie A

Hauts faits de Dieu en ma faveur – partie B

Hauts faits de Dieu en ma faveur – partie C

Survol des12 hauts faits de Dieu dans ma vie

Dans ce résumé, je vous invite à vous interroger sur les hauts faits de Dieu dans votre vie.  J’ai eu à cœur de produire cette petite vidéo de 25 minutes. J’en énumère douze, mais il y en a bien plus. Et pour chacun, je ne brosse qu’un tableau qui résume quelques-uns seulement des hauts faits de Dieu dans ma vie et en ne fournissant que peu de contexte ou de détails.

Voici des balises pour vous aider à suivre le contenu de la vidéo :

1. Dieu me répond : Autostop (1975) — « Dieu, si tu existes, envoie-nous une personne qui connaît ta Parole ».

2. Dieu m’avertit : Rêve (1976) — Renonce à tes recherches pour comprendre les mécanismes des sciences occultes.

3. Dieu m’instruit : Revue militaire (1978) — « Caporal Garneau, où étiez-vous avant Valcartier ? Aimez-vous ça ici ? ».

4. Dieu me secourt : Mme S. (1981) — Tél. à 4 h du matin après réunion de réveil spirituel : « vous pouvez rester ».

5. Dieu pourvoit : Québec-Est (1985) — J’annonce le démarrage d’une église fille, le local est fourni après l’annonce.

6. Dieu me conduit (début) —  Écrire un jour (1988) — je m’identifie à Job dans le désir que son histoire soit connue.

7. Dieu me conduit (suite) —  : Conseiller en gestion (1987 à 2015) — Dieu qui oriente, guide, protège, encadre, et entoure.

8. Dieu m’interpelle et me libère : La voix de l’Esprit (2008) — Que désires-tu vraiment, Daniel ? Je te choisis toi, bien sûr, Seigneur.

9. Dieu m’accompagne : Intimité avec Dieu dans le travail (2014) — Réaliser l’impossible dans la dépendance de Dieu.

10. Dieu m’équipe : ÉTEQ (2017) — Comment évaluer une expression théologique : transition entre cultures chrétiennes.

11. Dieu m’équipe et m’énergise : grec et hébreu biblique (2019) — Conviction : études théologiques intentionnelles et soutenues.

12. Dieu agit : Relations d’appartenance (2021) — Dieu est à l’œuvre dans relations de famille, d’église et d’amitiés.

Conclusion

Je vous ai présenté 12 des hauts faits de Dieu dans ma vie. Ceux-ci ont eu pour effet de m’encourager dans des décisions parfois difficiles que je venais de prendre pour marcher avec Dieu. Ils m’ont appris que, oui, il existe véritablement un Dieu personnel qui agit (Jean 5.17).

Qu’en est-il de votre expérience personnelle avec Dieu ? Aucune à ce jour ? Stagnante depuis longtemps ? Dynamique et source d’encouragement ? Sachez que Dieu agit maintenant dans votre propre vie ! et que la parole de Dieu par la bouche du prophète Malachie est toujours d’actualité : « Revenez à moi, et je reviendrai à vous » (Malachie 3.7).

Daniel Garneau,
Publié le 24 mars 2021
Édité le 25mars 2021

La foi en temps de pandémie

Comment vivre notre foi en temps de pandémie ? ou lorsque nous faisons face à une maladie ou à une épreuve de tout ordre ou degré. Dieu souffre avec nous.

Il y a un mois, une nouvelle chrétienne de notre groupe avait posé une question, suite à la lecture du livre de John Piper, Le coronavirus et Christ.  La question était la suivante :

J’ai toujours cru que la maladie provenait de l’ennemi, depuis le péché originel, donc ne viendrait pas de Dieu mais qu’il la permettait. Mais Piper dit : « Le coronavirus a été envoyé par Dieu. C’est une saison amère et Dieu l’a ordonnée. Dieu la gouverne. Il y mettra fin. » Est-ce que j’ai été dans l’erreur tout ce temps ?

Dans le but de répondre à la question lancée, Nellie a écrit cette réflexion et elle vous la partage, à travers ce blog.

RÉPONSE  À LA QUESTION DE LUCIE,
CONCERNANT LA MALADIE,
DANS LE
CONTEXTE DU CORONAVIRUS

Lucie, la question que tu as posée est difficile. Difficile, mais importante, parce qu’une crise comme celle du coronavirus rejoint notre besoin de trouver un sens à la souffrance, au mal.  Je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre à ta question de façon exhaustive, mais j’aimerais te partager les points principaux qui m’ont servi d’ancrage lorsque ma fragile barque tanguait dangereusement sur de fortes vagues.

D’abord, j’aimerais préciser que pour moi, bien qu’elle affecte la santé des gens, la pandémie dépasse le problème de la maladie. Je la vois plutôt comme un grand fléau, tels que le furent le tsunami au Japon en 2011 ou le tremblement de terre à Haïti en 2010, mais cette fois, le fléau est planétaire, ce qui le rend encore plus impressionnant. Dans les deux cas précédents, nous étions les spectateurs de grands désastres qui arrivaient ailleurs, mais présentement, chaque personne de la terre est interpellée parce qu’elle (ou un de ses proches) pourrait contracter ce virus et en mourir. De plus, bien d’autres conséquences encore difficiles à prévoir pourraient en découler, individuellement autant que collectivement.

Si je m’appuie sur la terminologie de Timothy Keller, dans son livre La souffrance : marcher avec Dieu à travers les épreuves et la douleur, la pandémie serait « un mal naturel » par opposition à « un mal moral » comme, par exemple, la tuerie de la Polytechnique, la mort de la fillette de Granby, le récent massacre qui a eu lieu en Nouvelle-Écosse. Le genre de mal qu’est la pandémie pourrait s’avérer plus troublant pour certains, car elle ne peut être reliée directement au péché des hommes, contrairement à l’autre catégorie de mal.  

Le caractère même de Dieu

Très tôt dans ma vie chrétienne, j’ai eu le privilège d’entendre un message qui m’a marquée et m’a même soutenue toute ma vie. Ce message portait sur Dieu, plus spécifiquement, sur la sainteté de Dieu. Il présentait Dieu comme étant absolument pur, non seulement exempt de tout mal, mais incapable de tolérer la présence de celui-ci, comme le dit Habakuk :

Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder la misère. Pourquoi regarderais-tu les traîtres? Pourquoi garderais-tu le silence quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui? (Ha 1:13, Sg 21, voir note *.) 

À cause de sa perfection absolue, Dieu devait exercer à la fois sa justice et son amour. Si Dieu, en exigeant la punition pour le péché, était simplement juste, il pourrait être dur. Si, au contraire, il n’était qu’amour, sans aucune conséquence au péché, il serait bonasse; cet amour ne serait que pure sentimentalité. 

En fait, expliquait le prédicateur, pour que la sainteté de Dieu soit respectée, la justice et l’amour de Dieu devaient travailler main dans la main. La justice supposait le paiement de la pénalité pour le péché tandis que l’amour cherchait à restaurer la relation de l’homme avec lui. Dans le sacrifice de Jésus sur la croix, en expiation pour nos péchés, ces deux caractéristiques si importantes de Dieu que sont sa justice et son amour, se sont rencontrées. De plus, ce sacrifice démontre plus que toute autre chose l’amour de Dieu, puisque Dieu lui-même a fourni ce que sa sainteté exigeait.  

En effet, le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. (Rm 6:23). 


SAINTETÉ DE
DIEU

                                                                                           

        JUSTICE                                                              AMOUR   

parfaitement équilibrées
en Jésus
  

Ce prédicateur avait dépeint à mes yeux un Dieu saint, en qui s’équilibraient parfaitement la justice et l’amour. Cette compréhension de Dieu m’a accompagnée depuis maintenant plus de 40 ans. Comme je l’ai dit plus haut, elle m’a servi d’ancrage.

Très tôt aussi, un autre élément s’est greffé à cette compréhension de Dieu. Il s’agit de la conviction que Dieu cherche toujours le bien des siens. Elle me venait de Romains 8:28 :

Du reste, nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés conformément à son plan (l’italique est de moi). 

Ce verset, j’en voyais l’illustration frappante dans la vie du patriarche Joseph qui a toujours été mon personnage préféré de l’Ancien Testament. J’admirais son intégrité à toute épreuve alors que les circonstances de sa vie allaient de mal en pis. (Gn 37-50). De fait, contrairement à David dont on peut discerner les points d’appui dans l’adversité, à travers ses psaumes, rien dans le récit de la vie de Joseph ne me permettait de comprendre ce qui l’avait soutenu lorsqu’il avait fait face à toutes ses tribulations. Cela m’a d’ailleurs toujours intriguée, d’autant plus qu’à cette époque, la révélation de Dieu était très
restreinte si on la compare à celle que nous avons maintenant.

Par contre, les paroles de pardon prononcées à l’égard de ses frères qui avaient été à l’origine de toute la misère qu’il avait vécue sont révélatrices. Elles témoignent hors de tout doute de sa conviction que Dieu avait utilisé le mal planifié par ses frères pour son bien, ainsi que pour celui de son peuple. En effet,  Joseph allait devenir l’instrument de Dieu pour sauver son peuple… à partir du pays où il avait dû vivre en étranger depuis si longtemps, à cause de la méchanceté de ses frères.

N’ayez pas peur! Suis-je en effet à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. (Gn 50:19-20)

Sans avoir accès au texte de Paul, dans Romains 8:28, Joseph savait que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu ». Au sein de l’épreuve, ce passage, de même que l’exemple de Joseph, donnaient un sens à mon vécu, même si je ne comprenais pas nécessairement le but de Dieu pour moi, à ce moment-là. C’est en réfléchissant à ta question, Lucie, que j’ai réalisé l’impact qu’a eu cette assurance sur ma vie. Elle me permettait de m’accrocher, de garder la barre ferme lorsque venait la tempête.

Un autre aspect du caractère de Dieu : sa souveraineté

À bien y penser, ce précieux passage — Romains 8:28 — souligne un autre aspect du caractère de Dieu : sa souveraineté. Je voyais dans ce verset que Dieu contrôlait ce qui m’arrivait et le faisait d’une façon qui contribuait à mon bien, parce que j’avais été choisie par lui, « appelé[e] conformément à son plan ».

Par contre, j’ai graduellement pris conscience que certains passages des Écritures me semblaient aller beaucoup plus loin dans leur présentation de la souveraineté de Dieu. En effet, dans Éphésiens 1:11, Dieu est décrit comme étant « celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté », ce que reprend le Psaume 135, en affirmant  très catégoriquement ceci : 

Tout ce que L’Éternel veut, il le fait,
dans le ciel et sur la terre, dans les mers et dans tous les abîmes. (v.6) 

Même idée dans 1 Samuel où il est dit de lui que Dieu contrôle tout, absolument tout, le bien comme le mal :

L’Éternel fait mourir et il fait vivre, il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter. L’Éternel appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève. De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève le faible, pour les faire asseoir avec les grands, et il leur donne en possession un trône de gloire. (2:6-8)

D’autres passages attribuent même une responsabilité à Dieu dans la mort de Jésus :

Cet homme [Jésus] vous a été livré suivant le projet défini et la prescience de Dieu. Vous l’avez arrêté, vous l’avez fait mourir sur une croix par l’intermédiaire d’hommes impies. (Ac 2:23) 

Il est bien vrai qu’Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et les peuples d’Israël contre ton saint serviteur Jésus, que tu as consacré par onction; ils ont accompli tout ce que ta main et ta volonté avaient décidé d’avance. (Ac 4:27-28) 

Ces passages me surprenaient grandement, parce que jusque là, j’avais attribué le mal — tout le mal — à Satan et aux humains séduits par lui. Mais, les Écritures affirment que Dieu contrôle le bien comme le mal, ce qui impliquerait aussi le coronavirus. C’est d’ailleurs ce que soutient John Piper, dans son livre Le coronavirus et Christ. Comment cela se fait-il?

Le mal est un intrus dans la création parfaite de Dieu

Il serait bon de mentionner que comme Keller, je  crois que « le mal est un intrus dans la création parfaite de Dieu » (p. 178). Dieu avait créé un monde sans failles et avait donné à l’homme l’autorité de le dominer (Gn 1:28). À cause de cela, celui-ci pouvait accomplir les plans de Dieu sur la terre, tout en jouissant d’une communion avec lui. Le mal n’existait pas dans l’Éden.

Satan a introduit le péché et le mal dans le monde. Jaloux de l’homme que le Créateur avait « fait de peu inférieur à Dieu et […]couronné de gloire et d’honneur » (Ps 8:6), il a séduit Adam et Ève et les a entraînés dans sa rébellion contre Dieu. Ils ont alors dû faire face au jugement de Dieu et aux conséquences découlant de leur péché (souffrances, exil, mort). Ce jugement, ainsi que la promesse d’une victoire future sur l’Ennemi de Dieu et des hommes (Gn 3:15), faisaient partie de son grand plan de sauvetage pour l’humanité. Ce plan, il l’avait conçu avec son Fils avant même la fondation du monde (Ép 1). Dès la chute, il a enclenché sa réalisation et tout au long des siècles, il a cherché à le déployer.

En même temps, Satan continue de tenter d’éloigner les hommes de leur Créateur et de leur destinée, en les manipulant par toutes sortes de ruses et de mensonges (Jn 8:44). En succombant à la tentation, Adam et Ève lui ont cédé leur droit de gouverner la terre. Il est ainsi devenu « le prince de ce monde » (Jn 12:31), « le dieu de ce siècle » (2 Co 4:4), « le prince de la puissance de l’air » (Ép 2:2). C’est pourquoi l’apôtre Jean peut déclarer que « le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jn 5:19).

Il a été défait à la Croix, mais il continue à régner, par le mensonge, en attendant la victoire ultime de Jésus, telle que décrite dans l’Apocalypse dont il est le grand héros.

Satan a un grand impact sur notre monde — un impact maléfique —, mais il n’est pas tout-puissant. La toute-puissance appartient à Dieu seul. Dieu limite le pouvoir de Satan, comme nous le verrons plus loin.

 Une sagesse au-delà de notre compréhension

Cela étant dit, le problème du mal demeurait irrésolu pour moi. Il suscitait de nombreuses questions en moi  : comment un Dieu saint, à la fois juste et bon, peut-il permettre le mal ? quel peut alors être son but ? comment la souveraineté de Dieu peut-elle se réconcilier avec la liberté qu’il accorde à ses créatures ? etc.

Une chose est claire dans les Écritures : tout ce que Dieu fait est parfait et digne d’être loué.

Il est le rocher. Ce qu’il accomplit est parfait, car toutes ses voies sont justes. C’est un Dieu fidèle et dépourvu d’injustice, il est juste et droit.
(Dt 32:4, l’italique est de moi.)

Qui est semblable à toi parmi les dieux, Eternel?
Qui est, comme toi, magnifique de sainteté, redoutable, digne d’être loué, capable de faire des miracles? (Ex 15:11,
l’italique est de moi)

En fait, dans les Écritures, Dieu n’explique pas comment il conjugue sa souveraineté avec sa justice et son amour, ni comment il la conjugue avec la responsabilité de l’homme. Il déclare même que nous serions incapables de saisir la sagesse avec laquelle il agit : 

En effet, vos pensées ne sont pas mes pensées
et mes voies ne sont pas vos voies, déclare L’Éternel.
Le ciel est bien plus haut que la terre.
De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies,
et mes pensées bien au-dessus de vos pensées.
(És 55:8-9)
 

Même l’apôtre Paul, qui avait pourtant reçu une révélation spéciale du mystère de Dieu en Christ (Ép 3:3-4), s’est écrié que les voies de Dieu étaient incompréhensibles : 

Quelle profondeur ont la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu !
Que
ses jugements sont insondables, et ses voies impénétrables ! (Rm 11:33) 

Par contre, à quelques endroits dans sa Parole, Dieu soulève un coin de rideau pour nous laisser entrevoir ce qui se passe dans les sphères célestes.   

Premier coup d’œil sur l’arrière-scène

Le récit de la vie du patriarche Joseph dont nous avons parlé précédemment, plus spécifiquement, la scène où il pardonne à ses frères, est révélatrice de l’action de Dieu derrière les gestes humains. Vous vous rappelez que dans la Segond 21, la version de la Bible que je lis généralement, Joseph disait ceci : 

N’ayez pas peur! Suis-je en effet à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Gn 50:19-20, Sg21).

De cette traduction de la Bible, on peut déduire que Dieu change le mal en bien. Une grande assurance, n’est-ce pas ? Mais, la version du Semeur va beaucoup plus loin. On peut y lire que Joseph, tout en reconnaissant la responsabilité de ses frères, voit en Dieu la cause ultime de ses malheurs. 

N’ayez aucune crainte! Suis-je à la place de Dieu? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Gn 50:19-20, Semeur). 

(Pour comprendre le dilemme qu’a dû résoudre le traducteur pour arriver à cette traduction particulièrement éclairante, voir l’article de Daniel intitulé Dieu et les désastres de nos vies, publié précédemment sur le présent blogue du site Savoir et croire .ca.)

Pour ma part, c’est Piper, dans son livre sur le coronavirus, qui a attiré mon attention sur cette différence notable. Il avertit : 

Attention à ne pas diluer cette vérité. Il n’est pas dit : « Dieu l’a utilisé pour en faire du bien » ou « Dieu l’a transformé en bien. » Il est écrit : « Par ce que vous avez fait, Dieu a projeté du bien. » Les frères visaient le mal, mais l’objectif de Dieu était le bien. Il n’a pas commencé à faire le ménage au milieu de cette histoire. Dès le début, il poursuivait un but, un sens. Dès le départ, il a projeté de faire du bien (p.48, ma traduction). 

Pour notre compréhension limitée, il est difficile de comprendre comment la responsabilité de l’homme et la souveraineté de Dieu peuvent s’articuler, mais Keller explique qu’ils sont effectivement compatibles. 

Dieu contrôle absolument tout ce qui se passe dans l’histoire mais de manière à laisser les humains responsables de leurs choix, de leurs actions et des conséquences. La liberté humaine et la direction divine des événements historiques sont alors tout à fait compatibles. Autrement dit, si quelqu’un braque une banque, le mal moral est de sa seule responsabilité, bien qu’il fasse partie du plan de Dieu.

Il est trivial mais efficace d’y réfléchir en termes de pourcentages. Nous pensons que Dieu a projeté quelque chose ou qu’un individu a exercé son libre arbitre pour l’accomplir. Les deux propositions ne peuvent être vraies en même temps. Nous dirons donc qu’un événement est dû à 50% à Dieu et 50% à un être humain. Ou peut-être 80% contre 20% ou 20% contre 80%. Mais la Bible affirme que l’histoire est à 100% sous la direction de Dieu, et pourtant elle est remplie d’individus responsables à 100% de leurs actions, en même temps (p.183). 

C’est justement à cause de cette complète souveraineté de Dieu que Piper peut faire la déclaration suivante en parlant du coronavirus : 

Le secret […] est de savoir que le Dieu souverain qui pourrait arrêter la propagation du coronavirus, mais qui ne le fait pas, est celui même qui soutient l’âme au sein de la pandémie. En d’autres termes, si nous essayons de dépouiller Dieu de sa souveraineté sur la souffrance, nous sacrifions alors sa souveraineté qui lui permet de faire concourir toutes choses au bien (p. 32).

La vie de Joseph démontre bien l’entrelacement de la responsabilité humaine et de la souveraineté de Dieu. Parce que Joseph est demeuré attaché à Dieu, en dépit de ses épreuves qui non seulement n’en finissaient plus, mais s’amplifiaient (responsabilité humaine), Dieu a pu accomplir de grandes choses pour lui, aussi bien que pour son peuple (souveraineté de Dieu). L’une comme l’autre ont travaillé de pair.

Deuxième coup d’oeil sur l’arrière-scène

Un autre récit de la Bible nous révèle un peu plus l’arrière-scène des événements qui surviennent dans la vie d’un individu. C’est le livre de Job. Dans ce cas-ci, les auteurs principaux qui agissent en coulisses, ce sont Satan qui s’en prend directement à Job et Dieu qui met une limite à ses interventions.

Le premier chapitre du livre met en scène un homme intègre dont le comportement démontre qu’il craint Dieu. Puis, on assiste à un dialogue particulier dans lequel Satan remet en question l’intégrité du serviteur de Dieu, disant que celui-ci le révère par pur intérêt, parce qu’il a sa bénédiction. Il insinue que si Dieu lui retirait sa protection, il le maudirait. 

L’Éternel dit à Satan :
—D’où viens-tu?

Satan répondit à L’Éternel :
—De parcourir la terre et de m’y promener.

L’Éternel dit à Satan :
— As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal.

Satan répondit à L’Éternel :
— Est-ce de façon désintéressée que Job craint Dieu? Ne l’as-tu pas entouré de ta protection, lui, sa famille et tout ce qui lui appartient? Tu as béni le travail de ses mains et ses troupeaux couvrent le pays.  Mais porte donc la main contre lui, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudira en face.

L’Éternel dit à Satan :
— Voici tout ce qui lui appartient: je te le livre.
Seulement, ne porte pas la main sur lui. (1:8-12) 

Dans ce passage, on peut voir que la puissance de Satan est limitée à celle que Dieu lui accorde. On peut lire ensuite que Satan s’attaque à Job qui perd tous ses biens et sa famille entière. Il prend le deuil et se jette à genoux disant : «C’est nu que je suis sorti du ventre de ma mère, et c’est nu que je repartirai. L’Éternel a donné et L’Éternel a repris. Que le nom de L’Éternel soit béni ! » 

Au chapitre suivant, un dialogue semblable au premier reprend :  

L’Éternel dit à Satan :
— D’où viens-tu?

Satan répondit à L’Éternel :
— De parcourir la terre et de m’y promener.

L’Éternel dit à Satan :
— As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur la terre. C’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal. Il persévère dans son intégrité et c’est sans raison que tu m’incites à le perdre.

Satan répondit à L’Éternel :
— Peau contre peau ! Tout ce qu’un homme possède, il est prêt à l’échanger contre sa vie. Mais porte donc la main contre lui, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu’il te maudira en face.

L’Éternel dit à Satan :
— Le voici: je te le livre. Seulement, épargne sa vie. (2:2-6) 

Encore une fois, Dieu permet à Satan d’intervenir, mais limite sa méchanceté : Satan peut atteindre la santé de Job, mais il doit épargner sa vie. Et, celui-ci, comme dans la première épreuve, demeure fidèle à Dieu. À sa femme qui lui dit : «Tu persévères dans ton intégrité? Maudis donc Dieu et meurs !» Job répond : « Tu tiens le langage d’une folle. Nous acceptons le bien de la part de Dieu, et nous n’accepterions pas aussi le mal ? » (v.9-10), ce qui amène le narrateur à conclure que « dans tout cela, Job ne pécha pas par ses lèvres ». Mais, dans les chapitres qui suivent, Job crie sa douleur à Dieu, clame son innocence, cherche à comprendre le « pourquoi » de ses souffrances, etc., car il ne comprend pourquoi il vit ce qu’il vit, lui, qui se perçoit comme un homme intègre.

Après avoir laissé Job supplier, se justifier, questionner, etc., Dieu répond enfin à Job. D’abord, sur un ton de reproche, il le remet à sa place : 

Qui est celui qui obscurcit mes plans par des discours dépourvus de savoir?
Mets donc une ceinture autour de ta taille comme un vaillant homme!
Je t’interrogerai et tu me renseigneras. (38:2-3) 

Oui, à notre grande surprise, nous constatons que pendant quatre chapitres, la réponse de Dieu consiste en une série de questions qu’à son tour, il pose à Job. Des questions du genre de celles-ci, qui toutes dépassent Job :  

Où étais-tu quand j’ai fondé la terre?
Déclare-le, puisque tu es si intelligent!
Qui a fixé ses dimensions? Tu le sais, n’est-ce pas?
Ou qui a déplié le ruban à mesurer sur elle?
Sur quoi ses bases reposent-elles?
Ou qui en a posé la pierre angulaire
alors que les étoiles du matin éclataient ensemble en
chants d’allégresse 
et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie? (Job 38 v 4 à v 7)  

Par les questions de Dieu, Job est mis en présence de la puissance et de la sagesse de Dieu. Et, que fait-il alors ? Il s’incline devant la grandeur de Dieu et répond : 

Je sais que tu peux tout, et que rien ne peut faire obstacle à tes projets. « Qui ose, disais-tu, obscurcir mes desseins par des discours sans connaissance?»  Oui, j’ai parlé sans les comprendre de choses merveilleuses qui me dépassent, que je ne connais pas. « Écoute, disais-tu, c’est moi qui parleraije vais te poser des questions, et tu m’enseigneras. » Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toiMais maintenant, mes yeux t’ont vu. Aussi je me condamne, je regrette mon attitude en m’humiliant sur la poussière et sur la cendre.
(42:2-6, Le Semeur)

On le constate, Dieu n’a donné aucune explication à Job concernant les causes de sa grande épreuve, mais l’attitude de celui-ci est complètement changée. Il est maintenant capable de vivre son affliction dans la confiance à ce Dieu si grand et si sage, sans connaître le pourquoi de sa souffrance. Le commentateur de la version Le Semeur précise très pertinemment que « Job est maintenant prêt à continuer de révérer Dieu pour rien, contrairement aux insinuations de Satan » (p.751). On le sait, le récit de la vie de Job, c’est un récit qui finit bien : il vécut encore 140 ans, recouvra la santé, le double de ses biens et eut le même nombre de fils et de filles. 

Job n’a pas eu de réponse, mais, à nous, à travers le récit de l’expérience de Job, est dévoilé la lutte qui se passait dans les lieux célestes. À travers ce récit, nous sommes invités, même s’il nous arrive de ne pas comprendre « les pourquoi » de nos souffrances, à mettre notre confiance en un Dieu infiniment plus grand et plus sage que nous, sachant que l’ennemi de nos âmes « rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (1 Pi 5:8).

 Le souverain qui souffre

Comme je l’ai déjà mentionné, ma conviction que Dieu est souverain a constitué une ancre solide dans les temps difficiles. Par contre, ce qui m’apparaît particulièrement réconfortant,  c’est de savoir que Dieu lui-même, en Jésus-Christ, a souffert. Et, même que sa souffrance dépasse de beaucoup la mienne, sans compter qu’elle était absolument imméritée.

Un Dieu souverain, même s’il est bon et juste, et en plus, infiniment sage, pourrait paraître lointain, mais un Dieu qui prend notre souffrance devient tout à coup très accessible. Il peut compatir à la nôtre. N’est-ce pas ce que dit l’auteur de la lettre aux Hébreux :  

En effet, nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun (Hé 4:15-16).

Ce matin, je lisais Jean 12.  Jésus venait de faire allusion à sa mort, puis il se dit en lui-même : « Maintenant mon âme est troublée. (On le comprend aisément.) Et que dirai-je? Père, délivre-moi de cette heure? » (Notez les points d’interrogation. C’est comme s’il hésitait et se demandait s’il pouvait considérer la possibilité d’éviter la mort.) Mais, aussitôt, il se reprend fermement : « Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. » Et, consentant au sacrifice, il ajoute : « Père, révèle la gloire de ton nom ! » (v.27-28). Voilà la souffrance que notre Sauveur a dû affronter… jusqu’au bout.

Il me semble que de parler d’un Dieu souverain sans parler du Dieu qui souffre ne lui ferait pas justice. Tellement pas ! C’est d’ailleurs ainsi que Timothy Keller qualifie notre Dieu : « le souverain qui souffre » (p.198), expliquant que ces deux vérités se complètent. Il est souverain sur la souffrance et il en a fait l’expérience avant nous. Nous pouvons donc lui faire confiance, que ce soit dans la situation particulière de la pandémie actuelle ou dans les situations habituelles de nos vies.

Nellie Chouinard-Garneau,
le 23 mai 2020

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Note :
(*) À moins d’indication contraire, les citations bibliques proviennent de la Segond 21.

Vaincre le doute ?

Permettons-nous à certaines formes de raisonnements – tout humain et bien compréhensibles qu’ils soient – d’étouffer notre foi? Pourquoi ne demanderions-nous pas au Seigneur de nous aider à trouver des moyens concrets pour marcher victorieusement lorsque nous sommes en proie aux doutes concernant les promesses de Dieu? Cet article donne un aperçu d’aspects de ma marche avec Dieu qui m’ont aidé à vaincre le doute.

Oui, mon âme, repose-toi sur Dieu, car c’est de lui que vient mon espérance (Psaume 62.6)

J’écris ces quelques lignes propulsé par un sentiment d’urgence de la part de ce que je perçois être l’œuvre de l’Esprit de Dieu en moi, m’invitant à rendre grâce publiquement.

Ceux qui me connaissent bien pour m’avoir côtoyé de près dans le cadre d’une église-maison depuis que le Seigneur a transformé ma vie en m’accordant la repentance sur un point précis que je ne considérais pas comme très important, mais Dieu, Lui, oui. Depuis ce moment, j’ai appris à vivre dans la paix de Christ, par la vie et la mort duquel je me sais pardonné de tout péché, passé ou présent, et à qui je veux donc obéir en tout temps.

Il y a dix ans de ce moment où le Seigneur m’a appris à m’approprier son pardon chaque fois que je péchais de nouveau, sans délais, sans détours, car Son oeuvre accomplie par la mort et la résurrection était tout autant pour moi que pour n’importe qui (lisant ce texte). Même ceux qui me connaissent de moins près ont pu constater l’impact dans mes manières d’être, de parler et de faire. De près comme de loin, plusieurs en sont témoins.

Or, en ce matin d’une nouvelle année, je suis touché par l’histoire, en 2 Rois 7. Dans celle-ci, des lépreux, réfléchissant à leur propre situation et au moyen de survivre à une série d’événements des plus désespérées, prennent une décision qui s’avère faire partie d’une séquence d’événements produits par Dieu pour accomplir Sa Parole. Il y a dans ce récit un homme qui n’avait pas cru cette parole prononcée par le prophète Élisée que le siège de Jérusalem serait levé si soudainement que l’on passerait d’une pénurie extrême de nourriture à une extraordinaire abondance. Cet homme, qui n’avait pas cru la parole du prophète, a bien vu l’accomplissement de la prophétie, mais n’a pu en tirer aucun bénéfice, à cause même de son incrédulité.

Cette histoire des temps bibliques m’a conduit à penser à mon propre rapport à la foi. Plusieurs le savent, car je l’ai souvent partagé au fil des années, il y a au cœur de ma foi une incohérence profonde qui me trouble et que je place devant Dieu depuis longtemps. Elle se manifeste, par exemple, lorsque Dieu répond de manière spécifique à une prière. Mon problème est le suivant : dans de telles circonstances, je suis lent à croire.

La première piste de solution que j’ai trouvée pour m’aider à contrer ce problème chez moi est celle-ci : lorsque vous me demandez quelque chose et que je le fais pour vous, vous me dites merci; pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour les réponses de prière. Alors, lorsque Dieu répond à une de mes prières, je considère comme faisant partie intégrante de l’acte de foi de lui dire merci pour avoir agi dans le sens demandé par mes prières.

Concurremment, il y a près d’un an maintenant, je crois, je me suis mis à demander au Seigneur qu’il m’augmente la foi quand je lis les Écritures, car je me suis rendu compte que je restais indifférent à – et inatteignable par – certaines portions de la Bible, considérant qu’elles s’appliquaient à des contextes et des époques autres que les miens. En réponse à cette prière, le Seigneur m’a prêté main forte, et ce de plusieurs manières.

Hier, dernier dimanche de l’année, après le culte à l’Église vie abondante, une sœur m’a proposé de contrer les doutes concernant l’œuvre de Dieu ou Sa Parole en déclarant explicitement ma confiance en Dieu, et ce, dès l’émergence d’un doute en moi. L’histoire du siège de Jérusalem suivi d’une soudaine abondance de nourriture (2 R 6-7) m’a conduit à prendre à bras le corps l’incohérence qui réside encore au cœur de ma foi.

Alors que je réfléchissais à ces choses, l’Esprit de Dieu, car je crois et affirme que cela vient de Lui et de nul autre, a ramené à ma mémoire un passage très clair à ce sujet :

Or, sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu, car il faut que celui qui s’approche de lui croie que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent (Hébreux 11.6, Segond 21).

Ce même Esprit du Grand Dieu qui est le nôtre, l’Esprit de Jésus qui vit en moi et en tous ceux qui ont placé en Christ leur confiance pour obtenir leur salut et pour diriger leur vie, a aussi produit en moi la conviction intérieure de mettre par écrit la présente réflexion.

Quelques jours après avoir publié cet article, un autre passage biblique m’a interpellé, m’invitant à tenir les yeux bien grand ouverts pour ne rien manquer de ce que Dieu fait :

[M]ais ils ne font pas attention à l’activité de l’Eternel et ne voient pas ce qu’il fait (Ésaïe 5.12b).

Comme l’année 2008 a été pour moi l’occasion d’une transformation radicale et visible par tous ceux que j’ai côtoyés, depuis lors jusqu’à l’année 2017, se terminant hier, je m’engage en l’année 2018 – c’est-à-dire dès ce moment-même – à vivre de la foi. Avec ton appui, Seigneur, je le sais, tu m’aideras à combattre le doute chaque fois qu’il se présentera à moi, comme tu m’as aidé à vaincre le mode de pensée qui me hantait jadis.

Et vous, chers lecteurs, qui que vous soyez, permettez-vous à certaines formes de raisonnement, tout humains et bien compréhensibles qu’ils soient, d’étouffer votre foi? Pourquoi ne demanderiez-vous pas vous aussi au Seigneur de vous aider à trouver des moyens concrets pour marcher victorieusement lorsque vous êtes en proie aux doutes?

Soyez bien aise de laisser, en commentaire au bas de cet article, votre propre expérience d’appropriation des promesses de Dieu ou de ses réponses à vos prières dans votre vie.

Pour me contacter, veuillez suivre les indication sous Questions ou commentaires.

Daniel Garneau, B Th, B Com, MA,
Article publié le 1er janvier 2018 et révisé les 7, 9, 23 janvier et 7 février 2018 .

La difficulté d’admettre l’action de Dieu en ma faveur

En relisant un texte où je cherchais à réfléchir sur mon rapport à la foi, je suis frappé d’un passage où je dis éprouver une difficulté à reconnaître que les réponses que j’obtiens de Dieu dans la prière viennent véritablement de Dieu, de sorte que le doute s’intègre à la foi dans cette situation. J’ai d’ailleurs exprimé cette même difficulté à plusieurs reprises à mes proches, aux membres de ma communauté de foi, précisant presque chaque fois que je fais un choix conscient d’interpréter que dans telle ou telle situation Dieu a agi.

L’Eternel est ma forteresse, mon rocher, mon libérateur. Il est mon rempart et mon bouclier (Ps 18.3)

Lorsque je partageais cette caractéristique de ma vie intime de prière, je mettais aussi l’accent sur la conscience que ma prière ou que ma compréhension des événements subséquents avaient pu être mal orientés et que je ne voulais pas lier Dieu à mes erreurs. Cette attitude m’a aidé à prier et à m’approprier les réponses de prière malgré tout. Elle semble aussi avoir inspiré au moins une autre personne avec qui je partageais cette tension. Celle-ci me disait avoir choisi d’interpréter un événement précis comme la réponse d’une prière qu’elle avait faite à Dieu. Mais au moment d’écrire ces lignes, je me demande s’il ne s’agissait pas chez moi d’une étape dans mon parcours de foi que je m’apprête à dépasser, compte tenu de ce que j’écrirai dans un moment sur Daniel 4.

Il y a environ cinq ans, en écoutant une prédication sur la gloire de Dieu comme mission fondamentale de tout chrétien associée à l’Épître aux Éphésiens, je fus frappé par l’histoire de Nebucadnetsar mentionnée en appui. Je me suis demandé si l’histoire de ce roi racontée en Daniel 4 n’était pas aussi un peu la mienne et si ma difficulté à reconnaître l’intervention de Dieu suite à mes prières n’était pas un peu du même ordre : rendre ou ne pas rendre gloire à Dieu pour ce qu’Il fait. En écoutant l’histoire de Nebucadnetsar, je me disais que celui-ci était sans doute conscient de sa contribution concrète dans les succès dont jouissait son règne. C’est normal, ai-je pensé, car très souvent Dieu choisit d’agir à travers les actions naturelles des hommes. Or justement, lorsque je demande à Dieu de répondre à un besoin, et que Sa réponse s’inscrit en toute apparence dans le cours naturel de la vie, ne suis-je pas devant une situation du même ordre ? une difficulté de rendre gloire à Dieu ? N’était-ce pas aussi une dimension importante de la manière dont je vivais et comprenais mon ministère pastoral, ne comprenant pas toujours très bien que Dieu agissait à travers mes actions quotidiennes ?

Cette réflexion m’a tellement réjoui qu’il m’a semblé important de ne pas la laisser se perdre sans la consigner par écrit dans le présent article. Ma joie ici est celle d’une compréhension renouvelée de la manière dont Dieu agit bien souvent à travers ce que nous humains faisons spontanément par souci de Lui plaire, mais surtout du constat qu’avec la repentance de Nebucadnetsar est venu le pardon de Dieu. Je trouve réconfortant de savoir que lorsque je reviens vers Dieu, il m’accueille moi aussi, même après que j’aie choisi de le bouder ou de l’ignorer pour une longue période.

Cet article est une adapté de Dieu et moi – Essai autobiographique, p. 15-17, accessible sous Formation par l’autobiographie à la section Apprendre du site Savoir et croire .ca.

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Les couples mariés peuvent-ils être restaurés ?

Les couples mariés peuvent-ils être restaurés ? Ma réponse à cette question est oui bien sûr, avec l’assistance du Seigneur. Mon épouse et moi avons passé un certain nombre d’années dans une situation qui pouvait trop souvent se décrire comme plus douloureuse que joyeuse; malgré cela, nous avons tous deux choisi de demeurer fidèles l’un à l’autre.

Dans ma détresse j’ai fait appel à l’Eternel, et il m’a répondu (Jonas 2.3, Segond 21)

En rétrospective, il nous paraît juste d’affirmer que nous nous efforcions de combler l’un par l’autre des besoins affectifs insatisfaits de nos passés respectifs. Cette difficulté n’est pas rare chez les couples, car les relations intimes ont tendance à réactiver les blessures du passé, blessures demeurées en mal de guérison. D’après Le défi du couple : l’amour réapprivoisé (traduction française de Getting the Love You Want) du thérapeute Hartville Hendrix, c’est dans le cadre d’un réel engagement l’un envers l’autre que ce genre de blessures peut être guéries, comme nous l’avons expérimenté.

Cela était loin d’être évident pour nous. Durant longtemps, nous avons déployé beaucoup d’efforts pour tenter de résoudre les difficultés qui nous faisaient souffrir tous deux, sans toutefois jamais y parvenir. Après un certain temps, nous avons renoncé à chercher de résoudre notre situation. Nous avons alors vécu côte à côte au meilleur de nos capacités, tout en nous concentrant chacun sur nos propres responsabilités devant Dieu. J’ai fini par découvrir chez moi la présence de schémas relationnels remontant à mes premières années de vie et sur lesquels je continuais parfois à m’appuyer dans mes interactions avec autrui. J’ai alors commencé à remplacer certaines de ces stratégies par d’autres plus appropriées. Ce fut là une première et très importante étape vers notre éventuel rétablissement conjugal.

Vers la fin de cette période d’épreuve, il y a de cela une dizaine d’années maintenant, je collaborais sur une base quotidienne avec une toute nouvelle collègue de travail. Celle-ci était une chrétienne engagée dans sa foi, d’un héritage évangélique différent du mien. Cette situation donna lieu à des conversations que Dieu utilisa pour m’aider à réfléchir à ce qui avait jadis formé les fondements de ma propre foi chrétienne.

C’est ainsi que je fus conduit par l’Esprit de Dieu à identifier un secteur de ma vie où j’avais cessé d’être vigilant et m’étais laissé emporté en dehors de la voie d’obéissance. Je fus saisi d’une conviction intérieure aussi soudaine que certaine qu’il s’agissait là d’une ultime invitation de la part de Dieu à renoncer à ma désobéissance pour le choisir, Lui. Ma réponse fut immédiate et sans équivoque : c’est toi que je choisis Seigneur! Dès ce moment, toute culpabilité a disparu. Oui, bien sûr, celle du péché auquel j’avais renoncé, mais plus encore, la culpabilité toxique acquise très tôt dans ma vie, celle qui avait pesé si lourd sur moi et affecté indirectement mes relations. J’en ai été libéré, comme par le Souffle même du Dieu des tempêtes et du calme.

C’est ainsi que par la suite, je suis passé de la position d’une personne qui se sent victime de ses circonstances – comme si j’étais tenu captif dans une prison de nature spirituelle – vers la posture de quelqu’un qui sait qu’il est un fils de Dieu, prince sous l’autorité spirituelle de Christ, cohéritier avec le Roi. Il est devenu clair pour moi que je pouvais faire appel à mon Père et recevoir de sa part les réponses à mes demandes pour résister aux tentations devant moi, quelles qu’elles soient. Je ne suis pas en train de dire que je suis devenu sans péché ni faille. Ce que je dis est ceci : je suis devenu un guerrier contre les forces des ténèbres – comme je l’avais déjà été par le passé. Je me suis souvenu à nouveau de qui j’étais en Christ, et j’ai commencé à développer le réflexe de me tourner immédiatement vers la Source de toute force nécessaire pour combattre contre le péché.

Ces transformations sont devenues la base d’une nouvelle perspective dans ma relation avec mon épouse, celle-ci constatant les changements qui s’étaient produits chez moi. Je me suis également mis à  prier chaque fois qu’elle disait ou faisait quelque chose qui ne me plaisait pas. Je la baignais de mes prières, jusqu’à ce qu’un jour elle me dise qu’elle se sentait aimée et pleinement acceptée dans tout ce qu’elle était. Notre relation a depuis lors pris une tournure entièrement nouvelle.

Concurremment, mon épouse cheminait de son côté vers sa propre libération spirituelle. Ceci lui a permis d’accueillir la personne renouvelée que je devenais. Ces transformations expérimentées par chacun de nous ont contribué à nous rapprocher plus que jamais l’un de l’autre.

Nos enfants devenus adultes ont commencé à nous taquiner, disant des choses comme : «Maman, papa te fait la cour et tu ne t’en rends même pas compte!» ou, nous accusant de souffrir d’un amour aveugle : «Vous êtes d’étranges parents, vous semblez tous deux croire que l’autre n’a  aucun défaut, comme des amoureux qui viennent de se rencontrer». Derrière ces taquineries ressort tout l’encouragement que notre relation transformée leur apporte pour leur propre vie, ce dont ils nous ont fait part de diverses façons depuis.

Aujourd’hui encore, dix ans après ces événements, mon épouse et moi jouissons toujours d’une excellente relation, pour laquelle nous remercions le Seigneur. Alors, lorsque je dis à qui que ce soit que je ressens la joie de Christ et sa paix en moi maintenant, les événements dont je viens de rendre témoignage sont toujours présents en arrière plan dans mes pensées et dans mon cœur.

Des personnes de notre église qui nous connaissaient depuis de nombreuses années commencèrent à dire que la transformation dont ils avaient été témoins dans notre relation conjugale les encourageaient grandement à ne pas désespérer que Dieu puisse travailler de manière semblable dans la leur.

La relecture de 1 Pierre 5:6-11 et d’Éphésiens 6:10-18 m’aide à ne pas perdre de vue nos ennemis spirituels, ni que ceux-ci ont tenté de détruire notre couple et, à travers nous, notre famille. Mais ils ont échoué! Dieu a vaincu!  J’en remercie mon Père du ciel!

En concluant cet article, j’élève mon cœur dans la prière pour tous ceux qui luttent dans leur relation conjugale et qui pourraient être tentés d’adopter une attitude de désespoir. Je prie le Seigneur du ciel et de la terre, le Maître de l’univers, qu’il utilise ce témoignage pour apporter quelque mesure d’espoir à ces couples aux prises avec une telle souffrance.

Êtes-vous du nombre de ceux qui souffrent ainsi ? Je prie que le Saint Esprit puisse vous conduire vers les personnes adéquates ou vers des passages précis de Sa Parole qui donneraient à  votre situation un nouvel éclairage. Je prie Dieu qu’Il vous rende capable de Lui faire confiance pour restaurer votre propre cœur, afin que vous appreniez à redresser ce qui a besoin de l’être, autant dans votre relation à votre épouse ou à votre époux que dans votre relation avec le Seigneur Jésus-Christ. Je demande à Dieu qu’il crée en vous le désir de faire tout ce qui doit l’être à cet égard.

Cet article est aussi disponible dans l’original anglais, Can Married Couples be Restored? et en traduction espagnole, ¿Las parejas casadas se pueden restablecer?  Publication parallèle de Les couples mariés peuvent-ils être restaurés? dans Journal Chrétien.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA;
Traduction française par Daniel Garneau : les 29 et 30 août 2017;
Révision du texte par Nellie Garneau : le 30 août 2017;
Dernière mise à jour Daniel Garneau : le 27 février 2018.

Se savoir aimé de Dieu : la clé pour aimer autrui

Mon ministère pastoral portait fruit. Mon enseignement biblique était apprécié de la part des membres de mon église et des étudiants à qui j’enseignais un cours sur les particularités de ma famille d’églises, un autre sur l’initiation d’autrui à la foi chrétienne.

Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ?
N’a-t-elle pas compassion du fils qui est sorti de son ventre ?
Même si elle l’oubliait,
moi je ne t’oublierai jamais. (Ésaïe 49.15, Seg 21)

Par contre, les transformations spirituelles tant espérées continuaient de me paraître plutôt inaccessibles. Je ne comprenais pas que Dieu bénisse mes activités ministérielles et réponde à mes besoins matériels, sans apparemment agir dans l’intimité de mon âme comme je souhaitais tant qu’Il le fasse – et ce de façon révolutionnaire. J’aspirais à plus !

Je puisai un grand encouragement d’une prière de l’apôtre Paul pour les Éphésiens, dans laquelle il me sembla trouver la réponse aux aspirations non comblées qui m’habitaient :

« À cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; étant enracinés et fondés dans l’amour, que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Éphésiens 3:14-21).

Je m’appropriai cette prière, la faisant mienne, considérant que je pouvais faire confiance à Dieu pour qu’il produise en moi la maturité que Paul demandait pour ceux à qui était destinée cette lettre. J’ai transformé ma compréhension en un message biblique présenté dans deux Églises locales du Québec et deux de l’Ontario entre novembre 1985 et août 1986. Le message s’intitulait Enfin… un homme de Dieu. J’insistais sur deux conditions essentielles pour celui qui tend vers la sainteté, ce que j’appelais « devenir un homme ou une femme de Dieu » : comprendre ce que Dieu peut et veut faire en lui ou en elle (Éphésiens 3:14-19); croire que Dieu le fera effectivement (Éphésiens 3:20-21).

Il me semblait que cette prière de Paul pour les Éphésiens devait être indicative d’une certaine compréhension de la volonté de Dieu non seulement envers les Éphésiens en particulier, mais aussi envers tous ceux qui croient, en tout lieu et en toute époque. Je croyais donc pouvoir appliquer à moi-même et à mes auditeurs les contenus de la prière de Paul comme s’il s’agissait de ce que Dieu peut et veut faire pour chacun d’entre nous.

Je voyais la nécessité de comprendre ce que Dieu peut faire pour nous comme fondé dans une meilleure connaissance de ce que nous pouvons attendre que Dieu nous donne (« Je fléchis les genoux afin qu’il vous donne… ») : sa force (« d’être puissamment fortifiés par son esprit dans l’homme intérieur »); sa communion (« en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi »), son amour (« étant enracinés et fondés dans l’amour »), sa personnalité (« que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu »).

Quant à croire que Dieu le ferait, deuxième partie structurale de ce sermon, je me fondais sur le connecteur grammatical « or » qui, selon l’exégèse que j’en avais faite de l’original grec, rattachait à la prière que Paul venait de faire pour les Éphésiens (Éphésiens 3:14-19) un rappel de la nature infinie du pouvoir de Dieu dans la vie des êtres humains (Éphésiens 3:20-21) : « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! ».

En particulier, je m’attendais de la part de Dieu, à ce qu’il produise en moi l’amour dont il était question en plein cœur de cette prière (Éphésiens 3:17-19) de Paul. Je me sentais défaillant dans la manifestation concrète de mon amour envers autrui et considérais transformatrice une pleine compréhension de la nature de l’amour de Dieu.

Quelques années plus tard, lorsque je partageai mon interprétation de ce texte des Écritures à une dame, celle-ci me fit remarquer que ce dont il était question dans ce passage biblique était avant tout de la compréhension de l’amour que Dieu a envers nous.

Ce n’est que vingt ans plus tard environ, soit en 2008, que j’ai été en mesure d’acquérir une compréhension fondée en expérience de cette interprétation qui m’avait initialement en très grande partie échappé, que l’amour que l’on a pour autrui passe par l’amour que Dieu a pour nous. La compréhension que l’on a de la première ne peut être dissociée de la compréhension que l’on a de la seconde. Le sentiment, voire la certitude, d’être aimé par Dieu constitue une source, pour ne pas dire une ressource, sans laquelle l’on ne peut aimer ceux qui nous entourent à la manière dont Dieu nous y invite. En somme, l‘amour de Christ qui « surpasse toute connaissance » (Éph. 3:19) à propos duquel Paul prie pour que nous en comprenions « la longueur, la profondeur et la hauteur » (Éph. 3:18) est celui manifesté par Dieu envers moi avant d’être celui que je manifeste envers autrui.

Il y a environ 30 ans, j’en étais venu à accorder plus de poids à ma difficulté de manifester l’amour de Dieu envers autrui que dans le fait que Dieu m’aime. Je crois aujourd’hui que cette dimension de ma spiritualité chrétienne a contribué à me donner l’impression de piétiner spirituellement, puis m’a éventuellement conduit à perde espoir pour un temps.

Cette manière de comprendre mon rapport à Dieu et aux autres fut brisée il y a environ dix ans, époque à partir de laquelle je ne voyais plus mes fautes comme sources de culpabilité, mais plutôt comme l’occasion de remercier Dieu immédiatement parce que Sa grâce envers moi était plus grande et plus importante que n’importe lequel de mes écarts entre ce que je savais être bien et ce que je faisais effectivement. Cette dimension du message du salut, en Jésus Christ, par la foi seule, peut aussi être compris comme une invitation au courage d’accepter d’être accepté malgré que l’on se sache inacceptable.

Depuis le 30 mai 2017, cet article est également publié sur le Journal Chrétien. Il s’agit d’une adaptation de Dieu et moi – Essai autobiographique, p. 12-15, accessible sous Formation par l’autobiographie à la section Apprendre du site Savoir et croire .ca.

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Ce que j’entends par « Je suis chrétien »

Être chrétien? Qu’est-ce que j’entends quand je dis : « Je suis chrétien » ? Le plus brièvement possible, être chrétien signifie pour moi entre autres choses croire que la Bible est la Parole de Dieu, reconnaître que je suis pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort. Mais par dessus tout, lorsque je dis « je suis chrétien », j’entends par là que je fais confiance au Seigneur Jésus-Christ pour avoir accompli pour moi tout ce qu’il faut pour que je puisse me présenter devant Dieu sans honte ni crainte au jour du jugement, car c’est par Lui, Jésus, c’est par sa mort et sa résurrection, que sont assurées les promesses de Dieu.

Nous étions tous comme des brebis égarées :
chacun suivait sa propre voie,
et l’Eternel a fait retomber sur lui
nos fautes à tous. (Ésaïe 53.6, Segond 21)

Chaque fois que je dis « je suis chrétien » je réaffirme toutes ces choses que je viens juste de mentionner et j’en sous-entend bien d’autres encore. L’une d’entre elles consiste dans un choix personnel : celui de faire confiance à celui qui m’a aimé au point de donner sa vie pour moi; le choix de placer en Lui ma confiance pour mon sort éternel devant Dieu, comme aussi le choix de placer en Lui ma confiance pour les petites choses de ma vie. Quelle merveille de me savoir aimé, guidé, protégé et accompagné en tout ce que je fais !

J’ai entendu parler de l’Évangile seulement une fois devenu adulte et sorti du Québec pour travailler et voyager dans les provinces anglaises du Canada : l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, de 1970 à 1975 environ.

Il a fallu plusieurs années avant que je me décide à rendre ma vie conforme à ce qu’enseignent les Écritures et à commencer à marcher avec Dieu pour de bon, en 1977. Il m’a été facile de croire que la Bible était la Parole de Dieu, de reconnaître que j’étais pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, puis d’admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix pour moi, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort.

Le plus dur a été de prendre ma décision de changer de manière de vivre afin d’obéir le mieux possible à ce que Dieu enseigne dans les Écritures. Une fois cette étape franchie, le reste en était la conséquence naturelle, plus précisément, la conséquence spirituelle. J’ai eu le bonheur de fréquenter une Église locale Évangélique où l’on enseignait les Écritures et encourageait les croyants à servir Christ en témoignant de notre foi, en développant nos dons spirituels et en participant aux ministères de l’Église.

Il y a eu bien des épreuves depuis, ainsi que des périodes de découragement. Aujourd’hui quand je commets un péché, au lieu d’en être surpris, je me réjouis de savoir que c’est pour des pécheurs comme moi que Jésus a donné sa vie. J’ai fini par me rendre compte avec le temps que ce qui importe n’est pas que je puisse être fier du type de personne chrétienne que je suis, mais que je sois fier de la sorte de Sauveur à qui je dois mon entrée dans la famille de Dieu.

J’ai composé ce court témoignage de ma foi chrétienne lorsque, le 9 décembre 2014, je me suis présenté sur le Forum Chrétien la Source d’eau vive – Forum Chrétien Protestant de soutien et de partage, sous Se présenter pour mieux se connaître et Bonjour de Québec. Il a été légèrement ajusté ici surtout pour en lever les ambiguïtés.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité les 7 février et 23 juillet 2018.