Bible, savoir et sens

La Bible, source de savoir et de sens : Parole de Dieu et source de désir.

Cinq aspects à considérer dans nos rapports publics ou privés avec la Bible : sa valeur; sa complexité; sa clarté; sa pertinence; le désir qu’elle suscite.

1. Sa valeur

Lecture biblique préalable suggérée : 1 Pierre 1:22 à 2:3 et Hébreux 4:12.

Au XIXe s., ce qui avait fait consensus depuis les temps les plus anciens a été contesté concernant les textes de la Bible. Par ex., certains ont cru que l’évangile de Jean aurait plutôt été une compilation achevée au IIe s., puis attribuée à Jean après les faits. Un fragment de Jean daté de 110 à 130 a forcé à revoir ces théories et à admettre comme possible ce que l’Église a cru depuis le début, c.-à-d. que Jean était l’auteur du 4e évangile (TOB 2010 avec notes intégrales, p. 2296). Notamment, Irénée (130-200), disciple de Polycarpe (70-160), lui-même disciple de l’apôtre Jean, croyait que l’évangile de Jean avait été écrit par Jean (décédé vers 90 apr. J.C.).

La découverte des manuscrits de la mer morte au milieu du XXe s. a permis de confirmer la grande rigueur des méthodes de retranscription de siècle en siècle. Les manuscrits de l’an 125 découverts en 1947 confirment la qualité des copies de l’AT dont les plus anciennes dataient jusque-là de l’an 900.

Les textes de l’AT et du NT se présentent eux-mêmes d’une manière qui peut surprendre les non initiés. Prenons par exemple : Deutéronome 18:15-22 et 34:10-12; Ésaïe 1:1ss; Jérémie 1:1-4ss; Ézékiel 1:1ss; Osée 1:1ss; Joël 1:1ss; Amos 1:1-3ss; Abdias 1:1ss; Jonas 1:1ss; Michée 1:1ss; Nahoum 1:1ss; Habakuk 1:1ss et 2:1-4; Sophonie 1:1ss; Aggée 1:1-2ss; Zacharie 1:1ss; Malachie 1:1-6ss; 1 Pierre 1:22 à 2:3; 1 Thes 2:13; 2 Pi 1:16-21; 2 Tim 3:14-16; 2 Pi 3:15-16; Héb 1:1‑2 et 4:12.

Précisons qu’en 2 Pi 1:20 « aucune prophétie de l’Écriture n’est une affaire d’interprétation personnelle » (Segond 21) au sens où « aucune prophétie de l’Écriture n’est le fruit d’une initiative personnelle » (Bible du Semeur).

« Car, dit la suite du verset, ce n’est jamais par une volonté d’homme qu’une prophétie a été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 1:21, traduction Segond 21).

2. Sa complexité et (3.) sa clarté

Lecture biblique préalable suggérée : Nombres 21:4-9 et Jean 3:14-16.

La Bible contient des passages difficiles à comprendre et dont il est possible de tordre le sens (2 Pierre 3:14-16), la falsifiant, l’accommodant (2 Cor 2:17, voir respectivement les traductions Segond 21 et Bible du Semeur).

Elle contient aussi des passages clairs sur des points difficiles à admettre pour nos contemporains et à croire même pour nous (2 Pi 3:10-15).

Les contextes historiques et culturels dont elle est issue exigent un travail important de notre part pour éviter les contre-sens lorsque nous lisons certains passages de la Bible.

Plusieurs passages par ailleurs simples ne prennent tout leur sens que si l’on connaît leurs référents de l’A.T., par ex. le serpent d’airain en Jean 3:14 par allusion à Nombres 21:4-9. Tout pécheur qui regarde à Christ a la vie.

Il y a donc deux aspects de la Bible qu’il faut admettre et reconnaître, d’une part sa complexité, d’autre part sa clarté, sa simplicité. Par ex., connaître l’histoire du serpent d’airain racontée en Nombres 21:4-9 aidera à s’approprier dans notre expérience de tous les jours ce que dit Jean 3:14-16.

Je pèche, je regarde à Christ, je vis, au lieu de mourir; aujourd’hui même et pour l’éternité, avec Dieu. J’écoute (Jean 8:47) pour voir clair (2 Pi 1:8-9).

4. Sa pertinence pour l’existence humaine
aujourd’hui et jusque dans l’éternité

Le jeudi 3 mai 2012, je suggère la lecture de Rm 12:1-2, puis Eph. 6:10-18 à deux amies au travail parce que je vois en ces passages des éléments qui correspondent respectivement à la situation que chacune me partage.

Le dimanche 6 mai 2012, j’entreprends la mémorisation de 2 Pi 1:1-11 espérant y puiser des ressources pour traverser avec Dieu une crise intérieure, une situation de vie concrète qui me déroute et me décourage.

Le lundi 7 mai 2012, en rentrant au travail, j’ai devant moi une première collègue de travail toute rayonnante. S… est venue à Rm 12:1-2 en priant le Seigneur qu’il l’aide à appliquer le passage partagé jeudi. Elle lui demande d’être « transformée par le renouvellement de l’intelligence » (Rm 12:1-2).

Deux heures plus tard ce même lundi, M… me partage une situation difficile, vécue ce week-end, pour laquelle elle m’avait demandé de prier. Quand je lui dis qu’elle me semble avoir fait preuve d’une grande force, elle me répond qu’elle a prié Dieu, lui demandant qu’il la revête de l’armure décrite en Éphésiens 6:10-18 et pour qu’Il l’aide samedi et dimanche. Par cette prière Dieu l’a aidée m’a-t-elle dit à voir en ceux qui s’opposaient à son témoignage chrétien non pas la personne de l’opposant mais les forces spirituelles agissantes en arrière plan, et à ne pas se laisser dérouter.

Je prends donc alors la décision non plus seulement de mémoriser mais aussi de prier Dieu pour qu’il m’aide à m’approprier 2 Pi 1:1-11, ce qui a eu pour moi de nombreux effets, dont l’un : me rappeler que l’enjeu central lié à l’obéissance à Dieu par les Écritures est de mieux connaître Christ.

« En effet, si ces qualités sont en vous et se développent, elles ne vous laissent pas inactifs ni stériles pour la connaissance de N.S.J.C. » (Seg 21).

5. Le désir qu’elle suscite et auquel elle invite :
« désirez le lait pur de la parole » (1 Pi 2:2, Seg 21)

Lecture biblique préalable suggérée : Psaume 1; Psaume 19; Psaume 119.

L’appropriation pour soi de passages se rattachant à notre vécu immédiat et quotidien nous rend ensuite capables d’offrir à d’autres le réconfort dont nous avons été les bénéficiaires de la part de Dieu (2 Cor. 1:3-7).

Comme Christ comprend ce que c’est que d’être un humain et de souffrir, ainsi nous comprenons les malheurs d’autrui par ceux que nous vivons.

Dans la mesure où nous puisons dans les Écritures une source de force nous aidant à vivre dans l’obéissance à Dieu et à mieux connaître Christ, il nous est aussi possible d’encourager d’autres par ce qui nous encourage.

La Parole de Dieu devient ainsi une source de désir, parce que nous y puisons de l’encouragement pour nous-mêmes et pour nos proches.

C’est de cette manière que peuvent prendre vie pour nous des passages comme 1 Pi 2:2 où nous sommes invités à désirer la parole comme du lait. Nous sommes alors en mesure de nous associer aux Psaumes 1, 19 et 119.

Je comprends ainsi le sentiment des psalmistes et m’associe à eux, ce qui contribue à susciter ou à accroître en moi ce même désir de la Parole.

En somme…

Nous venons donc de considérer certains aspects très importants de la Bible. Il est vrai que tout n’y est pas aussi simple qu’on le souhaiterait. Ce qu’elle dit est cependant très clair sur de nombreux points. Sa valeur et sa pertinence sont liées à l’appropriation que l’on en fait, notamment lorsque nous demandons à Dieu de la faire vivre en nous, comme nous y invitent 1 Pierre 2:2 et les Psaumes 1, 19 et 119…

Je prie que s’accroisse notre désir de la lire, de la méditer, de la partager.

Tiré de l’essai Comment donc comprendre la Bible aujourd’hui ? (annexe B).

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité : les 9 juin 2016 et 15 mai 2017.