Comment sait-on si l’on a la vie éternelle ?

Vous vous demandez sur quelle base certains chrétiens évangéliques parmi vos connaissances se permettent d’affirmer que l’on peut savoir que l’on a la vie éternelle ?

C’est en s’appuyant sur des passages comme 1 Jean 5:13 que nous évangéliques croyons qu’il est possible de parvenir à ce genre d’assurance : « Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu »(*).

Vous ne comprenez pas trop de quoi il s’agit, ou encore, il y a si longtemps que vous n’avez plus entendu personne parler dans ces termes que votre souvenir du message évangélique de base s’est un peu estompé ? Avant de poursuivre, vous pourriez vouloir écouter ou lire :

Que l’on soit évangélique ou d’une autre tradition chrétienne, une question demeure, pourquoi est-il si difficile de s’approprier une promesse par ailleurs aussi magnifique ?

Ma propre réponse à cette question est qu’il existe trois conditions accessibles par l’Esprit sans lesquelles la certitude d’avoir la vie éternelle en Jésus-Christ est difficile à conserver :

  • Demeurer à l’écoute du message des apôtres tout au long de notre vie;
  • S’approprier l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ mort à la croix à notre place;
  • Vivre par et dans la confiance en cet amour de Dieu envers nous et envers les nôtres.

Je tenterai dans cet article d’expliciter ce qui motive cette perspective qui est la mienne. Je puiserai pour ce faire dans la première épître de Jean, particulièrement au chapitre 4. Mais, avant d’entrer dans le vif du sujet devant nous, je tiens à dire quelques mots concernant ceux qui confessent Christ, mais qui ne lui appartiennent pas, comme aussi sur l’importance vitale de s’interroger avec le plus grand sérieux sur notre propre authenticité.

Certains de ceux qui confessent Christ ne lui appartiennent pas !

L’objectif initial de la démarche qui m’a conduit à publier le présent article était de faire le point sur qui sont les enseignants de mensonge dont parlent 1 Jean 2:18-27 et 4:1-6. Cela m’a conduit à lire d’autres passages des Écritures où un thème semblable était traité, par exemple, le discours d’adieu aux anciens d’Éphèse (Actes 20:17-38). Notons que c’est à des dirigeants chrétiens ayant des responsabilités spirituelles auprès des autres chrétiens dans leur communauté que Paul adresse la mise en garde suivante (Actes 20:29-30) :

Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses pour entraîner les disciples après eux.

Il est toujours bien triste d’apprendre qu’un leader chrétien, dont le rôle est de prendre soin des personnes que Dieu lui a confié contribue à les détruire plutôt qu’à les construire. La situation n’est pas moins triste lorsqu’il s’agit d’une personne sans statut particulier dans l’Église, que l’on a aimé et respecté, dont on a profité des partages bibliques édifiants, et qu’une telle personne finit, elle aussi, par poser des gestes destructeurs autour d’elle.

Dans un cas comme dans l’autre il faut toujours garder présent à l’esprit que le Seigneur nous avait averti de ces choses, par exemple, lorsqu’il a dit de se méfier des loups qui viendraient en vêtements de brebis et lorsqu’il dit que l’ivraie croîtrait avec le bon grain. Rappelons-nous des paroles suivantes de Jésus en Matthieu 7:21-27 et veillons à faire partie de ceux qui mettons en pratique les paroles du Seigneur tout au long de notre vie  :

v. 21 – Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.

v. 22 – Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom?

v. 23 – Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.

v. 24 – C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.

v. 25 – La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison; elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc.

v. 26 – Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.

v. 27 – La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison; elle est tombée, et sa ruine a été grande.

Dans un message intitulé Watch Out for the Wolves Within (Actes 20:28-31), John Piper traite ce sujet avec finesse. Il invite ses collaborateurs à veiller sur eux-mêmes pour que ce genre de situation ne leur arrive pas. Il leur propose des indices à surveiller dans leur attitude pour éviter ce danger pour leur vie. De quel danger s’agit-il ? du danger de cesser d’aider à bâtir les autres chrétiens dans leur démarche de foi et de se mettre à les conduire sur une voie qui les mènera à leur propre perte et à celle de nombreuses autres personnes.

La présence dans l’Église d’enseignants dont le parcours amène des croyants à leur confier des responsabilités importantes, puis qui finissent par se transformer en enseignants de mensonge et en loups cruels conduit à une question vitale pour tous les chrétiens : Comment certaines personnes peuvent-elles se détourner ainsi de la foi chrétienne ?

À ce sujet, dans La sécurité éternelle est un projet communautaire (Hébreux 3:12-19), John Piper critique la tendance parmi les chrétiens évangéliques dont il est pasteur à considérer la sécurité éternelle comme un vaccin contre l’enfer. Il rappelle ce que les Écritures enseignent au sujet de la foi véritable : si quelqu’un ne persévère pas dans les voies du Seigneur, il ne fait que démontrer par là qu’il ne lui a jamais appartenu.

Le point commun entre les deux messages bibliques de John Piper mentionnés ci-dessus est que, dans chacun, le prédicateur invite son auditoire à s’examiner eux-mêmes plutôt qu’à chercher à identifier ce qui clocherait chez d’autres pasteurs ou d’autres chrétiens. Pareillement, c’est à des gens sensibles à l’Esprit de Dieu que cet article-ci est destiné, avec l’espoir que la Parole de Dieu nous redressera et nous fortifiera aux endroits requis.

Cela dit, je tiens à préciser que le présent article ne se limite pas à répéter ce que tout chrétien évangélique sait déjà, mais cherche au contraire à susciter une réflexion au terme de laquelle nous nous  interrogerons sur nous-mêmes quand à la nature réelle de notre foi. Où en sommes-nous dans notre propre rapport à chacune des conditions pour savoir si nous avons la vie éternelle ? Demeurons-nous à l’écoute du message des apôtres ? Avons-nous oublié l’amour manifesté par Dieu en mourant à notre place pour nos péchés ? Notre vie est-elle mue par la confiance en l’amour de Dieu envers nous et envers les nôtres.

Cette façon de poser le problème en est une de vie ou de mort au plan spirituel. À quoi bon chercher à comprendre la nature exacte de l’erreur de celui ou celle dont la conduite nous laisse perplexes quant à l’authenticité de sa foi ? Ne nous demandons pas en quoi ce qui suit s’applique à d’autres. Au contraire, prions Dieu, par son Esprit, de nous assister pour que nous parvenions à faire pleinement confiance à son amour envers nous et envers tous, car seulement ainsi pourrons-nous aimer nos frères et rassurer nos cœurs devant Dieu.

Quelle est donc la première des trois conditions accessibles par l’Esprit sans lesquelles la certitude d’avoir la vie éternelle en Jésus-Christ est difficile à acquérir et à conserver ?

1. Première condition (1 Jean 4:1-6; Jean 19:35; 1 Jean 1:1-4) :
se mettre et demeurer à l’écoute du message des apôtres

En 1 Jean 4, l’auteur met en garde contre ceux qui prétendent enseigner par l’Esprit tout en refusant d’admettre que Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus-Christ (v. 1-6). Cela s’opposait à l’enseignement dispensé par les apôtres et cru des lecteurs (1:6) : « Nous, nous sommes de Dieu; celui qui connaît Dieu nous écoute; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas: C’est pas là que nous connaissons l’Esprit de vérité et l’esprit de l’erreur ». Le « nous » inclut l’auteur – et, sûrement aussi, les chrétiens à qui était destinée la lettre – par opposition à ceux qui suggéraient une nouvelle façon de comprendre Christ.

À qui revient-il d’interpréter la signification des événements entourant la vie de Christ ? Jésus a lui-même confié cette tâche à ceux qui étaient avec Lui (Jean 15:27), ces derniers seraient guidés dans la vérité (Jean 14:16-17; 25-26; 15:26-27) : ce sont là les témoins oculaires de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus (Jean 19:35; 1 Jean 1:1-3, 5). C’est pourquoi Jean peut se permettre de parler comme il le fait en 4:1-6 et en 2:18-27 : ceux qui n’admettent pas que Jésus soit le Fils de Dieu, Sauveur de tous les hommes, ne peuvent pas être considérés comme des enseignants légitimes dans l’Église de Dieu.

Certains diront : les apôtres ne pouvaient pas savoir que leurs textes seraient recueillis, plus tard considérés comme Parole de Dieu et intégrés dans ce que nous appelons la Bible. Pourtant, les écrits laissés par les apôtres (NT) se présentent comme étant revêtus de l’autorité du Seigneur, comme l’étaient aussi les écrits des prophètes avant eux (AT). L’apôtre Jean, auteur du quatrième évangile et des trois épîtres qui portent son nom précise ceci : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9).

D’où je conclus que pour distinguer le vrai du faux concernant la vie éternelle, il est nécessaire de s’en rapporter à ce qu’ont dit les apôtres (NT) à ce sujet. Et comme ce sont eux qui nous informent que celui qui croit a la vie éternelle et ne périra jamais, je suggère que seuls ceux qui se nourrissent des Écritures peuvent acquérir ce genre de certitude. Mais, ceux qui vont plus loin ou qui s’écartent de l’interprétation initiale proposée par les apôtres doivent être considérés comme ne parlant pas de la part de Dieu. Nous parlons ici des apôtres mandatés par Jésus Lui-même pour expliciter le sens et la portée de sa venue.

Toute parole présentée comme prophétique ou comme biblique en opposition directe ou indirecte au message des premiers témoins et apôtres ne provient pas de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi il importe d’adopter une attitude semblable à celle des chrétiens de Bérée. Ils vérifiaient dans les Écritures si ce que Paul leur enseignait était exact (Actes 17:11). Cela rejoint Jacques 1:25 où nous sommes invités à plonger les regards dans la loi de liberté et 1 Pierre 1:22 à 2:3, où l’on nous invite à désirer le lait spirituel et pur de la Parole.

Mais cette condition n’est pas à elle seule suffisante pour distinguer le vrai du faux concernant la foi chrétienne ni pour obtenir ou entretenir la certitude de la vie éternelle. Nous le savons tous, en effet, il existe, dans tous les milieux chrétiens, des gens qui parlent au nom de Christ avec une apparente rectitude et justesse, mais qui agissent d’une manière qui porte atteinte à la dignité humaine et à la réputation du christianisme.

Certaines de ces personnes parlent d’une manière qui démontre qu’ils ont acquis une certaine connaissance de la Bible, de la théologie et de la religion chrétienne, parfois leur savoir est vaste et profond et leur attitude nous semble irréprochable. Malheureusement, le savoir spirituel puisé aux sources mêmes que sont les Écritures ne suffit pas pour qu’une personne fasse véritablement partie de la famille de Dieu. Une deuxième condition est nécessaire : par l’Esprit, nous devons nous approprier l’amour de Dieu, amour manifesté par la mort de Jésus sur une croix pour nous racheter des péchés que nous commettons.

2. Deuxième condition (Jean 3:1-21; 1 Jean 2:1-2; 3:16; 4:7-15) :
s’approprier, par l’Esprit, l’amour de Dieu, en Jésus-Christ

Nicodème fournit l’exemple d’une personne qui connaissait à fond les Écritures, car il était l’un des enseignants respectés en Israël. Au fond, cet homme, un chef religieux en Israël, savait qu’il manquait quelque chose à sa compréhension de qui Dieu est. Plutôt que d’enfouir ses questions sous un système de croyances, il est demeuré ouvert à la vérité.

L’entretien de Jésus avec Nicodème (Jean 3:1-21) établit un fondement sans lequel il est difficile de saisir en quoi consiste cette condition pour savoir si l’on a la vie éternelle :  s’approprier, par l’Esprit, l’amour de Dieu manifesté pour nous en Jésus-Christ. Il nous aidera à mieux comprendre ce que veulent dire des passages comme les suivants :

1 Jean 4:9-10  :

L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.

1 Jean 4:14 :

Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.

En quoi l’entretien de Jésus avec Nicodème aide-t-il à comprendre ces extraits de 1 Jean ?

D’abord, connaître la Bible d’un bout à l’autre, écrire des articles ou des livres à son sujet et être en situation d’enseigner et d’exercer un leadership spirituel ne suffisent pas. Selon Jésus, pour appartenir véritablement à Dieu, l’Esprit de Dieu doit intervenir (Jean 3:3-10). C’est seulement ainsi que la compréhension des Écritures se transforme en source de vie.

L’Esprit doit intervenir dans la vie d’une personne pour que celle-ci admette le témoignage rendu par les Écritures concernant qui est Jésus et pourquoi il est venu. Chaque personne doit, elle-même, s’approprier ce témoignage et y engager sa vie tout entière (Jean 3:1-21).

Cela suppose un minimum de compréhension concernant notre condition de pécheur et la perspective de Dieu sur le péché, ce qui nous conduit à l’image du serpent d’airain,   mentionné par Jésus dans son entretien avec Nicodème en Jean 3:14-16 :

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

Cette image du serpent d’airain provient de Nombres 21:1-9. Elle illustre notre condition de pécheur devant Dieu et la manière dont nous pouvons être réconciliés avec Lui. Les israélites s’étaient révoltés contre Dieu et contre son serviteur Moïse. Ils trouvaient leur vie dans le désert difficile à supporter. Une épidémie de serpents venimeux battait son plein et plusieurs d’entre eux venaient d’en mourir. Moïse intercéda pour eux. Dieu lui dit de fabriquer un serpent d’airain et d’instruire le peuple que, malgré la morsure mortelle, ceux qui regarderaient en direction du serpent vivraient.  Nicodème connaissait bien cette histoire et fut invité à comprendre avec nous que la foi en Jésus est la solution pour être pardonné par Dieu de nos propres révoltes contre lui, cette révolte étant nos péchés.

Ce n’est pas sur la base louable d’une vie qui consisterait à servir Dieu comme leader spirituel ou comme chrétien engagé dans nos milieux professionnel et social que nous construisons peu à peu les fondements d’une présence éternelle auprès de Dieu. Non ! Au contraire, c’est sur la base de notre regard vers Jésus mort en croix pour nous que nous établissions et entretenions une saine relation avec Dieu grâce au sacrifice unique de Jésus.

Considérant l’entretien de Jésus avec Nicodème (Jean 3:1-21) à la lumière du récit de la révolte en Israël et du serpent d’airain (Nombres 21:1-9), l’on est mieux en mesure de saisir l’importance des passages de 1 Jean qui abordent ce genre de questions :

1 Jean 2:1-2 :

Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.

1 Jean 3:16 :

Nous avons connu l’amour en ce qu’il a donné sa vie pour nous; nous aussi nous devons donner notre vie pour les frères.

Mais, pour savoir si l’on a ou pas la vie éternelle, il ne suffit pas de rencontrer les deux premières conditions présentées jusqu’ici, à savoir de s’être mis à l’écoute du message des apôtres et d’avoir compris en quoi consiste le salut en Jésus-Christ par la foi en lui au point d’être certain qu’on s’est véritablement approprié l’amour de Dieu en Jésus. Une troisième condition est encore requise : vivre dans et par la confiance en cet amour.

3. Troisième condition (1 Jean 4:16-21 et 3:16-24) :
vivre dans la confiance en l’amour de Dieu pour nous

Vivre dans et par la confiance en cet amour de Dieu envers nous et envers les nôtres est l’ultime condition nécessaire pour savoir si l’on a ou pas la vie éternelle. La portée de cette condition transcende la question de certitude et permet d’évaluer si l’on a la vie éternelle. Je veux dire par là qu’il est possible d’être un chrétien authentique et donc de jouir des promesses faites par Dieu concernant la vie éternelle pour ceux qui croient, et d’en douter, par exemple, lorsque nous traversons une crise spirituelle, ou devant une mort imminente; mais il est aussi possible de se croire sur la voie de l’éternité tout en n’y étant pas du tout.

L’apôtre Jean peut nous aider à réfléchir à la question : suis-je véritablement un disciple de Jésus ou si ma profession de foi chrétienne est une illusion vide de substance ? Nous l’avons vu dans le cadre de la première des trois conditions pour savoir si l’on a la vie éternelle ou pas, il existe une condition pour distinguer le vrai du faux concernant la foi. Cette condition consiste à se mettre à l’écoute du message des apôtres (1 Jean 2:24, 27; 4:6; 5:13) concernant qui est Jésus et ce qu’Il est venu faire sur la terre pour nous. Cela peut conduire à comprendre ce que nous avons identifié comme une seconde condition pour savoir si l’on a la vie éternelle : s’approprier l’amour de Dieu en Jésus mort pour nous.

Si ces deux conditions sont rencontrées, elles produiront un certain mode de vie et de pratique, lesquelles peuvent être exprimées sous forme d’une troisième condition : vivre dans la confiance en l’amour de Dieu pour nous et pour toutes les personnes qui nous tiennent à cœur ou que nous côtoyons dans nos milieux professionnels ou ecclésiaux. Nous lisons ce qui suit en 1 Jean 4:16 : « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru », ce qui pourrait aussi être traduit par : « Nous savons combien Dieu nous aime et nous avons placé notre confiance en son amour » (**). Notre confiance en l’amour que Dieu a envers nous et envers tous ceux qui nous tiennent à cœur me paraît se situer à la base de toute capacité concrète d’agir dans l’amour comme Dieu le demande.

Quelques précisions s’imposent pour bien comprendre de quoi il est question : la première concerne le lien entre l’amour, la haine et la foi authentique en Jésus-Christ; la seconde, les manquements à l’amour dans le contexte de notre progression dans la foi chrétienne ; la dernière, comme notre salut, la pratique de l’amour résulte du travail de l’Esprit en nous.

3.1. L’amour, la haine et la foi chrétienne authentique

Plusieurs s’entendent pour détecter, dans la première épître de Jean, trois tests concernant la réalité de la foi d’une personne qui dit être chrétienne : (1) une sincère et profonde conviction concernant qui est Jésus-Christ et pourquoi il a vécu et est mort; (2) l’obéissance à la Parole de Dieu et (3) l’amour pour les frères et sœurs. C’est de ce troisième test dont il est question ici; notre capacité d’aimer découlant de notre confiance en l’amour de Dieu. Examinons ce troisième test d’un peu plus près. Jean écrit :

1 Jean 4 : 7-12

v. 7 – Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

v. 8 – Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

v. 9 – L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.

v. 10 – Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimé et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.

v. 11 – Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.

v. 12 – Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous.

Nous voyons que les versets 9 et 10 de l’extrait ci-dessus ont déjà été cités dans le contexte de la deuxième condition pour savoir si l’on a la vie éternelle : s’approprier l’amour de Dieu manifesté en Jésus mort sur la croix pour nous. Or ces versets font partie d’un argumentaire visant à démontrer qu’il est inconcevable qu’une personne puisse s’être approprié l’amour de Dieu en Jésus pour lui-même sans que sa vie soit caractérisée par l’amour envers les autres chrétiens (v. 7 à 12).

Les versets 19 à 21 précisent dans une logique d’argumentation comparable à celle des v. 7 à 12 qu’il est impossible qu’une personne qui cultive des attitudes haineuses envers les chrétiens se soit approprié en vérité l’amour de Dieu pour elle en Jésus-Christ :

1 Jean 4:19-21

v. 19 – Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier.

v. 20 –  Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas?

v. 21 – Et nous avons de lui ce commandement: Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

Sans cette capacité d’aimer les frères, nul n’a le droit de se considérer en communion avec Dieu (1 Jean 4:19-21; 1 Jean 1:3) , puisque ses attitudes de cœur et sa conduite envers les frères constituent une preuve qu’il ne vit pas dans la confiance en l’amour de Dieu. À l’opposé, l’amour pour les frères constitue un facteur utilisé par l’Esprit de Dieu pour nous rassurer devant Dieu quant à son approbation à notre égard (1 Jean 4:17-19; 3:18-21).

3.2. Les manquements à l’amour et la progression dans la foi chrétienne

Il importe toutefois de ne pas confondre les conduites caractérisées par la haine avec les manquements à l’amour qui font partie de la vie de tous les enfants de Dieu par moments. N’allons pas nous imaginer que nous pouvons vivre sans transgresser le commandement du Seigneur d’aimer les frères. Marchons dans la lumière, mais lorsque nous nous écartons de cette voie, confessons-nous et acceptons le pardon en Jésus (1 Jean 1:5-10; 2:1-2).

De plus, ne perdons pas de vue qu’il est normal dans la vie chrétienne de traverser des étapes de croissance. Nous débutons tous comme des petits enfants et nous progressons jusqu’à atteindre divers stades de maturité (1 Jean 2:12-14) :

Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom. Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous avez connu le Père. Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin.

Nous entrons dans la vie chrétienne comme les enfants du passage ci-dessus, sachant que nous sommes pardonnés, mais nous devenons des jeunes gens, dans la mesure où la parole habite en nous et que nous lui obéissons dans la durée. Puis, nous devenons des pères : des gens qui répondent aux besoins des autres, comme les parents le font pour leurs enfants.

Que nous n’entrions pas dans la vie chrétienne entièrement formés, mais que nous devions croître vers la maturité par un processus de formation continue tout au long de notre vie est exprimé de manière plus explicite encore et très concrète en 2 Pierre 1:5-7 :

Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour.

Puisque l’amour est mentionné en dernier lieu dans ce passage de Pierre, ne se pourrait-il pas qu’il soit considéré comme l’aboutissement ultime d’une démarche de foi authentique ? Quoi qu’il en soit, je peux attester que, dans mes premières années de vie chrétienne, il m’était beaucoup plus difficile que maintenant de conserver une attitude d’amour. La première épître de Jean me paraissait, à cette époque lointaine, hors de ma portée. Aujourd’hui, cette même épître est pour moi une source d’encouragement et un guide.

3.3. La pratique de l’amour résulte du travail de l’Esprit de Dieu en nous

J’ai mentionné déjà dans cet article la part essentielle de l’Esprit de Dieu en nous pour que nous soyons en mesure de vivre comme Dieu nous le demande et d’aimer nos frères. Je voudrais revenir sur ce point précis et l’appliquer à tout ce que j’ai dit jusqu’à maintenant.

Cet article puise abondamment en 1 Jean 4. Considérons maintenant la contribution du texte qui précède immédiatement ce chapitre. Regardons d’abord 1 Jean 3:24 :

Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui; et nous connaissons qu’il demeure en nous par l’Esprit qu’il nous a donné.

Rappelons qu’il n’y avait pas de chapitres ni de versets dans le texte original de la Bible.  Jean enchaîne immédiatement et sans autre transition avec 1 Jean 4:1 comme suit :

Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

Le texte avant 1 Jean 3:24 est aussi éclairant que le texte qui suit 1 Jean 4:1 pour nous aider à distinguer le vrai du faux concernant la vie éternelle.  1 Jean 3:16-24 met l’accent sur la pratique concrète de ceux qui ont l’Esprit, 1 Jean 4:1-6 sur leur déclaration de foi : sans le travail de l’Esprit en nous, impossible d’être pleinement convaincu que Jésus est véritablement celui qu’il a affirmé être et que les apôtres nous ont enseigné (1 Jean 4:1-6); sans ce travail de l’Esprit, impossible d’obéir à Dieu et d’aimer les frères (1 Jean 3:16-24). C’est également grâce au travail de l’Esprit en nous que nous pouvons rassurer nos cœurs devant Dieu lorsque nous nous rendons compte que nous aimons nos frères (1 Jean 3:19).

Que faire donc si nous ne parvenons pas à croire en Dieu ? Certains m’ont déjà dit : « tu es bien chanceux de croire comme tu le fais, pour ma part, je n’ai pas reçu le don de la foi ». Mes amis, si nous ne parvenons pas à être convaincus jusqu’au fond de nos entrailles que Jésus est bien celui qu’il a affirmé être, demandons-lui d’œuvrer en nous par son Esprit. La même solution s’applique pour ceux d’entre nous qui croient que Jésus est leur Sauveur et qui admettent de faire de lui leur Seigneur. Si nous ne parvenons pas à aimer nos frères, demandons-Lui qu’Il éclaire notre compréhension et notre conduite par son Esprit en nous.

En conclusion : ma prière à Dieu pour ceux qui lisent cet article

Je prie que Dieu utilise cet article pour susciter un regain de motivation chez les lecteurs afin qu’ils se mettent à l’écoute des textes bibliques et y discernent les fondements nécessaires pour distinguer le vrai du faux concernant la vie éternelle.

Quant à ceux qui sont déjà très au fait des textes bibliques, mais dont les attitudes sont contraires à l’amour auquel le Seigneur et ses apôtres nous invitent, je prie que Dieu leur accorde, par son Esprit, la repentance à salut et le fruit d’une vie qui plaise à Dieu.

Puis, pour ceux qui ont reçu l’Esprit et appartiennent véritablement à Christ, mais qui ont du mal à jouir de l’assurance de n’avoir rien à craindre du jugement de Dieu, je prie qu’ils mettent leur confiance en l’amour de Dieu et se rappellent ce qui est écrit en 1 Jean 5:13 :

Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.

Seigneur, puisses-tu, agir ainsi en faveur de ceux qui lisent cet article ! Merci mon Dieu !

N’hésitez pas à participer au forum chrétien la Rencontre, une communauté de dialogue à propos de la foi chrétienne, dont la mission prolonge celle de Savoir et croire .ca.

Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité : les 2 juin 2016 et 1er et 11 mai 2017.

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* Sauf indication contraire, les citations bibliques sont tirées
de la Nouvelle édition de Genève, © Société biblique de Genève, 1979.

** ma traduction de 1 Jn 4:16 inspirée de la NTV et renforcée par la NLT.
– Santa Biblia, Nueva Traducción Viviente (NTV),
© Tyndale House Foundation, 2010 : « Nosotros sabemos cuánto nos ama Dios y hemos puesto nuestra confianza en su amor »;
– la traduction française intégrée au texte principal du présent article est de moi : « Nous  savons combien Dieu nous aime et nous avons placé notre confiance en son amour ».
– Holy Bible, New Living Translation (NLT),
© Tyndale House Foundation, 1996, 2004, 2007 : « We know how much God loves us, and we have put our trust in his love ».