Se savoir aimé de Dieu : la clé pour aimer autrui

Mon ministère pastoral portait fruit. Mon enseignement biblique était apprécié de la part des membres de mon église et des étudiants à qui j’enseignais un cours sur les particularités de ma famille d’églises, un autre sur l’initiation d’autrui à la foi chrétienne.

Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ?
N’a-t-elle pas compassion du fils qui est sorti de son ventre ?
Même si elle l’oubliait,
moi je ne t’oublierai jamais. (Ésaïe 49.15, Seg 21)

Par contre, les transformations spirituelles tant espérées continuaient de me paraître plutôt inaccessibles. Je ne comprenais pas que Dieu bénisse mes activités ministérielles et réponde à mes besoins matériels, sans apparemment agir dans l’intimité de mon âme comme je souhaitais tant qu’Il le fasse – et ce de façon révolutionnaire. J’aspirais à plus !

Je puisai un grand encouragement d’une prière de l’apôtre Paul pour les Éphésiens, dans laquelle il me sembla trouver la réponse aux aspirations non comblées qui m’habitaient :

« À cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; étant enracinés et fondés dans l’amour, que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Éphésiens 3:14-21).

Je m’appropriai cette prière, la faisant mienne, considérant que je pouvais faire confiance à Dieu pour qu’il produise en moi la maturité que Paul demandait pour ceux à qui était destinée cette lettre. J’ai transformé ma compréhension en un message biblique présenté dans deux Églises locales du Québec et deux de l’Ontario entre novembre 1985 et août 1986. Le message s’intitulait Enfin… un homme de Dieu. J’insistais sur deux conditions essentielles pour celui qui tend vers la sainteté, ce que j’appelais « devenir un homme ou une femme de Dieu » : comprendre ce que Dieu peut et veut faire en lui ou en elle (Éphésiens 3:14-19); croire que Dieu le fera effectivement (Éphésiens 3:20-21).

Il me semblait que cette prière de Paul pour les Éphésiens devait être indicative d’une certaine compréhension de la volonté de Dieu non seulement envers les Éphésiens en particulier, mais aussi envers tous ceux qui croient, en tout lieu et en toute époque. Je croyais donc pouvoir appliquer à moi-même et à mes auditeurs les contenus de la prière de Paul comme s’il s’agissait de ce que Dieu peut et veut faire pour chacun d’entre nous.

Je voyais la nécessité de comprendre ce que Dieu peut faire pour nous comme fondé dans une meilleure connaissance de ce que nous pouvons attendre que Dieu nous donne (« Je fléchis les genoux afin qu’il vous donne… ») : sa force (« d’être puissamment fortifiés par son esprit dans l’homme intérieur »); sa communion (« en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi »), son amour (« étant enracinés et fondés dans l’amour »), sa personnalité (« que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu »).

Quant à croire que Dieu le ferait, deuxième partie structurale de ce sermon, je me fondais sur le connecteur grammatical « or » qui, selon l’exégèse que j’en avais faite de l’original grec, rattachait à la prière que Paul venait de faire pour les Éphésiens (Éphésiens 3:14-19) un rappel de la nature infinie du pouvoir de Dieu dans la vie des êtres humains (Éphésiens 3:20-21) : « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! ».

En particulier, je m’attendais de la part de Dieu, à ce qu’il produise en moi l’amour dont il était question en plein cœur de cette prière (Éphésiens 3:17-19) de Paul. Je me sentais défaillant dans la manifestation concrète de mon amour envers autrui et considérais transformatrice une pleine compréhension de la nature de l’amour de Dieu.

Quelques années plus tard, lorsque je partageai mon interprétation de ce texte des Écritures à une dame, celle-ci me fit remarquer que ce dont il était question dans ce passage biblique était avant tout de la compréhension de l’amour que Dieu a envers nous.

Ce n’est que vingt ans plus tard environ, soit en 2008, que j’ai été en mesure d’acquérir une compréhension fondée en expérience de cette interprétation qui m’avait initialement en très grande partie échappé, que l’amour que l’on a pour autrui passe par l’amour que Dieu a pour nous. La compréhension que l’on a de la première ne peut être dissociée de la compréhension que l’on a de la seconde. Le sentiment, voire la certitude, d’être aimé par Dieu constitue une source, pour ne pas dire une ressource, sans laquelle l’on ne peut aimer ceux qui nous entourent à la manière dont Dieu nous y invite. En somme, l‘amour de Christ qui « surpasse toute connaissance » (Éph. 3:19) à propos duquel Paul prie pour que nous en comprenions « la longueur, la profondeur et la hauteur » (Éph. 3:18) est celui manifesté par Dieu envers moi avant d’être celui que je manifeste envers autrui.

Il y a environ 30 ans, j’en étais venu à accorder plus de poids à ma difficulté de manifester l’amour de Dieu envers autrui que dans le fait que Dieu m’aime. Je crois aujourd’hui que cette dimension de ma spiritualité chrétienne a contribué à me donner l’impression de piétiner spirituellement, puis m’a éventuellement conduit à perde espoir pour un temps.

Cette manière de comprendre mon rapport à Dieu et aux autres fut brisée il y a environ dix ans, époque à partir de laquelle je ne voyais plus mes fautes comme sources de culpabilité, mais plutôt comme l’occasion de remercier Dieu immédiatement parce que Sa grâce envers moi était plus grande et plus importante que n’importe lequel de mes écarts entre ce que je savais être bien et ce que je faisais effectivement. Cette dimension du message du salut, en Jésus Christ, par la foi seule, peut aussi être compris comme une invitation au courage d’accepter d’être accepté malgré que l’on se sache inacceptable.

Depuis le 30 mai 2017, cet article est également publié sur le Journal Chrétien. Il s’agit d’une adaptation de Dieu et moi – Essai autobiographique, p. 12-15, accessible sous Formation par l’autobiographie à la section Apprendre du site Savoir et croire .ca.

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Ce que j’entends par « Je suis chrétien »

Être chrétien? Qu’est-ce que j’entends quand je dis : « Je suis chrétien » ? Le plus brièvement possible, être chrétien signifie pour moi entre autres choses croire que la Bible est la Parole de Dieu, reconnaître que je suis pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort. Mais par dessus tout, lorsque je dis « je suis chrétien », j’entends par là que je fais confiance au Seigneur Jésus-Christ pour avoir accompli pour moi tout ce qu’il faut pour que je puisse me présenter devant Dieu sans honte ni crainte au jour du jugement, car c’est par Lui, Jésus, c’est par sa mort et sa résurrection, que sont assurées les promesses de Dieu.

Nous étions tous comme des brebis égarées :
chacun suivait sa propre voie,
et l’Eternel a fait retomber sur lui
nos fautes à tous. (Ésaïe 53.6, Segond 21)

Chaque fois que je dis « je suis chrétien » je réaffirme toutes ces choses que je viens juste de mentionner et j’en sous-entend bien d’autres encore. L’une d’entre elles consiste dans un choix personnel : celui de faire confiance à celui qui m’a aimé au point de donner sa vie pour moi; le choix de placer en Lui ma confiance pour mon sort éternel devant Dieu, comme aussi le choix de placer en Lui ma confiance pour les petites choses de ma vie. Quelle merveille de me savoir aimé, guidé, protégé et accompagné en tout ce que je fais !

J’ai entendu parler de l’Évangile seulement une fois devenu adulte et sorti du Québec pour travailler et voyager dans les provinces anglaises du Canada : l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, de 1970 à 1975 environ.

Il a fallu plusieurs années avant que je me décide à rendre ma vie conforme à ce qu’enseignent les Écritures et à commencer à marcher avec Dieu pour de bon, en 1977. Il m’a été facile de croire que la Bible était la Parole de Dieu, de reconnaître que j’étais pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, puis d’admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix pour moi, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort.

Le plus dur a été de prendre ma décision de changer de manière de vivre afin d’obéir le mieux possible à ce que Dieu enseigne dans les Écritures. Une fois cette étape franchie, le reste en était la conséquence naturelle, plus précisément, la conséquence spirituelle. J’ai eu le bonheur de fréquenter une Église locale Évangélique où l’on enseignait les Écritures et encourageait les croyants à servir Christ en témoignant de notre foi, en développant nos dons spirituels et en participant aux ministères de l’Église.

Il y a eu bien des épreuves depuis, ainsi que des périodes de découragement. Aujourd’hui quand je commets un péché, au lieu d’en être surpris, je me réjouis de savoir que c’est pour des pécheurs comme moi que Jésus a donné sa vie. J’ai fini par me rendre compte avec le temps que ce qui importe n’est pas que je puisse être fier du type de personne chrétienne que je suis, mais que je sois fier de la sorte de Sauveur à qui je dois mon entrée dans la famille de Dieu.

J’ai composé ce court témoignage de ma foi chrétienne lorsque, le 9 décembre 2014, je me suis présenté sur le Forum Chrétien la Source d’eau vive – Forum Chrétien Protestant de soutien et de partage, sous Se présenter pour mieux se connaître et Bonjour de Québec. Il a été légèrement ajusté ici surtout pour en lever les ambiguïtés.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité les 7 février et 23 juillet 2018.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Mon parcours de foi chrétienne, lorsque j’y repense aujourd’hui, peut être considéré sous l’angle d’une d’une fusion des horizons, d’une rencontre du passé, du présent et du futur.

Qu’est-ce que l’homme pour que tu prennes soin de lui (Psaume 8.5) ?

Le passé

Trois événements marquants viennent ponctuer le passé. Premièrement, À compter de 1970, des témoins de Jésus m’ont appris que Dieu m’offrait le salut éternel en son Fils, m’invitant à vérifier leurs dire à même les textes de la Parole de Dieu. Ensuite, en 1977, après une longue résistance de ma part, j’ai enfin choisi de me détourner d’un style de vie qui ne s’accordait pas avec celui auquel Dieu m’invitait et à m’engager à vivre comme Dieu le demandait, au meilleur de mes capacités. Mais il m’a fallu 30 années de plus pour enfin parvenir, depuis 2008, à vivre ma vie chrétienne en sachant intimement que je suis pardonné et aimé par mon Sauveur au quotidien.

Le présent

Que dire du présent ? Il est construit sur le passé, sans lequel ma vie serait tout autre. Je suis donc reconnaissant au Seigneur, même pour les périodes qui m’ont parues les plus sombres de mon existence, qu’il s’agisse de celles d’avant ou d’après ma conversion.

Toujours, Dieu était là. Il veillait sur moi. Il me guidait. Il respectait mes refus. Car Dieu ne s’impose pas à nous. Au contraire, Il nous invite, puis Il attend que nous soyons prêts. Dans le passé, Dieu m’a attendu. Dans le présent, il ne me bouscule pas, mais attend que je sois prêt à entrer toujours de plus en plus pleinement dans l’amour qu’Il a pour moi. Car tout part de là : la compréhension que nous avons de l’amour de Dieu pour nous.

Le futur

Au moment où j’écris le présent article pour célébrer Dieu publiquement par un témoignage concernant une ou deux dimensions de mon parcours chrétiens, c’est en fait dans le futur que je me projette. Qu’est-ce que je veux accomplir par cet article ? Mes intentions lorsque je travaille à préparer n’importe quel texte constituent une forme de regard vers le futur, car je travaille aujourd’hui sur ce qui prendra vie demain.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Partager mon parcours de foi est pour moi une occasion de célébrer Dieu publiquement. La préparation requise pour cette célébration me conduit à réfléchir à la trace du passé dans mon présent et à me projeter avec espoir vers un futur encore incertain.

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Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
le 7 février 2018

Fan ou disciple de Christ ?

Fan ou disciple de Christ ? Il y a une grande différence entre un «fan» qui clique «j’aime» sur un article d’un média social avec lequel il se sent en affinité et l’engagement qui caractérise le disciple de Christ. La question « suis-je fan ou disciple de Christ?» gagne à être posée à la première personne par tout lecteur du présent article.

Celui qui offre en sacrifice sa reconnaissance m’honore (Psaume 50.23, Segond 21)

Il faut en effet éviter à tout prix de confondre l’engouement momentané d’une interaction sur réseau social avec l’engagement personnel qui caractérise le disciple de Christ. Prenons au sérieux la mise en garde des Écritures et ne soyons pas parmi ceux de qui un prophète de Dieu pourrait dire comme l’a fait Ézéchiel : «Tu es pour eux comme un chanteur enthousiasmant, doté d’une belle voix et jouant bien de son instrument : ils écoutent tes paroles et ils ne les mettent pas en pratique» (Ézéchiel 33.32, Segond 21).

Mais la voie de l’engagement chrétien authentique et sincère comporte aussi son lot de malentendus. La confiance en Christ constitue la clé de voûte de la vie vécue pour Dieu. Cette confiance s’exprime par une conviction qu’il veille sur nous malgré les circonstances parfois difficiles de nos vies et par la reconnaissance de ses bienfaits envers nous. Elle s’exprime encore par une manière de vivre empreinte du désir de lui plaire. Et comment savoir ce qui plaît ou non au Seigneur ? En apprenant à le connaître par ce qu’Il a révélé le concernant dans Sa Parole et en mettant tout en oeuvre pour y modeler nos vies.

L’article original en anglais – Follower or Fan of Christ? – fournit le contexte dans lequel ce thème a été pensé ainsi qu’une réflexion plus élaborée sur ce même thème.

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Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
Le 20 juin 2018

Témoignage et formation

Vous vous intéressez aux diverses formes d’expression que peut prendre le témoignage chrétien ? Le présent site dans son ensemble peut être vu comme incarnant plusieurs formes d’un seul et même témoignage chrétien, un témoignage rendu parfois directement, parfois indirectement. Dans bien des cas, le travaille exigé par la rédaction d’une forme ou d’une autre de témoignage chrétien contribue à la formation de l’auteur.

Tu me fais connaître le sentier de la vie; il y a d’abondantes joies en ta présence (Psaume 16.11)

Voici quelques exemples de mon témoignage, sous des angles distincts, tantôt en français seulement, tantôt soit en anglais soit en espagnol non retraduit vers le français :

D’autres présentations thématiques constituent aussi des aspects de mon témoignage chrétien produits dans des contextes précis et rendus accessibles sur les pages de www.savoiretcroire.ca. Ils contribuent à faire le lien entre le récit de vie ou récit autobiographique et la formation qui peut en découler pour auteur et lecteurs :

La page du présent site initialement intitulée Formation par l’autobiographie établit le fait qu’il soit possible d’avoir recours à diverses formes d’autobiographies ou de récits de vie pour développer des connaissances et pour contribuer à la formation des auteurs comme des lecteurs. La présente page quant à elle, applique ces mêmes notions au partage de la foi chrétienne à travers les diverses formes de témoignages présentés ici et auxquels s’en ajoutent régulièrement de nouveaux, sous Articles disponibles en français.

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Daniel Garneau, B Th, B Com, MA
(Mémoire de maîtrise fondé sur une méthodologie d’autobiographie en formation)
Cet article a été mis à jour : en mai 2016, mai 2017 et juin 2018.