Aimez-vous Dieu de tout votre coeur ?

« Aimez-vous Dieu de tout votre cœur ? ». L’on peut répondre à cette question de façon sentimentale, sans trop s’y arrêter, ou au contraire, se dire que nul n’aime vraiment Dieu de tout son cœur, d’une manière indéfectible et sans limites, et qu’il est donc impossible de répondre à ce genre de question. Mais il s’agit d’une question très importante. Je l’ai donc décortiquée en questions complémentaires pour m’aider à réfléchir à ce que signifie aimer Dieu ainsi et ce que cela implique dans ma vie :

1. Comment peut-on savoir si l’on aime Dieu ?
2. Que signifie aimer Dieu de tout son cœur ?
3. Quelles sortes d’obstacles peuvent nous empêcher d’aimer Dieu de tout notre cœur ?
4. Quel changement pourrait être apporté à notre vie pour mieux aimer notre Dieu ?
5. De quelles ressources disposons-nous pour accroître notre amour envers Dieu ?

1. Comment savoir si l’on aime Dieu ?

Regardons ensemble quelques passages bibliques et leur contexte pour comprendre d’abord quelles pourraient être des indices dans nos vies qui nous aideraient à déterminer si nous aimons Dieu ou pas.

Le passage biblique à la base du questionnement d’aujourd’hui se lit comme suit « Ecoute, Israël, l’Eternel est notre Dieu, il est le seul Eternel. Tu aimeras l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Que ces commandements que je te donne aujourd’hui restent gravés dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants et tu en parleras chez toi dans ta maison, et quand tu marcheras sur la route, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Qu’ils soient attachés comme un signe sur ta main et comme une marque sur ton front. Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur les montants de tes portes » (Deutéronome 6 v. 4-5, Semeur).

J’ai relu à quelques reprises le chapitre 6 du Deutéronome pour m’aider à identifier en quoi consiste cet amour envers Dieu qui nous est demandé de Sa part. En mes mots, aimer Dieu consiste à s’imprégner de Sa Parole révélée afin d’être en mesure de vivre comme il souhaite que nous vivions dans les différentes circonstances de nos vies, puis que nous transmettions ce savoir à nos enfants et à leurs enfants. Il se dégage aussi de ce chapitre le principe suivant : si nous aimons Dieu, nous nous porterons mieux.

Le pays dans lequel entrerait sous peu le peuple était rempli de divinités mensongères qui offriraient beaucoup de promesses illusoires. Mais, comme dans une relation conjugale, Dieu désirait l’exclusivité.

Il y aurait de nombreuses pistes d’égarement en compétition directe avec Dieu. Ces voies seraient des chemins de mort offrant des solutions mensongères. Dieu tenait à ce que l’allégeance du peuple envers Lui ne soit pas divisée, que l’affection et la confiance du peuple soient dirigées vers Lui et non vers autre chose. À toutes les époques et dans tous les contextes, le peuple de Dieu doit choisir de s’en remettre à son Dieu et de Lui faire confiance dans toutes les sphères de sa vie. Les choix que nous faisons à cet égard sont des indicateurs de l’amour que nous avons ou n’avons pas envers Dieu.

Jésus a repris ce passage du Deutéronome pour répondre à des questions piégées que lui posaient des leaders religieux en Israël. Matthieu chapitre 22 est un bon exemple de ceci. Après avoir répondu à deux questions pièges, sans que l’on puisse lui reprocher quoi que ce soit, un pharisien et enseignant de la loi « voulut lui tendre un piège » de plus (v 35) et lui demanda : «Maître, quel est, dans la Loi, le commandement le plus grand?» Ce à quoi Jésus répond : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le commandement le plus grand et le plus important. Et il y en a un second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’enseignent la Loi et les prophètes est contenu dans ces deux commandements » (v 37-39). Cette réponse de Jésus à un enseignant pharisien nous apprend qu’aimer Dieu implique aimer son prochain.

Dans le récit de Luc d’un événement semblable où des chefs religieux tentaient par tous les moyens possibles de piéger Jésus, après qu’il eut répondu essentiellement comme nous venons de le voir en Matthieu, nous lisons ceci : « L’enseignant de la Loi, voulant se donner raison, reprit : — Oui, mais qui donc est mon prochain ? C’est en réponse à cette question que Jésus a donné la parabole du Samaritain, c’est-à-dire un exemple très concret du fait qu’aimer Dieu conduit nécessairement à aimer son prochain.

Nous lisons cet autre passage de la plume de l’apôtre Jean qui va dans le même sens : « Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connait Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4 v. 8, Semeur).

2. Que signifie aimer Dieu de tout son cœur ?

Tout d’abord un mot à propos du terme « cœur » à l’époque de l’Ancien et du Nouveau Testament : « Selon la conception biblique de l’homme, le cœur est le centre de la personnalité » (Bible d’étude, version Semeur 2000, éditions Excelsis 2005, note sur Matthieu 15 v. 18).

« Le terme hébreu qui désigne l’organe cardiaque est souvent employé de façon figurée ou métaphorique, mais avec un jeu de sens assez différent de celui auquel nous sommes habitués. S’il peut évoquer les sentiments […] et le courage […], comme le mot cœur en français, il ne faut pas l’entendre par opposition à « la raison », comme dans la célèbre formule de Pascal (« le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas »). Au contraire, il est souvent employé pour désigner l’intelligence même. Foncièrement, en effet, en hébreu le cœur représente ce qu’on pourrait appeler « l’intériorité » de l’homme […], sans distinction entre aspects émotionnel, sentimental ou intellectuel […] : c’est le lieu de la décision […]. […] Pour le Nouveau Testament, c’est dans le cœur, à savoir l’intériorité de l’homme comme lieu de sa décision éthique, que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre […] » (La Nouvelle Bible Segond, édition d’étude, p. 1701-1702).

« Le terme [hébreu et grec traduit par cœur] désigne le centre d’une chose (Dt 4.11; Jon 2.3; Mt 12.40). Les renvois à l’organe physique sont rares et peu spécifiques […]. Les Hébreux adoptaient la perspective de l’expérience subjective plutôt que celle de l’observation scientifique objective et avaient l’habitude de concevoir l’être humain comme entité comprenant l’ensemble de ses attributs physiques, psychiques et mentaux. Le cœur était considéré comme le centre directeur de tous ces attributs. C’est lui qui fait d’un être humain ou d’un animal ce qu’il est et motive tout ce qu’il fait (Pr 4.23). Les notions de caractère, personnalité, volonté et intelligence sont des notions modernes, qui reflètent chacune une partie du ses du mot « cœur » dans son usage biblique […] » « B.O. Banwell, « Cœur », dans Le Grand Dictionnaire de la Bible, p. 336, Excelsis, 2010).

Que nous apprend la formulation biblique elle-même sur ce que signifie aimer Dieu de tout notre cœur ?

  • « Tu aimeras l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6 v 5, Semeur).
  • « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le commandement le plus grand et le plus important » (Matthieu 22 v 37-38, Semeur).
  • « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton énergie et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même » (Lc 10 v 27, Semeur).
  • « […] tu aimeras donc le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ton énergie » (Marc 12 v. 30, Semeur).

« Ce sont toutes là des façons de dire qu’il nous faut aimer Dieu au plus haut degré possible avec tout ce qu’il y a en nous et avec toute la puissance de chacun des aspects ci-dessus formant un tout indivisible » (traduction libre de W. Robertson Nicoll, The Expositor’s Greek Testament, 1912, Volume I, p. 424-425).

Notons au passage que notre amour pour Dieu est fondée dans notre force pas celle du voisin, si donc nous sommes doué par Dieu pour accomplir des tâches pratiques, ce sera l’un des mécanismes par lequel nous manifesterons notre amour pour Dieu, si nous sommes doué pour l’enseignement, c’est à travers une pratique d’enseignement que nous pourrons manifester notre amour pour Dieu. Mais Dieu ne demande à personne de l’aimer avec les caractéristiques, dons ou talents qu’il ou elle n’a pas.

3. Qu’est-ce qui nous empêche d’aimer Dieu ?

Le récit fait par Marc peut nous aider à jeter un peu de lumière sur un exemple d’obstacle empêchant les être humains d’aimer Dieu de tout leur cœur. En Marc 12 v. 28-34 (veuillez le lire), le spécialiste de la loi qui pose la question à Jésus semble recevoir la réponse et la comprendre lorsqu’il reconnaît que ce que Jésus vient de lui dire est plus important que tous les rituels religieux auquel il s’attachait lui-même.

Par voie de contraste, la réaction d’un autre pharisien à ce même enseignement de Jésus sur l’amour est de tenter de se justifier (Lc 10 v. 29, LSG), c’est-à-dire de se donner raison (Lc 10 v. 29, Semeur). De quelle façon? en posant une question supplémentaire :« Oui, mais qui donc est mon prochain ».

Plusieurs des hommes que l’on retrouve en interaction avec Jésus dans les Évangiles ont endurci leur cœur. Ils se sont enfermés dans ce qu’ils veulent croire et refusent de se laisser interpeller par les propos ou les œuvres miraculeuses de Jésus. C’est à un point tel qu’après la résurrection de Lazare, en plus de refuser de se tourner vers Dieu, les chefs religieux décident d’un commun accord de tuer non seulement Jésus, mais également Lazare, parce qu’à cause de lui des gens se tournaient vers Jésus.

Plus près de nous se trouvent l’exemple des gens qui s’inquiètent de ce que d’autres penseront d’eux plus qu’ils ne s’inquiètent de ce que Dieu pense à leur sujet, cela peut s’avérer un obstacle nous empêchant d’aimer Dieu de tout notre cœur ou limitant l’étendue de notre amour envers Dieu.

4. Que changer pour mieux aimer Dieu ?

Lorsque l’on se trouve devant un problème qui nous semble insurmontable, l’on a une décision à prendre : vais-je me concentrer sur le problème ou me tourner vers Dieu avec celui-ci ? L’on peut comparer le choix de rester fixé sur le problème à une personne courbée vers le sol, tandis que le choix de s’en remettre à Dieu avec une difficulté consiste à tourner vers Lui le regard. Une autre image m’aide beaucoup et vient compléter la première : c’est vers le visage de Dieu et non vers ses mains que nous devons tourner notre regard. Autrement dit, je ne dois pas me tourner vers Dieu dans l’unique but de lui voir résoudre les situations compliquées de ma vie, mais dans l’intention de Le rencontrer Lui.

Pour ma part, cette étude me conduit à choisir de tourner le regard vers le Seigneur à chaque fois que ma pensée est attirée vers une certaine difficulté bien précise que j’expérimente en ce moment. Ce qui me conduit à vous demander si vous êtes présentement engagés dans la vie d’une personne courbée vers le sol vers les préoccupations qui l’habitent ? Se peut-il que parfois nous soyons portés à nous courber nous-mêmes vers le sol, affectés par l’attitude courbée d’une personne que l’on arrive pas à aider ? Rappelons-nous que le Dieu qui nous aime et qui aime aussi cette personne est témoin de tout cela. Il voit notre désarroi et ne nous abandonne pas à nous-même dans cette situation, loin de là !

5. De quelles ressources disposons-nous ?

Cette question me ramène à Deutéronome 6, le passage de l’Ancien Testament où il est dit d’aimer Dieu de tout notre cœur, passage qui est repris par Jésus en réponse aux questions piégées des chefs.

Connaître et méditer la Parole révélée de Dieu est central à Deutéronome 6, passage sur lequel se fonde le plus important des commandements. S’imprégner de la Sainte Parole de Dieu dans le but explicite d’entrer en relation avec Dieu est une des clés pour grandir dans notre amour pour Dieu.

Nous y apprenons, par exemple, que Dieu n’est pas un être lointain, distant ou impersonnel, mais au contraire qu’il interagit de manière personnelle avec chacun et que ses interventions – parfois miraculeuses, parfois providentielles — sont adaptées à leurs besoins (Henry T. Blakaby et Claude V. King, Votre expérience personnelle avec Dieu, p. 61 à 64, selon mon interprétation et adaptation libres).

En fréquentant assidûment la Parole de Dieu, nous apprenons à faire nôtres de nombreuses promesses et découvrons peu à peu des vérités qui bâtissent notre être intérieur et qui font de nous des personnes transformées à l’image de Christ. Considérons, par exemple, le passage suivant :

« Ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. En effet, vous n’avez pas reçu un Esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la crainte : non, vous avez reçu l’Esprit qui fait de vous des fils adoptifs de Dieu. Car c’est par cet Esprit que nous crions : Abba, c’est-à-dire « Père » ! L’Esprit lui-même et notre esprit nous témoignent ensemble que nous sommes enfants de Dieu. Et puisque nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et donc cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour avoir part à sa gloire » (Romains 8 v. 14-17, Semeur).

Ce témoignage intérieur de l’Esprit de Dieu envers notre esprit augmente notre amour pour Dieu. Il nous prête assistance pour que nous comprenions la grandeur de l’amour de Dieu à notre égard et nous aide à répondre à cet amour par notre amour envers lui, jamais parfait, mais toujours en mouvement. Parfois ce mouvement en est un de croissance vers un plus grand amour envers Dieu, mais parfois aussi il nous arrive de stagner ou de régresser. C’est ici qu’il importe par-dessus tout de se savoir aimé de Dieu, de revenir à ce que nous apprennent les Écritures concernant notre identité en Christ : nous sommes fils, notre appartenance au Père est indissoluble car c’est Lui qui nous a aimé le premier et il nous garde.

Bref, notre amour pour Dieu est très dépendant de notre compréhension de l’amour que Dieu a pour nous. Plus nous comprenons et expérimentons l’amour de Dieu plus il nous est naturel d’y répondre. C’est une question que je ne me pose plus, parce que, je l’ai beaucoup fait dans le passé et cela m’emmenait à tourner mon regard vers moi-même, ce qui avait pour effet de me décourager beaucoup. Ma tendance maintenant est de regarder vers Dieu et d’être émerveillé par le fait qu’Il m’aime.

Voici une prière de l’apôtre Paul tout à fait appropriée pour conclure la présente réflexion :

« C’est pourquoi je me mets à genoux devant le Père, de qui dépendent comme d’un modèle, toutes les familles des cieux et de la terre. Je lui demande qu’il vous accorde, à la mesure de ses glorieuses richesses, d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans votre être intérieur. Que le Christ habite dans votre cœur par la foi. Enracinés et solidement fondés dans l’amour, vous serez ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui appartiennent à Dieu, combien l’amour du Christ est large, long, élevé et profond. Oui, vous serez à même de connaître cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître, et vous serez ainsi remplis de toute la plénitude de Dieu » (Éphésiens 3 v. 14-19, Semeur).

Daniel Garneau,
Québec, le 1er mars 2021

Dieu et les désastres dans nos vies

La pandémie de coronavirus nous déstabilise et bouleverse nos projets, mais elle soulève également des questions théologiques profondes : qui est à l’origine des grands malheurs qui nous frappent ? En effet, la lecture du livre de John Piper, qui vient tout juste d’être rendu disponible en français, Le coronavirus et le Christ? , a conduit un membre du groupe des seniors de l’Église vie abondante de Québec à poser cette question :

J’ai toujours cru que la maladie provenait de l’ennemi depuis le péché originel, donc ne viendrait pas de Dieu mais qu’Il le permettait. Mais le livre de Piper dit :

« le coronavirus a été envoyé par Dieu. C’est une saison amère et Dieu l’a ordonné. Dieu la gouverne. Il y mettra fin».  Donc j’étais dans l’erreur tout ce temps ?

Ma réponse porte sur les deux premiers de trois volets : les désastres dans nos vies en général; la compréhension de Joseph des désastres dans sa propre vie; la maladie comme un désastre parmi d’autres désastres dans nos vies et dans celles de tout être humain. Le troisième volet ne sera pas traité ici, mais pourrait être l’objet d’un article à part entière.  J’estime toutefois que le présent article peut fournir des éléments de contexte théologique à prendre en compte dans l’éventuelle formulation d’une réponse à la question posée.

Les désastres dans nos vies

Les désastres dans nos vies prennent diverses formes. Le plus souvent, bien peu de gens savent ce qui se passe réellement dans notre propre vie, car nous ne pouvons en parler. Les pires situations que nous vivons au plan personnel sont souvent de cette classe-là. Or lorsqu’une catastrophe touche la planète tout entière, comme la présente pandémie, tout le monde fait face à la même chose en même temps, nous pouvons librement en parler.

Mon attitude face à la pandémie du coronavirus est la même que pour les souffrances vécues à diverses périodes de ma vie et dont je ne pouvais parler qu’à un cercle restreint. Mon parcours vers la posture que j’adopte aujourd’hui est le résultat d’un cheminement qui n’a pas été rectiligne. Il y a eu des périodes de ma vie où les difficultés ou épreuves auxquelles je faisais face ne cadraient pas avec ma compréhension de la foi chrétienne.

Je ne comprenais pas pourquoi tout allait bien dans un domaine, mais mal dans un autre, alors qu’à mes yeux, Dieu aurait pu faire en sorte que tout aille bien pour moi partout, surtout que je croyais obéir à sa Parole et croyais lui faire confiance en toutes choses. J’ai traversé ces périodes en adoptant des postures de vie distinctes, dont voici un résumé :

Quatre mouvements ont caractérisé mon engagement chrétien au fil des ans : (1) d’abord, un espoir sans borne; (2) ensuite, une attitude d’exigence envers Dieu; (3) suivie d’un découragement profond face à moi-même; (4) puis, enfin, depuis 2008, une période d’intégration spirituelle où je goûte à la vie abondante.

C’est dans le cadre de ce dernier mouvement que j’ai appris à jouir du calme intérieur accessible à celles et ceux qui placent leur confiance dans le Seigneur Jésus-Christ (extrait de l’article intitulé La grâce de Dieu à l’oeuvre dans ma vie).

Ma réponse à la pandémie en cours résulte d’un parcours de vie où j’ai trouvé des réponses satisfaisantes à un certain nombre de questions sur qui est Dieu et comment il agit. Parmi ces réponses : je sais que Dieu m’aime; je sais qu’il aime mes proches; je sais qu’il aime tous les gens de mon entourage, même ceux qui me paraissent peu aimables; je sais qu’il aime tout autant les personnes qui contreviennent le plus sévèrement à ses voies. Je sais aussi qu’il est préférable de m’en remettre à Dieu dans une attitude de confiance plutôt que de chercher des explications rationnelles concernant les malheurs qui arrivent. Les deux livres suivant m’ont aidé à faire le point sur cette dernière dimension :

Keller et Piper se complètent dans leur manière d’aborder les difficultés qu’ils traitent.  Mais tous deux considèrent que le mal dans le monde n’est pas un accident dû au hasard. D’une manière mystérieuse, elles reflètent aussi la bonté, la justice et la grandeur de Dieu.  Lorsque nous avons mal, Dieu a mal. Dieu a choisi de souffrir en Christ sur la croix. Le plan de Dieu intègre la souffrance. Il a choisi cette voie plutôt que toute autre.

La compréhension de Joseph des désastres dans sa propre vie

Une belle illustration de cela se trouve dans la manière dont les traducteurs de la Bible du Semeur ont résolu les complexités du texte hébraïque pour Genèse 50.20.

Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux ( Genèse 50.20,Semeur).

Mais, direz-vous, comment se fait-il que la Bible que je lis habituellement ne semble pas  dire exactement la même chose ? À titre d’exemple, la traduction suivante :

Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Genèse 50.20, Segond 21).

Il est nécessaire de comprendre que le verbe projeter utilisé deux fois dans la traduction Semeur est le même verbe dans l’original de langue hébraïque. Le principe de traduction adopté par la Bible du Semeur permet d’ajouter par ce que vous avez fait pour mieux capturer l’intention du texte originel, alors que l’approche de traduction adoptée par Segond invite à faire le moins de modifications possibles au texte, ce qui, dans ce cas, consiste à utiliser un verbe différent pour la deuxième occurrence du même verbe, car « Dieu l’a projeté en bien » ne fait pas partie des options possibles en français écrit normal.

Le dilemme de traduction évoqué ci-dessus peut être résolu par une simple lecture suivi  du récit duquel est tiré le verset dont nous venons de parler, soit Genèse 37 à 50. Joseph était celui des fils de Jacob que son père préférait, aussi les frères de Joseph éprouvaient-ils de la haine à son égard. Après s’être demandé s’ils ne le tueraient pas, ils ont plutôt décidé de le vendre en esclavage à des égyptiens. Voici ce que Joseph dit de nombreuses années plus tard, lorsque ses frères se rendent en Égypte pour se procurer des vivres :

Il dit à ses frères :
—Je suis Joseph ! Mon père est-il encore en vie ?
Mais ses frères étaient incapables de lui répondre tant ils avaient peur de lui.
Alors Joseph leur dit :
—Venez près de moi !
Ils s’approchèrent.
—Je suis Joseph, leur dit-il, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Egypte. Et maintenant, ne vous tourmentez pas et ne vous accablez pas de remords de m’avoir vendu comme esclave. C’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. Car voici deux ans que la famine sévit dans ce pays et pendant cinq ans encore, il n’y aura ni labour ni moisson. Dieu m’a envoyé devant vous pour vous faire subsister sur la terre et vous garder la vie, par une très grande délivrance. C’est pourquoi ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu. Et il m’a élevé au rang de « Père pour le pharaon », faisant de moi le maître de toute sa cour et le dirigeant de toute l’Egypte. Retournez donc au plus vite auprès de mon père et dites-lui : « Ton fils Joseph te fait dire ceci : Dieu m’a établi maître de toute l’Egypte ; viens auprès de moi sans tarder (Gen 45.3-9, Semeur).

Puis, encore, quelques années plus tard, lorsque leur père Jacob est décédé :

Maintenant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent :
—Qui sait, peut-être Joseph se mettra à nous haïr et à nous rendre tout le mal que nous lui avons fait.
Alors ils lui envoyèrent un messager pour lui dire :
—Avant de mourir, ton père nous a donné cet ordre : « Vous demanderez à Joseph : Veuille, je te prie, pardonner le crime de tes frères et leur péché ; car ils t’ont fait beaucoup de mal. Oui, je te prie, pardonne maintenant la faute des serviteurs du Dieu de ton père. »
En recevant ce message, Joseph se mit à pleurer.
Ses frères vinrent en personne se jeter à ses pieds en disant :
—Nous sommes tes esclaves.
Mais Joseph leur dit :
—N’ayez aucune crainte ! Suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux (Genèse 50.15-20, Semeur).

La compréhension qu’a Joseph de ce qui est arrivé tout au long de sa vie intègre le mal qui lui a été fait par ses frères au plan souverain que Dieu avait pour lui. Il est clair aux yeux de Joseph que c’est Dieu qui est la cause ultime de son séjour en Égypte, non pas ses frères. Joseph ne fait pas semblant que ses frères n’ont rien fait de mal. Mais pour Joseph, leur méfait faisait partie de la manière dont Dieu a agi pour produire un bienfait inattendu.

En conclusion : la maladie ne fait-elle pas partie des désastres ?

Bien que je n’ai pas abordé directement la question posée au début du présent article concernant la source ultime de la maladie. Je le soumets à titre de cadre général d’interprétation théologique à prendre en considération dans une réflexion sur la maladie et la mort. J’aimerais donc conclure avec la question suivante : la maladie — et la mort — ne peuvent-elle pas être considérées comme des désastres parmi d’autres désastres ?

N’hésitez pas à interagir avec cet article en laissant vos commentaires ci-dessous.

Daniel Garneau
le 23 avril 2020

Marcher par l’Esprit

Que veut dire la Bible lorsqu’elle nous dit de marcher selon l’Esprit du Dieu Très Saint? Est-il possible pour nous de marcher selon l’Esprit? Ou ces exhortations bibliques ne sont-elles que des paroles vides émises par des rêveurs désincarnés? Le présent article revêt un potentiel de nous aider à répondre à la question suivante pour nous-même : Est-ce que je marche selon l’Esprit ou selon ma nature humaine non-assistée par Dieu?

Heureux tout homme qui craint l’Eternel, qui marche dans ses voies (Psaume 128.1, Segond 21)

L’Esprit Saint vit en chaque personne qui croit que Jésus est mort sur la croix pour elle et qui s’est repentie de ses péchés — c’est-à-dire qu’elle a cessé de vivre indépendamment de Dieu, sans se préoccuper de faire ce qui plaît au Seigneur. Quoique nous soyons chrétiens, il demeure possible d’attrister l’Esprit de Dieu (Éphésiens 4.30) et de l’éteindre (1 Thessaloniciens 5.19), ou, au lieu de cela, de marcher par l’Esprit, de vivre dans la plénitude de l’Esprit (Galates 5.16).

Le Seigneur Jésus-Christ nous invite par son exemple à marcher par l’Esprit. Après Lui, ses apôtres nous encouragent à suivre cette même voie de marcher par l’Esprit.

Pour nous aider à comprendre de quoi il s’agit, nous allons considérer des passages de la Bible où le Saint-Esprit nous indique comment Dieu notre Père désire que nous marchions.

Pour ce faire, nous examinerons des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament où Dieu nous dit comment Il souhaite que nous vivions, ainsi qu’un passage où nous voyons comment marchait un homme de Dieu, le roi Josias. Par la suite nous considérerons des passages plus explicites à propos de ce que signifie et ce qu’implique marcher par l’Esprit.

1. Questions du peuple et réponses de Dieu (Michée 6.6-8)

Observons les questions que se posent les gens sur ce qu’ils pensent nécessaire pour recevoir l’acceptation de la part de Dieu. Notons les exigences extrêmes qu’ils perçoivent. Réfléchissons à la très grande difficulté de plaire à Dieu exprimée par leurs questions :

Avec quoi donc pourrai-je me présenter à l’Eternel? Et avec quoi m’inclinerai-je devant le Dieu d’en haut? Irai-je devant lui avec des holocaustes, avec des veaux âgés d’un an? L’Eternel voudra-t-il des milliers de béliers, dix mille torrents d’huile? Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour ma transgression, l’enfant issu de moi, pour expier ma faute? (Michée 6.6-7, Semeur, Bible Gateway).

Ces personnes se demandaient quels sacrifices elles devaient apporter à Dieu pour être pardonnées de leurs péchés. Des milliers de béliers suffiront-ils?  Faudra-t-il présenter jusqu’à dix mille torrents d’huile? Devrai-je aller jusqu’à offrir un sacrifice humain, comme font les nations? Jusqu’à offrir mon enfant premier né en sacrifice d’expiation?  Nous ne savons pas quoi faire, Dieu, pour que tu pardonnes les fautes dont nous sommes coupables! Nous ne savons plus comment agir pour que tu jettes sur nous un regard favorable! C’est là en essence ce que se disaient entre elles, au prophète et à Dieu, plusieurs personnes du peuple de Dieu à l’époque de Michée.

Ne font-ils pas ce que nous faisons quand nous attribuons à Dieu des exigences trop grandes pour nous? Ne font-ils pas ce que nous faisons lorsque nous nous sentons devant une impasse par rapport à ce que Dieu demande de nous? N’abordent-ils pas la question d’être acceptés de Dieu comme nous, quand nous nous fixons sur les impossibilités que cela représente selon notre compréhension limitée de la personne de Dieu? Comparons cela à ce que Dieu — à travers la voix de son prophète Michée — leur demande en réalité :

On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture,
que tu prennes plaisir à la bonté et que tu vives dans l’humilité avec ton Dieu (Michée 6.8, Semeur, Bible Gateway).

Dieu ne leur demandait rien de tout ce qu’ils s’imaginaient ou prétendaient croire. Au contraire, ce sont des choses simples qui plaisent à Dieu : que nous pratiquions la justice, que nous aimions la miséricorde, que nous marchions humblement avec notre Dieu. C’est tout. Marcher en faisant le bien. Marcher en aimant la compassion. Marcher sans prétention, non pas comme si nous étions importants. Marcher humblement. Marcher humblement, notre visage étant tourné non pas vers la terre, comme si nous étions écrasés, mais le visage tourné vers Dieu, dans l’espoir et dans la confiance.

2. Manassé, Amon et Josias (2 Chroniques 33-35)

Josias « fit ce que l’Eternel considère comme juste […] Alors qu’il était encore jeune, il entreprit de chercher à plaire au Dieu de David, son ancêtre » (2 Chroniques 34.2-3, Semeur). Il a choisi d’inscrire son histoire personnelle, non pas dans celle de son père Amon ou de son grand-père Manassé, mais dans celle de son ancêtre David. Josias vivait dans des cadres social et religieux mis en place par des rois qui faisaient le mal aux yeux de l’Éternel. Les pratiques qu’ils instaurèrent incitaient au mal. Ils poursuivirent génération après génération dans ces mauvaises pratiques, dans ces voies du mal. De sorte qu’il fut nécessaire pour Josias de combattre des coutumes connues, acceptées, considérées normales. Des réformes étaient nécessaires pour pouvoir marcher avec Dieu et pour conduire le peuple dont il était roi à le suivre dans les voies de Dieu.

Pourquoi ne pas lire en écoutant ce récit en 2 Chroniques 33-35 et en 2 Rois 21-22 dans la Parole de Vie, sur LirelaBible.net.

Quelle est l’importance pour nous de cette histoire des rois Manassé, Amon et Josias? Je crois que si nous cherchons Dieu et désirons marcher avec Lui, nous ne pouvons pas faire comme si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes concernant les pratiques culturelles et religieuses de notre époque et des milieux où nous vivons. Il est impératif que nous consultions le Seigneur, ses prophètes, ses apôtres. Consultons ce qu’ils nous ont légué de la part de Dieu et de Son Fils Jésus-Christ dans la Parole de l’Esprit de Dieu, qui est la Très Sainte Bible. Ce qu’il nous faut rechercher ne se limite pas à la connaissance de ce que Dieu désire que nous fassions. Il nous faut également chercher à agir selon ce qu’il dit.

3. Marcher par l’Esprit (Galates 5, Romains 8, Philippiens 4)

Que signifie marcher par l’Esprit et comment y parvenir? Cela nous est enseigné dans les lettres de Paul aux Galates, aux Romains et au Philippiens. Les trois liens qui précèdent vous permettront d’écouter, en même temps que vous lirez, une version de la Bible facile à comprendre, La Bible Parole de Vie. (Veuillez à sélectionner cette version parmi celles disponibles, car c’est la seule du site LirelaBible. net accompagné d’une version audio.

Alors que nous lisons ou écoutons ces passages de la Bible, demandons à Dieu ce que signifie pour nous marcher par l’Esprit et pour quels aspects spécifiques nous pourrions commencer en vue d’améliorer notre marche par l’Esprit. Il s’agirait d’une excellente préparation avant de continuer à lire le présent article.

3.1. Paul aux Galates

Je mettrai l’accent sur quelques passages relativement courts provenant des écrits de l’apôtre Paul. Pourquoi ne pas commencer par Galates 5.25 (Bible du Semeur):

Puisque l’Esprit Saint est la source de notre vie, laissons-le aussi diriger notre conduite.

Qu’arrive-t-il lorsque nous nous laissons diriger par l’Esprit Saint ? Nous pouvons expérimenter en nous-même et observer extérieurement un groupe d’attitudes et de comportements comme les suivants : «l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi» (Galates 5.22-23, Semeur). Selon l’apôtre Paul, il s’agit là du «fruit de l’Esprit» (Galates 5.22a, Semeur).

Si, par contre, nous ne nous laissons pas diriger par l’Esprit de Dieu, comme nous y invite le Seigneur notre Dieu et Père, ce que nous expérimenterons et observerons chez nous sera d’une nature autre que ce qui est produit par l’Esprit. L’apôtre Paul en dit ceci: «Tout le monde voit bien ce qui procède de l’homme livré à lui-même : l’immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l’adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions, l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre» (Gal 5.19-21a, Semeur).

3.2. Paul aux Romains

Les chapitres 6 à 8 de Romains traitent spécifiquement du thème dont nous sommes en train de parler ici. L’angle sous lequel nous l’abordons nous vient de la lecture de ce que dit l’apôtre Paul, en Romains 8.5-6, selon la traduction espagnole Nueva Traducción Viviente. La traduction française qui s’en rapproche le plus est la version Darby, où nous lisons:

Car ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l’Esprit, aux choses de l’Esprit ; car la pensée de la chair est la mort ; mais la pensée de l’Esprit, vie et paix (Romains 8.5-6, Darby).

Aucune des autres versions françaises que j’ai consultées ne fait ressortir de manière explicite le rôle de la pensée. Toutefois, cet angle d’attaque du texte me paraît fructueux. Considérons le même passage selon quelques autres versions françaises de la Bible :

En effet, ceux qui se conforment à leur nature propre se préoccupent des réalités de la nature humaine, tandis que ceux qui se conforment à l’Esprit sont préoccupés par ce qui est de l’Esprit. De fait, la nature humaine tend vers la mort, tandis que l’Esprit tend vers la vie et la paix (Romains 8.5-6, Segond 21).

La Segond 21 nous aide ici à comprendre l’expression «selon la chair» de Darby. Être selon la chair (Darby) signifie se conformer à notre nature propre (Semeur), tandis qu’être selon l’Esprit correspond à se conformer à l’Esprit. Pour ceux d’entre nous qui connaissons bien la Bible Segond 1910 ou sa très proche descendante la Nouvelle Édition de Genève :

Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’Esprit s’affectionnent aux choses de l’Esprit. Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix (Romains 8.5-6, Nouvelle Édition de Genève).

Être selon la chair (Darby), vivre selon la chair (NEG) et se conformer à notre nature propre (Segond 21) sont en fait trois manières différentes d’exprimer la même chose. Pareillement, s’affectionner aux choses de la chair (NEG),  se préoccuper des réalités de la nature humaine (Segond 21) et avoir ses pensées aux choses de la chair (Darby) sont trois façons de chercher à rendre ce que le texte original grec cherche à nous dire.

Je ferai maintenant intervenir une quatrième version française pour nous aider à comprendre de ce que l’apôtre Paul cherche à dire concernant la marche par l’Esprit :

En effet, les hommes livrés à eux-mêmes tendent vers ce qui est conforme à l’homme livré à lui-même. Mais ceux qui ont l’Esprit tendent vers ce qui est conforme à l’Esprit. Car ce à quoi tend l’homme livré à lui-même mène à la mort, tandis que ce à quoi tend l’Esprit conduit à la vie et à la paix. (Rm 8.5-6, Semeur)

Selon Darby, si nous sommes selon la chair, nous pensons aux choses de la chair. Selon la Nouvelle édition de Genève et selon Louis Segond 1910, si nous vivons selon la chair, nous nous affectionnerons aux choses de la chair. D’après Segond 21, si nous nous conformons à notre nature propre, nous nous préoccuperons des réalités de la nature humaine. La Bible du Semeur ajoute à notre compréhension de ces versets que notre choix réside entre vivre livré à nous-même ou vivre selon les inclinaisons mises en nous par l’Esprit Saint de Dieu.

Avant que nous produisions œuvre ou fruit observable de l’extérieur de nous, il se passe des choses en nous. Notre cœur est habité par des centres d’intérêts et des préoccupations. Ils prennent la forme de pensées, d’émotions revêtues de pensées. Quoi que cet aspect intime de notre vie ne puisse pas toujours se voir, il n’en constitue pas moins une expression de notre marche par l’Esprit ou de notre marche selon notre nature propre.

Voir les choses ainsi peut nous aider à nous rendre compte qu’un redressement est nécessaire concernant ce avec quoi nous nourrissons nos âmes et meublons nos pensées. Mais ce redressement ne saurait être le résultat de nos efforts personnels, même les mieux intentionnées. Il s’agit d’un fruit, du résultat de quelque chose qui relève de l’Esprit. Ce qui nous appartient à nous dans cette histoire est de décider où irons nos allégeances. Je conclurai en m’appuyant sur la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB). Celle-ci exprime très bien ce qui distingue les deux voies dont nous parlons, ce contraste entre marcher ou vivre selon notre nature propre et marcher ou vivre selon l’Esprit :

En effet, sous l’empire de la chair, on tend à ce qui est charnel, mais sous l’empire de l’Esprit, on tend à ce qui est spirituel : la chair tend à la mort, mais l’Esprit tend à la vie et à la paix (Romains 8.5-6, TOB, 2010)

Pour nous aider à nous engager dans la voie de l’Esprit ou à y revenir, nous considérons maintenant un tout dernier passage biblique lequel se trouve dans une autre lettre de Paul, celle qu’il écrivit aux Philippiens alors qu’il séjournait dans une prison romaine.

3.3. Paul aux Philippiens

Dans nos moments de plus grande nécessité, demandons à Dieu qu’Il nous aide à combattre contre les pensées qui ne lui sont pas agréables. Ces pensées indiquent où se trouvent réellement les préoccupations centrales de nos cœurs. Nous pouvons transformer en prière tout ce qui cherche à habiter nos pensées et qui ne vient pas de Dieu. Il s’agit de demander à Dieu qu’il nous vienne en aide avec un ou des aspects spécifiques de notre vie. Demandons-Lui de nous porter secours dans nos défaillances d’attitudes et de comportements.

Nous avons tout intérêt à suivre le conseil donné par l’apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens, ch. 4 v. 8 (Semeur):

Enfin, frères, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, de tout ce qui mérite respect et louange.

En conclusion

Cet article ne traite que d’un seul parmi de nombreux aspects de la marche par l’Esprit : obéir à Dieu, faire ce qui Lui plaît, selon ce que nous ont dit les prophètes et les apôtres, tels que nous pouvons les lire dans la Parole de Dieu, la Bible. Il y a cependant plusieurs autres aspects qui doivent être pris en compte : aimer la Parole de Dieu, prier le Seigneur, faire confiance en l’amour du Père à notre égard, comprendre que ce même amour que Dieu a pour nous, il l’a également envers toute personne avec qui nous entrons en relation — et bien plus encore. Je vous invite à lire tout en les écoutant, les textes bibliques mentionnés ici, chacun dans son propre contexte, c’est-à-dire en considérant chacune des trois lettres d’où sont tirés les extraits dont nous venons de parler : Galates, Romains, Philippiens.

Soyez bien à l’aise de laisser, en commentaire au bas de cet article, votre propre expérience d’appropriation des promesses de Dieu ou de ses réponses à vos prières dans votre vie.

Pour me contacter, veuillez suivre les indication sous Questions ou commentaires.

Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
Publié le 2 mars 2018;
Édité les 3 et 4 mars 2018.

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Cet article est le résultat de ma participation au séminaire Torrent qui purifie dirigé par l’équipe pastorale de l’Église Vie Abondante, de janvier à mars 2018. Plus précisément, il s’agit de ma réponse personnelle à des passages bibliques que Dieu a placés sur mon cœur alors que je réfléchissais au matériel de la leçon intitulée, Marcher selon l’Esprit.

Avons-nous un cœur de leader?

Demandons-nous à Dieu qu’il nous aide à développer un cœur de leader? Oublions-nous parfois que s’il existe de mauvais leaders, il en existe aussi de très bons? Cet article est le résultat d’une méditation sur les attitudes de leadership démontrées par l’apôtre Paul en observant ce qu’il dit dans sa deuxième épître aux Corinthiens.  Il est important de comprendre que la notion de leadership telle que présentée dans le présent article touche chaque personne, car il y a toujours des sphères de nos vies où nous sommes des leaders.

L’Eternel aime ceux qui le craignent, ceux qui espèrent en sa bonté (Psaume 147.11, NEG)

Ne sommes-nous pas prompts à critiquer les leaders spirituels qui nous entourent? Parfois nous avons raison, parfois pas. Il y a aujourd’hui des leaders chrétiens qui enseignent ce que les gens désirent entendre plutôt que la vérité de la part de Dieu. Jésus nous avait prévenus — comme aussi les prophètes avant lui et les apôtre après lui — dont les propos sont inscrits pour nous dans la Parole de Dieu, référence de tout chrétien.

Toutefois, il est impératif de se souvenir que s’il y a de faux prophètes, il y en a des vrais. S’il y a ceux qui enseignent sans sincérité, il y a ceux qui enseignent en toute sincérité. S’il y a ceux qui conduisent ceux qui les écoutent vers la mort, par séduction et mensonge, il y a aussi ceux qui transmettent la vie à leurs auditeurs par la vérité provenant du Seigneur. S’il y a des personnes chrétiennes qui s’opposent à Christ tout en se réclamant de Lui, il y a aussi celles qui enseignent le message de Christ dans la vérité et avec son approbation.

Avant d’amorcer notre réflexion sur le cœur de leader que nous dévoilent les Écritures  à propos de l’apôtre Paul, posons-nous des questions à notre propre sujet. Quelles sont nos attitudes intérieures vis-à-vis des gens sous notre leadership? Comment agissons-nous dans les domaines qui relèvent de nos responsabilités envers les autres? Plaçons-nous leur intérêt avant le nôtre? Prions-nous pour eux? Nos relations sont-elles caractérisées par la vérité, la sincérité et la fidélité envers ce que Dieu nous demande?

Le cœur de leader de l’apôtre Paul (selon 2 Corinthiens)

Nous sommes maintenant prêts à extraire de la deuxième épître de Paul aux Corinthiens quelques-unes des caractéristiques de son leadership, des attitudes manifestées par Paul. Je vous encourage à écouter et à lire la deuxième épître aux Corinthiens, avant même de poursuivre la lecture du présent article, sur le site et avec les outils de Bible.Is.

Après avoir lu cette lettre à quelques reprises dans diverses traductions, j’ai été touché, premièrement, par la sincérité de l’apôtre. Ce qui me sauta ensuite aux yeux fut sa confiance en Dieu. Il avait appris à s’appuyer sur les forces de Dieu et non sur les siennes. J’ai été heureux de constater que Paul parlait de manière franche et véridique.

Non moins impressionnant concernant le leadership de l’apôtre Paul est qu’il renonçait à considérer le maintien de sa réputation personnelle comme plus importante que de bien accomplir sa fonction d’ambassadeur pour Christ. Cela incluait l’audace de dire aux autres ce qu’ils n’aimaient pas entendre quoi qu’ils en avaient besoin pour croître dans leur foi.

Il a aussi démontré un zèle remarquable pour transmettre le message de Dieu aux personnes à qui Dieu voulait qu’il soit transmis de sa part. Je fus par ailleurs intrigué et édifié de noter la sensibilité de Paul pour laisser de côté une porte ouverte de la part du Seigneur pour annoncer l’Évangile, alors qu’il s’inquiétait de l’un de ses collaborateurs (2 Corintihiens 2.12-13).

L’on constate chez lui la reconnaissance que sa sanctification lui vient de Dieu et non de ses propres efforts ou du zèle dont il ne cesse de faire preuve. Il s’appuyait sur les manières de faire conformes à la volonté de Dieu et à la foi en Lui, plutôt que de se confier dans les manières du monde lorsqu’il luttait contre les obstacles (2 Cor. 5).

De fait, Paul sait qu’il combat contre des raisonnements qui s’opposent à la connaissance de Christ et de Dieu, aussi, parle-t-il en vue de détruire ces obstacles. Mais, il le fait avec les forces et les méthodes de Dieu, priant et se confiant en l’Esprit de Dieu pour faire le travail nécessaires dans les coeurs, pour donner aux gens la vie, pour les conduire vers la paix qu’il y a en Jésus-Christ, pour créer la lumière là où règnent les ténèbres.

Quelles autres attitudes et caractéristiques de leadership trouve-t-on chez Paul en lisant sa deuxième épître aux Corinthiens? Plusieurs fois, dans cette lettre comme dans ses autres lettres, l’apôtre Paul démontre un amour profond et sincère envers les personnes que Dieu a placées sous son leadership. Jamais il ne perd de vue sa fonction prioritaire auprès des gens que Dieu lui a confiées : qu’elles connaissent Christ et croissent en Lui.

Le cœur de leader que l’exemple de Paul nous invite à développer

Quels effets peut avoir l’exemple de Paul sur nous au vingt-et-unième siècle? Nous avons tous une fonction de leadership dans certaines circonstances et dans certains cercles. Comment l’exemple de l’apôtre Paul nous inspire-t-il ou nous encourage-t-il à améliorer certains des aspects du leadership mentionnés dans cet article? N’y aurait-il pas une dimension en particulier pour lequel l’Esprit de Dieu nous invite à Lui faire confiance? Lui faire confiance pour croître dans un domaine précis de notre leadership? Croître dans notre foi? Croître dans notre obéissance? Croître en notre amour et en notre sensibilité envers les bien-aimés de Dieu avec qui Il nous a placé dans une relation de leadership?

Peut-être devons-nous croître dans notre acceptation et réception de l’amour de Dieu envers nous-même! Croître dans notre amour envers Dieu, notre Père, envers Christ, Son Fils, envers l’Esprit Saint, lequel vit en nous par la foi en Christ, don du Père. Cet Esprit, celui de Jésus, nous donne le salut éternel et, maintenant même, la paix du cœur.

L’article Avons-nous un cœur de leader? peut être consulté dans son intégralité, dans sa langue originelle de publication, l’espagnol, sous le titre ¿Tenemos un corazón de líder?

Vous pourriez tirer profit de l’article Écouter la Bible, pourquoi pas? Celui-ci fournit quelques indications sur les particularités de quelques versions audio de la Bible.

Pour me contacter, veuillez suivre les indication sous Questions ou commentaires.

Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA;
Article publiée en espagnol : le 23 février 2018;
Article traduit en français : le 5 mars 2018;
Traduction éditée : les 6, 8 et 9 mars 2018.

Se savoir aimé de Dieu : la clé pour aimer autrui

Mon ministère pastoral portait fruit. Mon enseignement biblique était apprécié de la part des membres de mon église et des étudiants à qui j’enseignais un cours sur les particularités de ma famille d’églises, un autre sur l’initiation d’autrui à la foi chrétienne.

Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ?
N’a-t-elle pas compassion du fils qui est sorti de son ventre ?
Même si elle l’oubliait,
moi je ne t’oublierai jamais. (Ésaïe 49.15, Seg 21)

Par contre, les transformations spirituelles tant espérées continuaient de me paraître plutôt inaccessibles. Je ne comprenais pas que Dieu bénisse mes activités ministérielles et réponde à mes besoins matériels, sans apparemment agir dans l’intimité de mon âme comme je souhaitais tant qu’Il le fasse – et ce de façon révolutionnaire. J’aspirais à plus !

Je puisai un grand encouragement d’une prière de l’apôtre Paul pour les Éphésiens, dans laquelle il me sembla trouver la réponse aux aspirations non comblées qui m’habitaient :

« À cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; étant enracinés et fondés dans l’amour, que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.

« Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Éphésiens 3:14-21).

Je m’appropriai cette prière, la faisant mienne, considérant que je pouvais faire confiance à Dieu pour qu’il produise en moi la maturité que Paul demandait pour ceux à qui était destinée cette lettre. J’ai transformé ma compréhension en un message biblique présenté dans deux Églises locales du Québec et deux de l’Ontario entre novembre 1985 et août 1986. Le message s’intitulait Enfin… un homme de Dieu. J’insistais sur deux conditions essentielles pour celui qui tend vers la sainteté, ce que j’appelais « devenir un homme ou une femme de Dieu » : comprendre ce que Dieu peut et veut faire en lui ou en elle (Éphésiens 3:14-19); croire que Dieu le fera effectivement (Éphésiens 3:20-21).

Il me semblait que cette prière de Paul pour les Éphésiens devait être indicative d’une certaine compréhension de la volonté de Dieu non seulement envers les Éphésiens en particulier, mais aussi envers tous ceux qui croient, en tout lieu et en toute époque. Je croyais donc pouvoir appliquer à moi-même et à mes auditeurs les contenus de la prière de Paul comme s’il s’agissait de ce que Dieu peut et veut faire pour chacun d’entre nous.

Je voyais la nécessité de comprendre ce que Dieu peut faire pour nous comme fondé dans une meilleure connaissance de ce que nous pouvons attendre que Dieu nous donne (« Je fléchis les genoux afin qu’il vous donne… ») : sa force (« d’être puissamment fortifiés par son esprit dans l’homme intérieur »); sa communion (« en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi »), son amour (« étant enracinés et fondés dans l’amour »), sa personnalité (« que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu »).

Quant à croire que Dieu le ferait, deuxième partie structurale de ce sermon, je me fondais sur le connecteur grammatical « or » qui, selon l’exégèse que j’en avais faite de l’original grec, rattachait à la prière que Paul venait de faire pour les Éphésiens (Éphésiens 3:14-19) un rappel de la nature infinie du pouvoir de Dieu dans la vie des êtres humains (Éphésiens 3:20-21) : « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! ».

En particulier, je m’attendais de la part de Dieu, à ce qu’il produise en moi l’amour dont il était question en plein cœur de cette prière (Éphésiens 3:17-19) de Paul. Je me sentais défaillant dans la manifestation concrète de mon amour envers autrui et considérais transformatrice une pleine compréhension de la nature de l’amour de Dieu.

Quelques années plus tard, lorsque je partageai mon interprétation de ce texte des Écritures à une dame, celle-ci me fit remarquer que ce dont il était question dans ce passage biblique était avant tout de la compréhension de l’amour que Dieu a envers nous.

Ce n’est que vingt ans plus tard environ, soit en 2008, que j’ai été en mesure d’acquérir une compréhension fondée en expérience de cette interprétation qui m’avait initialement en très grande partie échappé, que l’amour que l’on a pour autrui passe par l’amour que Dieu a pour nous. La compréhension que l’on a de la première ne peut être dissociée de la compréhension que l’on a de la seconde. Le sentiment, voire la certitude, d’être aimé par Dieu constitue une source, pour ne pas dire une ressource, sans laquelle l’on ne peut aimer ceux qui nous entourent à la manière dont Dieu nous y invite. En somme, l‘amour de Christ qui « surpasse toute connaissance » (Éph. 3:19) à propos duquel Paul prie pour que nous en comprenions « la longueur, la profondeur et la hauteur » (Éph. 3:18) est celui manifesté par Dieu envers moi avant d’être celui que je manifeste envers autrui.

Il y a environ 30 ans, j’en étais venu à accorder plus de poids à ma difficulté de manifester l’amour de Dieu envers autrui que dans le fait que Dieu m’aime. Je crois aujourd’hui que cette dimension de ma spiritualité chrétienne a contribué à me donner l’impression de piétiner spirituellement, puis m’a éventuellement conduit à perde espoir pour un temps.

Cette manière de comprendre mon rapport à Dieu et aux autres fut brisée il y a environ dix ans, époque à partir de laquelle je ne voyais plus mes fautes comme sources de culpabilité, mais plutôt comme l’occasion de remercier Dieu immédiatement parce que Sa grâce envers moi était plus grande et plus importante que n’importe lequel de mes écarts entre ce que je savais être bien et ce que je faisais effectivement. Cette dimension du message du salut, en Jésus Christ, par la foi seule, peut aussi être compris comme une invitation au courage d’accepter d’être accepté malgré que l’on se sache inacceptable.

Depuis le 30 mai 2017, cet article est également publié sur le Journal Chrétien. Il s’agit d’une adaptation de Dieu et moi – Essai autobiographique, p. 12-15, accessible sous Formation par l’autobiographie à la section Apprendre du site Savoir et croire .ca.

N’hésitez pas à participer au forum chrétien la Rencontre, une communauté de dialogue à propos de la foi chrétienne, dont la mission prolonge celle de Savoir et croire .ca.

Réponse à Hervé-Cyrille du Bénin

Cet article fournit des conseils à un jeune chrétien désireux de croître dans sa foi. Pourquoi lire plus avant ? Si vous en êtes au début de votre vie chrétienne ou connaissez quelqu’un d’autre qui est dans cette situation, peut-être trouverez-vous ici des éléments utiles pour votre démarche ou celle d’une personne que vous cherchez à aider. De nos jours certains sont exposés à l’Évangile par l’entremise des médias sociaux, sites web et forums ou blogues chrétiens et n’ont pas ou peu de chrétiens dans leur entourage. Quant au texte qui suit, il est né de mon interaction avec un nouveau chrétien désirant échanger avec moi sur Chrétiens en réseau afin de grandir spirituellement :

«Bonjour, Daniel, moi, on m’appelle Hervé-Cyrille, je viens du Bénin. Nouvellement chrétien évangélique et inscrit sur ce site, j’aimerais échanger avec des chrétiens plus mûrs du monde entier afin de grandir aussi spirituellement. Est-ce donc possible de correspondre avec vous? J’attends votre réponse et surtout que Dieu vous bénisse!».

… Courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée.
Faisons-le en gardant les regards sur Jésus,
qui fait naître la foi et la mène à la perfection. (Hébreux 12.1b-2a, Segond 21)

Je reproduis ici ma réponse en l’ajustant un peu pour tenir compte du nouveau contexte et en y corrigeant quelques fautes.  Il s’agit d’un témoignage impromptu de ma part et de quelques conseils pour nouveaux chrétiens en réponse à la question qui précède.

Je suis né dans une famille catholique romaine, mais je me suis converti au Seigneur Jésus une fois devenu adulte. Le catholicisme m’a appris que Dieu existe, que Jésus est mort sur la croix pour moi, que Dieu parle dans la Bible. Mais c’est en lisant la Bible elle-même et en fréquentant des chrétiens évangéliques que je suis parvenu à comprendre que je pouvais avoir une relation personnelle avec Jésus maintenant.

J’ai aussi compris qu’il me fallait accorder plus d’importance à ce que Dieu dit dans sa Parole qu’à tout le reste.

Par ailleurs, ne vous laissez pas décourager par les réponses négatives que certaines personnes pourraient vous donner, ni dans la vie, ni nulle part ailleurs, même s’il s’agit de sites chrétiens. Retenez ce qui est bon, pour le reste ne vous en faites pas. Faites confiance à notre Père céleste qui prend soin de ceux qui cherchent à Lui plaire.

Avez-vous des amis chrétiens dans votre entourage ? Fréquentez-les. Connaissez-vous une Église locale chrétienne où il vous serait possible de participer ? Je vous encourage à vous engager dans la vie de cette Église. Examinez ce qu’enseignent le ou les pasteurs et les gens de cette Église, par leur propos et leur conduite. Donnez-vous le droit de visiter plus d’une Église locale et choisissez-en une où l’on vous respecte.

Aucun site Web ne peut remplacer, ni la Parole de Dieu, ni l’interaction avec des êtres humains en chair et en os avec qui partager votre parcours de foi : «Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse! Instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur de tout votre cœur sous l’inspiration de la grâce. Et quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus en exprimant par lui votre reconnaissance à Dieu le Père» (Colossiens 3:16).

Si j’ai bien compris, vous êtes un nouveau chrétien. Je vous donnerai donc aussi le conseil suivant : Lorsqu’un chrétien vous cite un passage biblique, comme je viens de le faire, il vaut toujours la peine d’aller lire dans la Bible le contexte de ce verset. Lire le contexte dans ce cas-ci consisterait à lire les quelques versets avant et après Colossiens 3:16, puis à lire l’épître aux Colossiens en entier.

Si vous fréquentez beaucoup de chrétiens ou lisez beaucoup d’articles sur des sites chrétiens, dont celui-ci, il devient vite impossible d’aller voir tous les contextes de tous les versets qui sont cités. Ce que je fais pour ma part est d’aller lire les contextes des versets que Dieu utilise pour m’interpeller sur des sujets importants. J’ai toujours également accordé beaucoup d’importance à lire le contexte des passages que l’on utilise pour faire des affirmations concernant la foi chrétienne. Cela permet de vérifier que c’est bien là ce que la Parole de Dieu enseigne dans le passage mentionné.

À cet égard, veuillez lire Actes au chapitre 17 tout au complet. Vous remarquerez au verset 11 que les gens de Thessalonique examinaient dans les Écritures ce que Paul leur enseignait. Ne tenez donc pas compte des propos de ceux qui voudraient vous décourager de vérifier par vous-mêmes ce que dit la Bible concernant tout sujet.

Que la paix de Christ règne dans votre cœur (Colossiens 3:15),

Daniel Garneau
www.savoiretcroire.ca

Article mis à jour le 22 juillet 2018.

Articles sur des thèmes connexes à celui-ci et susceptibles d’aider à poursuivre une démarche de progression dans la vie chrétienne :

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Mots clés de recherche :  conseils à un jeune chrétien; conseils pour nouveaux chrétiens.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Mon parcours de foi chrétienne, lorsque j’y repense aujourd’hui, peut être considéré sous l’angle d’une d’une fusion des horizons, d’une rencontre du passé, du présent et du futur.

Qu’est-ce que l’homme pour que tu prennes soin de lui (Psaume 8.5) ?

Le passé

Trois événements marquants viennent ponctuer le passé. Premièrement, À compter de 1970, des témoins de Jésus m’ont appris que Dieu m’offrait le salut éternel en son Fils, m’invitant à vérifier leurs dire à même les textes de la Parole de Dieu. Ensuite, en 1977, après une longue résistance de ma part, j’ai enfin choisi de me détourner d’un style de vie qui ne s’accordait pas avec celui auquel Dieu m’invitait et à m’engager à vivre comme Dieu le demandait, au meilleur de mes capacités. Mais il m’a fallu 30 années de plus pour enfin parvenir, depuis 2008, à vivre ma vie chrétienne en sachant intimement que je suis pardonné et aimé par mon Sauveur au quotidien.

Le présent

Que dire du présent ? Il est construit sur le passé, sans lequel ma vie serait tout autre. Je suis donc reconnaissant au Seigneur, même pour les périodes qui m’ont parues les plus sombres de mon existence, qu’il s’agisse de celles d’avant ou d’après ma conversion.

Toujours, Dieu était là. Il veillait sur moi. Il me guidait. Il respectait mes refus. Car Dieu ne s’impose pas à nous. Au contraire, Il nous invite, puis Il attend que nous soyons prêts. Dans le passé, Dieu m’a attendu. Dans le présent, il ne me bouscule pas, mais attend que je sois prêt à entrer toujours de plus en plus pleinement dans l’amour qu’Il a pour moi. Car tout part de là : la compréhension que nous avons de l’amour de Dieu pour nous.

Le futur

Au moment où j’écris le présent article pour célébrer Dieu publiquement par un témoignage concernant une ou deux dimensions de mon parcours chrétiens, c’est en fait dans le futur que je me projette. Qu’est-ce que je veux accomplir par cet article ? Mes intentions lorsque je travaille à préparer n’importe quel texte constituent une forme de regard vers le futur, car je travaille aujourd’hui sur ce qui prendra vie demain.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Partager mon parcours de foi est pour moi une occasion de célébrer Dieu publiquement. La préparation requise pour cette célébration me conduit à réfléchir à la trace du passé dans mon présent et à me projeter avec espoir vers un futur encore incertain.

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Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
le 7 février 2018