Le chrétien et le pardon d’actes graves

Le plaidoyer de culpabilité d’Alexandre Bissonnette en a sans doute hanté plus d’un. Que faire si la victime —  ou pire, l’agresseur — était un de nos proches ? se demandent des personnes de divers horizons. L’on cherche une réponse à la question, «ce geste est-il pardonnable ?» Voici les mots mêmes d’un ami tenaillé par cette bien triste situation :

Ce qui me hante est la nature même du pardon considérant que je suis un chrétien croyant. Jusqu’où ce déséquilibre momentané allant jusqu’à tuer, peut-il être pardonnable ou pas ? Y a-t-il une limite au pardon ? Comme chrétien, qu’est-ce que j’ai de «plus» que d’autres ? Si c’était mon fils qui avait posé ce geste, serais-je capable d’un pardon inconditionnel ? Voilà en résumé ce qui me fait beaucoup réfléchir. Je souhaiterais obtenir tes éléments de réponses pour aller plus loin…

Ces interrogations m’ont paru, non seulement d’une grande pertinence, mais aussi, d’un intérêt certain pour d’autres personnes se posant des questions semblables. Toutes les approches sur lesquelles je me suis aventuré pour tenter de parler du pardon en lien avec le présent questionnement m’ont rapidement paru lacunaires. Le présent article se veut malgré tout un début de réponse.

C’est selon mon expérience de vie et mes convictions chrétiennes, telles qu’intégrées dans ma vie à ce jour, que mon interlocuteur m’invite à lui répondre.  Si donc je fais l’inventaire des démarches de pardon dans ma vie, il y en a quelques-unes qui se détachent des autres, même si aucune n’est reliée aux genres de crimes dont les questions ci-dessus font état. Les plus anciennes me situent dans un rapport beaucoup plus pénible au pardon que maintenant, pour des offenses plus ou moins équivalentes. Je trouve en cela un  encouragement, car je vois que ma foi chrétienne a produit des résultats, notamment en ce qui concerne le traitement de l’offense. Malgré tout, le pardon reste toujours difficile à accorder; il continue de demander un travail pour y parvenir. Il implique un combat à livrer, avec moi-même, appuyé sur les ressources de Christ en moi.

Si je pense aux modèles de pardon auxquelles adhèrent des personnes de divers contextes avec qui j’ai été en interaction au fil des années, il me semble important de préciser ce qui ne fait pas partie de la nature du pardon. Le pardon n’est pas l’exonération des conséquences d’un acte mauvais que l’on a soi-même commis ou que d’autres ont commis à notre encontre ou contre d’autres. Le pardon n’est pas l’oubli de la faute, comme si elle était balayée de nos souvenirs. Le pardon n’implique pas que l’on ne parlera plus de la situation répréhensible en cause, comme s’il s’agissait d’une «affaire classée».

Le pardon n’est pas davantage synonyme de réconciliation, car la réconciliation requiert la participation active de toutes les personnes concernées par l’offense, alors que le pardon appartient à l’offensé et à lui seul. J’ajouterai également que le pardon n’est pas la restauration de la confiance de l’offensé envers l’offenseur, car celle-ci aura besoin d’être rétablie. Enfin, il importe de ne pas confondre le pardon et les émotions confuses ou déplaisantes que l’on peut encore ressentir, même après avoir réellement pardonné.

Des auteurs que je respecte ont dédié un chapitre ou plus sur le pardon dans au moins un de leurs ouvrages. Il s’agit de : Simone Pacot, dans L’évangélisation des profondeurs;  Leanne Payne, dans L’âme, cette oubliée, traduction de Restoring the Christian Soul;  John Piper, dans Combattre l’incrédulité, traduction de Battling Unbelief; Philip Yancey, dans Touché par la grâce, traduction de What’s So Amazing About Grace; Neil Anderson, dans Une nouvelle identité pour une nouvelle vie , traduction de Victory over the Darkness. Je vais maintenant m’inspirer librement de leurs réflexions pour explorer certains aspects de la nature du pardon dans la perspective chrétienne qui est la mienne.

Je traiterai du pardon selon des angles qui me paraissent fort importants pour amorcer une réflexion sur ce thème : (1) le pardon, à qui bénéficie-t-il? (2) le pardon comme choix; (3) le pardon comme refus de se venger; (4) le pardon par Dieu des pires offenseurs; (5) le sacrifice de Christ pour notre pardon et celui des autres.

1. Le pardon, à qui bénéficie-t-il?

Aussi étonnant que cela puisse paraître au premier abord, le pardon bénéficie à celui qui pardonne. C’est Neil Anderson qui est le plus clair sur ce point avec lequel tous me semblent d’accord : le pardon bénéficie à celui qui l’accorde beaucoup plus qu’à celui qui le reçoit. La victime qui pardonne une offense se libère elle-même. Cela correspond très précisément aussi à mon expérience personnelle de pardon. L’offenseur pourrait à la limite ne pas savoir qu’on lui a pardonné. Il pourrait même être décédé.

L’on conviendra aisément que plus le tort causé est grand, plus le pardon est difficile à accorder. Mais, ne pourrions-nous pas extrapoler et affirmer également que plus le tort causé est grand, plus la victime bénéficiera du pardon, plus elle se libérera ?  À cet égard, Yancey donne un avertissement qui sonne comme une alarme: «Sans pardon, le passé monstrueux peut à tout moment sortir de l’hibernation pour dévorer le présent. Et aussi le futur» (Touché par la grâce, p. 120), le futur de la victime, et souvent même celui de ses proches.

Par ailleurs, dans certains cas, l’offenseur aussi tire bénéfice du pardon accordé par la victime, à condition qu’il accueille ce pardon, ce qui peut ne pas être le cas. Leanne Payne fournit des exemples d’agresseurs repentants qui ont bénéficié du pardon de leur victime. Simone Pacot, quant à elle, souligne très pertinemment ceci: «Lorsque nous pardonnons, la relation n’est pas forcément restaurée dans sa forme extérieure. Mais tout est en place pour qu’elle le soit» (L’évangélisation des profondeurs, p. 228). Évidemment, cette toute dernière remarque ne s’applique pas au cas présent, car Alexandre Bissonnette est un étranger par rapport à ses victimes, comme c’est aussi souvent le cas.

2. Le pardon comme choix

Selon Leanne Payne, le pardon est un acte transactionnel accompli par la victime au terme d’une démarche plus ou moins pénible et plus ou moins longue qui l’aura amenée à être prête à pardonner.

Cet acte transactionnel peut prendre la forme d’une prière à Dieu et pourrait ressembler à quelque chose comme ceci : «Seigneur, je pardonne à x d’avoir commis y». Cette décision de pardonner devient une balise dans l’espace et dans le temps pour celui qui accorde le pardon. Elle servira de repère lorsque la douleur reviendra, suite à un événement qui l’aura éveillée. Le fait d’avoir pardonné n’élimine pas les inconforts ou les douleurs ou les émotions négatives que vit la personne qui a accordé le pardon. Par contre, explique Simone Pacot, «[elle] ne souffre plus de la même manière, la souffrance ne porte plus la mort, elle peut être vécue avec un cœur pacifié, maintenant la vie est là» (L’évangélisation des profondeurs, p. 227). Cet état constitue déjà une étape importante dans un processus de restauration au bénéfice de la victime qui a choisi de pardonner.

Leanne Payne quant à elle compare cette décision à un vœu de pauvreté. Celui ou celle qui fait un vœu de pauvreté à une certaine date doit le renouveler par la suite chaque jour pour le vivre concrètement. Cela renvoie une fois de plus à ce que le pardon n’est pas. Il n’entraîne pas obligatoirement l’absence de souffrance subséquente au pardon chez la personne offensée. Il n’y a pas de lien automatique entre la décision de pardonner et la libération intérieure. Comme nous venons tout juste de le dire, celle-ci peut faire partie d’un processus dont le choix de pardonner n’est que l’une des étapes. Bien que ce choix s’avère décisif, il demeure une étape d’un plus long processus.

3. Le pardon comme refus de se venger soi-même

La décision de pardonner inclut une dimension qui suppose le refus d’agir soi-même pour que justice soit faite à l’agresseur. L’on renonce alors à faire quoi que ce soit contre l’agresseur pour rétablir le droit. Le pardon comme refus de se venger soi-même n’implique pas du tout de ne pas dire la vérité dans une cour de justice et encore moins de laisser un criminel en liberté sans rien faire. Mais, en pardonnant, la victime se libère de son agresseur, car elle laisse à Dieu le soin de rétablir la justice selon Sa sagesse, Sa puissance et Sa bonté (Rm 12.17-21). Elle se tourne vers le présent et l’avenir devant elle.

Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. Si cela est possible, dans la mesure où cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire, car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. (Romains 12.17-21 , Segond 21)

Cette dimension chrétienne du pardon requiert de manière incontournable une pleine confiance en Dieu de la part de la victime, spécialement en Sa capacité d’établir la justice. John Piper, mentionné plus haut, développe très bien ce thème. Dans cette perspective, le pardon est une dimension de la foi chrétienne. Il situe cet aspect du pardon dans la confiance dans les promesses que Dieu nous a faites pour le présent et le futur dans nos vies. C’est dans ce territoire que je combats lorsque l’on m’offense. M’en remettre à Dieu avec confiance me permet de Lui laisser le soin d’agir.

4. Le pardon par Dieu pour les pires offenseurs

J’ai longtemps fait partie de ces personnes qui ont beaucoup de facilité à se sentir coupables. D’avoir été obligé de livrer combat sur ce flan spirituel m’a permis de cultiver une certaine empathie envers les «grands coupables». Je crois être capable de me mettre dans la peau de celui qui doute que ses péchés à lui puissent être pardonnés.

John Newton, l’auteur du cantique bien connu Grâce infinie (Amazing Grace), était un marchand d’esclaves. Sa mère lui avait enseigné les voies du Seigneur, qu’il n’avait manifestement pas suivies. Or, un jour, alors qu’il était sur un navire de traite d’esclaves, il se demanda si ses péchés à lui étaient trop graves pour être pardonnés.

Le chant Amazing Grace – traduit en français par Grâce infinie – est issue de cette réflexion. Cet homme s’est détourné de ses voies et il s’est par la suite mis au service du Seigneur, comme le reflète le chant bien connu encore aujourd’hui. Nous sommes ici devant une particularité chrétienne, une différence entre ceux qui appartiennent à Christ et ceux qui ne lui appartiennent pas : nous avons saisi le pardon de Dieu et nous sommes maintenant invités à pardonner à notre tour, à offrir à d’autres la grâce reçue.

D’ailleurs, l’apôtre Paul n’était-il pas lui-même un persécuteur de chrétiens avant sa conversion au Seigneur Jésus, alors qu’il était en chemin pour tuer des croyants ? Le cantique Grâce infinie exprime la joie d’avoir reçu le pardon de Dieu. Paul l’apôtre a connu cette joie et l’exprime dans plusieurs de ses lettres aux églises et à ses collaborateurs apostoliques. Le roi David avait un jour ordonné le meurtre d’un homme pour couvrir son adultère avec la femme de ce dernier. Or il a lui-même aussi connu cette joie et l’a exprimé, notamment lorsqu’il dit : «Heureux celui dont la transgression  est enlevée et dont le péché est pardonné! Heureux l’homme à qui l’Eternel ne tient pas compte de sa faute et dont l’esprit ne connaît pas la ruse!» (Psaume 32.1-2, Segond 21).

5. Le sacrifice de Christ pour notre pardon

Comprenons-nous vraiment bien de quoi nous avons été pardonnés ? Je ne crois pas ! La culture séculière, comme la culture religieuse dans laquelle nous baignons tous en Occident nous invite à penser que d’autres que nous commettent des fautes graves, mais que les nôtres sont anodines. Nous avons beau savoir que Christ est mort pour nous, nous ne réalisons pas vraiment notre propre besoin par rapport à ce sacrifice de Dieu fait homme. Les Écritures disent pourtant ceci à propos de chacun de nous :

Nous étions tous comme des brebis égarées : chacun suivait sa propre voie, et l’Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous. (Esaïe 53.6, Seg21).

Nous avons tous eu et avons encore besoin du pardon de Dieu.

Homme de douleur et habitué à la souffrance,
… ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de
nos douleurs qu’il s’est chargé… Ésaïe 53

(Photographie d’une peinture de Cécile Beaulieu, utilisée avec permission)

Jésus n’a certes pas traité tous les hommes de la même façon. En effet, il était très sévère et même très dur dans ses propos envers les dirigeants religieux qui égaraient le peuple par leur hypocrisie, alors qu’il était très accueillant envers ceux qui venaient vers lui avec l’attitude de quelqu’un qui sait avoir besoin d’être pardonné par Dieu.

Qu’en est-il donc alors des criminels qui ont commis des atrocités si grandes que leurs noms sont devenus des symboles du mal ? Dieu connaît les cœurs de chacun, pas nous ! Il n’est pas question ici de mettre les victimes d’actes graves sur un pied d’égalité avec des personnes qui ont commis ces monstruosités. Par contre, il est salutaire pour chacun de laisser à Dieu la condamnation des pécheurs selon une sagesse dont Lui seul dispose.

C’est pourquoi il est écrit :

Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. (Romains 12.21, Segond 21).

Conclusion

Une offense a nécessairement des conséquences. Un prix. Si je rencontre mon offenseur et lui affirme que je ne peux lui pardonner son offense, il paie le prix de son offense. Et, je la paie aussi, parce que je demeure dans l’offense. Si, par contre, je lui pardonne, je prends sur moi le prix de l’offense; j’en accepte les conséquences et je libère mon offenseur. Ce faisant, je me libère aussi. Il n’a plus de pouvoir sur moi. Je peux aller de l’avant, passer à autre chose. L’amertume et ou le désir de vengeance ne me ramèneront plus en arrière.

Les conséquences demeurent là, certes, mais je pourrai les utiliser comme levier pour grandir. De plus, et c’est là un point majeur pour le croyant, Dieu est un Dieu de rédemption. Nos épreuves, il les utilise pour notre bien. L’histoire du patriarche Joseph dans Genèse 37 à 50 est on ne peut plus inspirante à cet égard. Il accepta les conséquences des actes posées contre lui par ses propres frères, fils du même père. Il devint même un canal de rédemption pour ses offenseurs.

Lorsque Jésus sur la croix a dit: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font», il acceptait les conséquences du péché des hommes — sa mort. La mort la plus terrible qui soit. Comme dans le cas de la personne qui pardonne, la réconciliation n’était pas assurée. Il allait falloir que les personnes acceptent ce pardon, pour qu’elles puissent être réconciliées avec Dieu.

Notre Père du ciel veut que ceux qui se réclament de Son nom adoptent les mêmes attitudes qu’il a envers les coupables et qu’Il a démontrées en Son Fils Jésus-Christ: que nous pardonnions les offenses qui nous sont faites comme Il nous pardonne les nôtres. Bien que cela puisse paraître impossible dans une perspective strictement humaine, cela est rendu possible parce que l’Esprit de Dieu habite en nous et nous en donne la force. Ce sont là des marques distinctives du chrétien dans ses attitudes et dans ses ressources.

Auteur: Daniel Garneau;
Conseillère: Nellie Garneau;
publié le 7 mai 2018;
amplifié le 8 mai 2018;
illustré le 20 juin 2018.

Mots clés de recherche : actes graves, pardon d’actes graves, pardon.

Marcher par l’Esprit

Que veut dire la Bible lorsqu’elle nous dit de marcher selon l’Esprit du Dieu Très Saint? Est-il possible pour nous de marcher selon l’Esprit? Ou ces exhortations bibliques ne sont-elles que des paroles vides émises par des rêveurs désincarnés? Le présent article revêt un potentiel de nous aider à répondre à la question suivante pour nous-même : Est-ce que je marche selon l’Esprit ou selon ma nature humaine non-assistée par Dieu?

Heureux tout homme qui craint l’Eternel, qui marche dans ses voies (Psaume 128.1, Segond 21)

L’Esprit Saint vit en chaque personne qui croit que Jésus est mort sur la croix pour elle et qui s’est repentie de ses péchés — c’est-à-dire qu’elle a cessé de vivre indépendamment de Dieu, sans se préoccuper de faire ce qui plaît au Seigneur. Quoique nous soyons chrétiens, il demeure possible d’attrister l’Esprit de Dieu (Éphésiens 4.30) et de l’éteindre (1 Thessaloniciens 5.19), ou, au lieu de cela, de marcher par l’Esprit, de vivre dans la plénitude de l’Esprit (Galates 5.16).

Le Seigneur Jésus-Christ nous invite par son exemple à marcher par l’Esprit. Après Lui, ses apôtres nous encouragent à suivre cette même voie de marcher par l’Esprit.

Pour nous aider à comprendre de quoi il s’agit, nous allons considérer des passages de la Bible où le Saint-Esprit nous indique comment Dieu notre Père désire que nous marchions.

Pour ce faire, nous examinerons des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament où Dieu nous dit comment Il souhaite que nous vivions, ainsi qu’un passage où nous voyons comment marchait un homme de Dieu, le roi Josias. Par la suite nous considérerons des passages plus explicites à propos de ce que signifie et ce qu’implique marcher par l’Esprit.

1. Questions du peuple et réponses de Dieu (Michée 6.6-8)

Observons les questions que se posent les gens sur ce qu’ils pensent nécessaire pour recevoir l’acceptation de la part de Dieu. Notons les exigences extrêmes qu’ils perçoivent. Réfléchissons à la très grande difficulté de plaire à Dieu exprimée par leurs questions :

Avec quoi donc pourrai-je me présenter à l’Eternel? Et avec quoi m’inclinerai-je devant le Dieu d’en haut? Irai-je devant lui avec des holocaustes, avec des veaux âgés d’un an? L’Eternel voudra-t-il des milliers de béliers, dix mille torrents d’huile? Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour ma transgression, l’enfant issu de moi, pour expier ma faute? (Michée 6.6-7, Semeur, Bible Gateway).

Ces personnes se demandaient quels sacrifices elles devaient apporter à Dieu pour être pardonnées de leurs péchés. Des milliers de béliers suffiront-ils?  Faudra-t-il présenter jusqu’à dix mille torrents d’huile? Devrai-je aller jusqu’à offrir un sacrifice humain, comme font les nations? Jusqu’à offrir mon enfant premier né en sacrifice d’expiation?  Nous ne savons pas quoi faire, Dieu, pour que tu pardonnes les fautes dont nous sommes coupables! Nous ne savons plus comment agir pour que tu jettes sur nous un regard favorable! C’est là en essence ce que se disaient entre elles, au prophète et à Dieu, plusieurs personnes du peuple de Dieu à l’époque de Michée.

Ne font-ils pas ce que nous faisons quand nous attribuons à Dieu des exigences trop grandes pour nous? Ne font-ils pas ce que nous faisons lorsque nous nous sentons devant une impasse par rapport à ce que Dieu demande de nous? N’abordent-ils pas la question d’être acceptés de Dieu comme nous, quand nous nous fixons sur les impossibilités que cela représente selon notre compréhension limitée de la personne de Dieu? Comparons cela à ce que Dieu — à travers la voix de son prophète Michée — leur demande en réalité :

On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture,
que tu prennes plaisir à la bonté et que tu vives dans l’humilité avec ton Dieu (Michée 6.8, Semeur, Bible Gateway).

Dieu ne leur demandait rien de tout ce qu’ils s’imaginaient ou prétendaient croire. Au contraire, ce sont des choses simples qui plaisent à Dieu : que nous pratiquions la justice, que nous aimions la miséricorde, que nous marchions humblement avec notre Dieu. C’est tout. Marcher en faisant le bien. Marcher en aimant la compassion. Marcher sans prétention, non pas comme si nous étions importants. Marcher humblement. Marcher humblement, notre visage étant tourné non pas vers la terre, comme si nous étions écrasés, mais le visage tourné vers Dieu, dans l’espoir et dans la confiance.

2. Manassé, Amon et Josias (2 Chroniques 33-35)

Josias « fit ce que l’Eternel considère comme juste […] Alors qu’il était encore jeune, il entreprit de chercher à plaire au Dieu de David, son ancêtre » (2 Chroniques 34.2-3, Semeur). Il a choisi d’inscrire son histoire personnelle, non pas dans celle de son père Amon ou de son grand-père Manassé, mais dans celle de son ancêtre David. Josias vivait dans des cadres social et religieux mis en place par des rois qui faisaient le mal aux yeux de l’Éternel. Les pratiques qu’ils instaurèrent incitaient au mal. Ils poursuivirent génération après génération dans ces mauvaises pratiques, dans ces voies du mal. De sorte qu’il fut nécessaire pour Josias de combattre des coutumes connues, acceptées, considérées normales. Des réformes étaient nécessaires pour pouvoir marcher avec Dieu et pour conduire le peuple dont il était roi à le suivre dans les voies de Dieu.

Pourquoi ne pas lire en écoutant ce récit en 2 Chroniques 33-35 et en 2 Rois 21-22 dans la Parole de Vie, sur LirelaBible.net.

Quelle est l’importance pour nous de cette histoire des rois Manassé, Amon et Josias? Je crois que si nous cherchons Dieu et désirons marcher avec Lui, nous ne pouvons pas faire comme si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes concernant les pratiques culturelles et religieuses de notre époque et des milieux où nous vivons. Il est impératif que nous consultions le Seigneur, ses prophètes, ses apôtres. Consultons ce qu’ils nous ont légué de la part de Dieu et de Son Fils Jésus-Christ dans la Parole de l’Esprit de Dieu, qui est la Très Sainte Bible. Ce qu’il nous faut rechercher ne se limite pas à la connaissance de ce que Dieu désire que nous fassions. Il nous faut également chercher à agir selon ce qu’il dit.

3. Marcher par l’Esprit (Galates 5, Romains 8, Philippiens 4)

Que signifie marcher par l’Esprit et comment y parvenir? Cela nous est enseigné dans les lettres de Paul aux Galates, aux Romains et au Philippiens. Les trois liens qui précèdent vous permettront d’écouter, en même temps que vous lirez, une version de la Bible facile à comprendre, La Bible Parole de Vie. (Veuillez à sélectionner cette version parmi celles disponibles, car c’est la seule du site LirelaBible. net accompagné d’une version audio.

Alors que nous lisons ou écoutons ces passages de la Bible, demandons à Dieu ce que signifie pour nous marcher par l’Esprit et pour quels aspects spécifiques nous pourrions commencer en vue d’améliorer notre marche par l’Esprit. Il s’agirait d’une excellente préparation avant de continuer à lire le présent article.

3.1. Paul aux Galates

Je mettrai l’accent sur quelques passages relativement courts provenant des écrits de l’apôtre Paul. Pourquoi ne pas commencer par Galates 5.25 (Bible du Semeur):

Puisque l’Esprit Saint est la source de notre vie, laissons-le aussi diriger notre conduite.

Qu’arrive-t-il lorsque nous nous laissons diriger par l’Esprit Saint ? Nous pouvons expérimenter en nous-même et observer extérieurement un groupe d’attitudes et de comportements comme les suivants : «l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi» (Galates 5.22-23, Semeur). Selon l’apôtre Paul, il s’agit là du «fruit de l’Esprit» (Galates 5.22a, Semeur).

Si, par contre, nous ne nous laissons pas diriger par l’Esprit de Dieu, comme nous y invite le Seigneur notre Dieu et Père, ce que nous expérimenterons et observerons chez nous sera d’une nature autre que ce qui est produit par l’Esprit. L’apôtre Paul en dit ceci: «Tout le monde voit bien ce qui procède de l’homme livré à lui-même : l’immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l’adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions, l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre» (Gal 5.19-21a, Semeur).

3.2. Paul aux Romains

Les chapitres 6 à 8 de Romains traitent spécifiquement du thème dont nous sommes en train de parler ici. L’angle sous lequel nous l’abordons nous vient de la lecture de ce que dit l’apôtre Paul, en Romains 8.5-6, selon la traduction espagnole Nueva Traducción Viviente. La traduction française qui s’en rapproche le plus est la version Darby, où nous lisons:

Car ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l’Esprit, aux choses de l’Esprit ; car la pensée de la chair est la mort ; mais la pensée de l’Esprit, vie et paix (Romains 8.5-6, Darby).

Aucune des autres versions françaises que j’ai consultées ne fait ressortir de manière explicite le rôle de la pensée. Toutefois, cet angle d’attaque du texte me paraît fructueux. Considérons le même passage selon quelques autres versions françaises de la Bible :

En effet, ceux qui se conforment à leur nature propre se préoccupent des réalités de la nature humaine, tandis que ceux qui se conforment à l’Esprit sont préoccupés par ce qui est de l’Esprit. De fait, la nature humaine tend vers la mort, tandis que l’Esprit tend vers la vie et la paix (Romains 8.5-6, Segond 21).

La Segond 21 nous aide ici à comprendre l’expression «selon la chair» de Darby. Être selon la chair (Darby) signifie se conformer à notre nature propre (Semeur), tandis qu’être selon l’Esprit correspond à se conformer à l’Esprit. Pour ceux d’entre nous qui connaissons bien la Bible Segond 1910 ou sa très proche descendante la Nouvelle Édition de Genève :

Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’Esprit s’affectionnent aux choses de l’Esprit. Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix (Romains 8.5-6, Nouvelle Édition de Genève).

Être selon la chair (Darby), vivre selon la chair (NEG) et se conformer à notre nature propre (Segond 21) sont en fait trois manières différentes d’exprimer la même chose. Pareillement, s’affectionner aux choses de la chair (NEG),  se préoccuper des réalités de la nature humaine (Segond 21) et avoir ses pensées aux choses de la chair (Darby) sont trois façons de chercher à rendre ce que le texte original grec cherche à nous dire.

Je ferai maintenant intervenir une quatrième version française pour nous aider à comprendre de ce que l’apôtre Paul cherche à dire concernant la marche par l’Esprit :

En effet, les hommes livrés à eux-mêmes tendent vers ce qui est conforme à l’homme livré à lui-même. Mais ceux qui ont l’Esprit tendent vers ce qui est conforme à l’Esprit. Car ce à quoi tend l’homme livré à lui-même mène à la mort, tandis que ce à quoi tend l’Esprit conduit à la vie et à la paix. (Rm 8.5-6, Semeur)

Selon Darby, si nous sommes selon la chair, nous pensons aux choses de la chair. Selon la Nouvelle édition de Genève et selon Louis Segond 1910, si nous vivons selon la chair, nous nous affectionnerons aux choses de la chair. D’après Segond 21, si nous nous conformons à notre nature propre, nous nous préoccuperons des réalités de la nature humaine. La Bible du Semeur ajoute à notre compréhension de ces versets que notre choix réside entre vivre livré à nous-même ou vivre selon les inclinaisons mises en nous par l’Esprit Saint de Dieu.

Avant que nous produisions œuvre ou fruit observable de l’extérieur de nous, il se passe des choses en nous. Notre cœur est habité par des centres d’intérêts et des préoccupations. Ils prennent la forme de pensées, d’émotions revêtues de pensées. Quoi que cet aspect intime de notre vie ne puisse pas toujours se voir, il n’en constitue pas moins une expression de notre marche par l’Esprit ou de notre marche selon notre nature propre.

Voir les choses ainsi peut nous aider à nous rendre compte qu’un redressement est nécessaire concernant ce avec quoi nous nourrissons nos âmes et meublons nos pensées. Mais ce redressement ne saurait être le résultat de nos efforts personnels, même les mieux intentionnées. Il s’agit d’un fruit, du résultat de quelque chose qui relève de l’Esprit. Ce qui nous appartient à nous dans cette histoire est de décider où irons nos allégeances. Je conclurai en m’appuyant sur la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB). Celle-ci exprime très bien ce qui distingue les deux voies dont nous parlons, ce contraste entre marcher ou vivre selon notre nature propre et marcher ou vivre selon l’Esprit :

En effet, sous l’empire de la chair, on tend à ce qui est charnel, mais sous l’empire de l’Esprit, on tend à ce qui est spirituel : la chair tend à la mort, mais l’Esprit tend à la vie et à la paix (Romains 8.5-6, TOB, 2010)

Pour nous aider à nous engager dans la voie de l’Esprit ou à y revenir, nous considérons maintenant un tout dernier passage biblique lequel se trouve dans une autre lettre de Paul, celle qu’il écrivit aux Philippiens alors qu’il séjournait dans une prison romaine.

3.3. Paul aux Philippiens

Dans nos moments de plus grande nécessité, demandons à Dieu qu’Il nous aide à combattre contre les pensées qui ne lui sont pas agréables. Ces pensées indiquent où se trouvent réellement les préoccupations centrales de nos cœurs. Nous pouvons transformer en prière tout ce qui cherche à habiter nos pensées et qui ne vient pas de Dieu. Il s’agit de demander à Dieu qu’il nous vienne en aide avec un ou des aspects spécifiques de notre vie. Demandons-Lui de nous porter secours dans nos défaillances d’attitudes et de comportements.

Nous avons tout intérêt à suivre le conseil donné par l’apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens, ch. 4 v. 8 (Semeur):

Enfin, frères, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, de tout ce qui mérite respect et louange.

En conclusion

Cet article ne traite que d’un seul parmi de nombreux aspects de la marche par l’Esprit : obéir à Dieu, faire ce qui Lui plaît, selon ce que nous ont dit les prophètes et les apôtres, tels que nous pouvons les lire dans la Parole de Dieu, la Bible. Il y a cependant plusieurs autres aspects qui doivent être pris en compte : aimer la Parole de Dieu, prier le Seigneur, faire confiance en l’amour du Père à notre égard, comprendre que ce même amour que Dieu a pour nous, il l’a également envers toute personne avec qui nous entrons en relation — et bien plus encore. Je vous invite à lire tout en les écoutant, les textes bibliques mentionnés ici, chacun dans son propre contexte, c’est-à-dire en considérant chacune des trois lettres d’où sont tirés les extraits dont nous venons de parler : Galates, Romains, Philippiens.

Soyez bien à l’aise de laisser, en commentaire au bas de cet article, votre propre expérience d’appropriation des promesses de Dieu ou de ses réponses à vos prières dans votre vie.

Pour me contacter, veuillez suivre les indication sous Questions ou commentaires.

Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
Publié le 2 mars 2018;
Édité les 3 et 4 mars 2018.

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Cet article est le résultat de ma participation au séminaire Torrent qui purifie dirigé par l’équipe pastorale de l’Église Vie Abondante, de janvier à mars 2018. Plus précisément, il s’agit de ma réponse personnelle à des passages bibliques que Dieu a placés sur mon cœur alors que je réfléchissais au matériel de la leçon intitulée, Marcher selon l’Esprit.

Avons-nous un cœur de leader?

Demandons-nous à Dieu qu’il nous aide à développer un cœur de leader? Oublions-nous parfois que s’il existe de mauvais leaders, il en existe aussi de très bons? Cet article est le résultat d’une méditation sur les attitudes de leadership démontrées par l’apôtre Paul en observant ce qu’il dit dans sa deuxième épître aux Corinthiens.  Il est important de comprendre que la notion de leadership telle que présentée dans le présent article touche chaque personne, car il y a toujours des sphères de nos vies où nous sommes des leaders.

L’Eternel aime ceux qui le craignent, ceux qui espèrent en sa bonté (Psaume 147.11, NEG)

Ne sommes-nous pas prompts à critiquer les leaders spirituels qui nous entourent? Parfois nous avons raison, parfois pas. Il y a aujourd’hui des leaders chrétiens qui enseignent ce que les gens désirent entendre plutôt que la vérité de la part de Dieu. Jésus nous avait prévenus — comme aussi les prophètes avant lui et les apôtre après lui — dont les propos sont inscrits pour nous dans la Parole de Dieu, référence de tout chrétien.

Toutefois, il est impératif de se souvenir que s’il y a de faux prophètes, il y en a des vrais. S’il y a ceux qui enseignent sans sincérité, il y a ceux qui enseignent en toute sincérité. S’il y a ceux qui conduisent ceux qui les écoutent vers la mort, par séduction et mensonge, il y a aussi ceux qui transmettent la vie à leurs auditeurs par la vérité provenant du Seigneur. S’il y a des personnes chrétiennes qui s’opposent à Christ tout en se réclamant de Lui, il y a aussi celles qui enseignent le message de Christ dans la vérité et avec son approbation.

Avant d’amorcer notre réflexion sur le cœur de leader que nous dévoilent les Écritures  à propos de l’apôtre Paul, posons-nous des questions à notre propre sujet. Quelles sont nos attitudes intérieures vis-à-vis des gens sous notre leadership? Comment agissons-nous dans les domaines qui relèvent de nos responsabilités envers les autres? Plaçons-nous leur intérêt avant le nôtre? Prions-nous pour eux? Nos relations sont-elles caractérisées par la vérité, la sincérité et la fidélité envers ce que Dieu nous demande?

Le cœur de leader de l’apôtre Paul (selon 2 Corinthiens)

Nous sommes maintenant prêts à extraire de la deuxième épître de Paul aux Corinthiens quelques-unes des caractéristiques de son leadership, des attitudes manifestées par Paul. Je vous encourage à écouter et à lire la deuxième épître aux Corinthiens, avant même de poursuivre la lecture du présent article, sur le site et avec les outils de Bible.Is.

Après avoir lu cette lettre à quelques reprises dans diverses traductions, j’ai été touché, premièrement, par la sincérité de l’apôtre. Ce qui me sauta ensuite aux yeux fut sa confiance en Dieu. Il avait appris à s’appuyer sur les forces de Dieu et non sur les siennes. J’ai été heureux de constater que Paul parlait de manière franche et véridique.

Non moins impressionnant concernant le leadership de l’apôtre Paul est qu’il renonçait à considérer le maintien de sa réputation personnelle comme plus importante que de bien accomplir sa fonction d’ambassadeur pour Christ. Cela incluait l’audace de dire aux autres ce qu’ils n’aimaient pas entendre quoi qu’ils en avaient besoin pour croître dans leur foi.

Il a aussi démontré un zèle remarquable pour transmettre le message de Dieu aux personnes à qui Dieu voulait qu’il soit transmis de sa part. Je fus par ailleurs intrigué et édifié de noter la sensibilité de Paul pour laisser de côté une porte ouverte de la part du Seigneur pour annoncer l’Évangile, alors qu’il s’inquiétait de l’un de ses collaborateurs (2 Corintihiens 2.12-13).

L’on constate chez lui la reconnaissance que sa sanctification lui vient de Dieu et non de ses propres efforts ou du zèle dont il ne cesse de faire preuve. Il s’appuyait sur les manières de faire conformes à la volonté de Dieu et à la foi en Lui, plutôt que de se confier dans les manières du monde lorsqu’il luttait contre les obstacles (2 Cor. 5).

De fait, Paul sait qu’il combat contre des raisonnements qui s’opposent à la connaissance de Christ et de Dieu, aussi, parle-t-il en vue de détruire ces obstacles. Mais, il le fait avec les forces et les méthodes de Dieu, priant et se confiant en l’Esprit de Dieu pour faire le travail nécessaires dans les coeurs, pour donner aux gens la vie, pour les conduire vers la paix qu’il y a en Jésus-Christ, pour créer la lumière là où règnent les ténèbres.

Quelles autres attitudes et caractéristiques de leadership trouve-t-on chez Paul en lisant sa deuxième épître aux Corinthiens? Plusieurs fois, dans cette lettre comme dans ses autres lettres, l’apôtre Paul démontre un amour profond et sincère envers les personnes que Dieu a placées sous son leadership. Jamais il ne perd de vue sa fonction prioritaire auprès des gens que Dieu lui a confiées : qu’elles connaissent Christ et croissent en Lui.

Le cœur de leader que l’exemple de Paul nous invite à développer

Quels effets peut avoir l’exemple de Paul sur nous au vingt-et-unième siècle? Nous avons tous une fonction de leadership dans certaines circonstances et dans certains cercles. Comment l’exemple de l’apôtre Paul nous inspire-t-il ou nous encourage-t-il à améliorer certains des aspects du leadership mentionnés dans cet article? N’y aurait-il pas une dimension en particulier pour lequel l’Esprit de Dieu nous invite à Lui faire confiance? Lui faire confiance pour croître dans un domaine précis de notre leadership? Croître dans notre foi? Croître dans notre obéissance? Croître en notre amour et en notre sensibilité envers les bien-aimés de Dieu avec qui Il nous a placé dans une relation de leadership?

Peut-être devons-nous croître dans notre acceptation et réception de l’amour de Dieu envers nous-même! Croître dans notre amour envers Dieu, notre Père, envers Christ, Son Fils, envers l’Esprit Saint, lequel vit en nous par la foi en Christ, don du Père. Cet Esprit, celui de Jésus, nous donne le salut éternel et, maintenant même, la paix du cœur.

L’article Avons-nous un cœur de leader? peut être consulté dans son intégralité, dans sa langue originelle de publication, l’espagnol, sous le titre ¿Tenemos un corazón de líder?

Vous pourriez tirer profit de l’article Écouter la Bible, pourquoi pas? Celui-ci fournit quelques indications sur les particularités de quelques versions audio de la Bible.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA;
Article publiée en espagnol : le 23 février 2018;
Article traduit en français : le 5 mars 2018;
Traduction éditée : les 6, 8 et 9 mars 2018.

Ce que j’entends par « Je suis chrétien »

Être chrétien? Qu’est-ce que j’entends quand je dis : « Je suis chrétien » ? Le plus brièvement possible, être chrétien signifie pour moi entre autres choses croire que la Bible est la Parole de Dieu, reconnaître que je suis pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort. Mais par dessus tout, lorsque je dis « je suis chrétien », j’entends par là que je fais confiance au Seigneur Jésus-Christ pour avoir accompli pour moi tout ce qu’il faut pour que je puisse me présenter devant Dieu sans honte ni crainte au jour du jugement, car c’est par Lui, Jésus, c’est par sa mort et sa résurrection, que sont assurées les promesses de Dieu.

Nous étions tous comme des brebis égarées :
chacun suivait sa propre voie,
et l’Eternel a fait retomber sur lui
nos fautes à tous. (Ésaïe 53.6, Segond 21)

Chaque fois que je dis « je suis chrétien » je réaffirme toutes ces choses que je viens juste de mentionner et j’en sous-entend bien d’autres encore. L’une d’entre elles consiste dans un choix personnel : celui de faire confiance à celui qui m’a aimé au point de donner sa vie pour moi; le choix de placer en Lui ma confiance pour mon sort éternel devant Dieu, comme aussi le choix de placer en Lui ma confiance pour les petites choses de ma vie. Quelle merveille de me savoir aimé, guidé, protégé et accompagné en tout ce que je fais !

J’ai entendu parler de l’Évangile seulement une fois devenu adulte et sorti du Québec pour travailler et voyager dans les provinces anglaises du Canada : l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, de 1970 à 1975 environ.

Il a fallu plusieurs années avant que je me décide à rendre ma vie conforme à ce qu’enseignent les Écritures et à commencer à marcher avec Dieu pour de bon, en 1977. Il m’a été facile de croire que la Bible était la Parole de Dieu, de reconnaître que j’étais pécheur, perdu loin de Dieu pour l’éternité, puis d’admettre que sans le salut accompli par Jésus lorsqu’il est mort sur la croix pour moi, je ne pourrais jamais me retrouver auprès de mon Père céleste après ma mort.

Le plus dur a été de prendre ma décision de changer de manière de vivre afin d’obéir le mieux possible à ce que Dieu enseigne dans les Écritures. Une fois cette étape franchie, le reste en était la conséquence naturelle, plus précisément, la conséquence spirituelle. J’ai eu le bonheur de fréquenter une Église locale Évangélique où l’on enseignait les Écritures et encourageait les croyants à servir Christ en témoignant de notre foi, en développant nos dons spirituels et en participant aux ministères de l’Église.

Il y a eu bien des épreuves depuis, ainsi que des périodes de découragement. Aujourd’hui quand je commets un péché, au lieu d’en être surpris, je me réjouis de savoir que c’est pour des pécheurs comme moi que Jésus a donné sa vie. J’ai fini par me rendre compte avec le temps que ce qui importe n’est pas que je puisse être fier du type de personne chrétienne que je suis, mais que je sois fier de la sorte de Sauveur à qui je dois mon entrée dans la famille de Dieu.

J’ai composé ce court témoignage de ma foi chrétienne lorsque, le 9 décembre 2014, je me suis présenté sur le Forum Chrétien la Source d’eau vive – Forum Chrétien Protestant de soutien et de partage, sous Se présenter pour mieux se connaître et Bonjour de Québec. Il a été légèrement ajusté ici surtout pour en lever les ambiguïtés.

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Auteur : Daniel Garneau, B Th, B Com, MA.
Édité les 7 février et 23 juillet 2018.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Mon parcours de foi chrétienne, lorsque j’y repense aujourd’hui, peut être considéré sous l’angle d’une d’une fusion des horizons, d’une rencontre du passé, du présent et du futur.

Qu’est-ce que l’homme pour que tu prennes soin de lui (Psaume 8.5) ?

Le passé

Trois événements marquants viennent ponctuer le passé. Premièrement, À compter de 1970, des témoins de Jésus m’ont appris que Dieu m’offrait le salut éternel en son Fils, m’invitant à vérifier leurs dire à même les textes de la Parole de Dieu. Ensuite, en 1977, après une longue résistance de ma part, j’ai enfin choisi de me détourner d’un style de vie qui ne s’accordait pas avec celui auquel Dieu m’invitait et à m’engager à vivre comme Dieu le demandait, au meilleur de mes capacités. Mais il m’a fallu 30 années de plus pour enfin parvenir, depuis 2008, à vivre ma vie chrétienne en sachant intimement que je suis pardonné et aimé par mon Sauveur au quotidien.

Le présent

Que dire du présent ? Il est construit sur le passé, sans lequel ma vie serait tout autre. Je suis donc reconnaissant au Seigneur, même pour les périodes qui m’ont parues les plus sombres de mon existence, qu’il s’agisse de celles d’avant ou d’après ma conversion.

Toujours, Dieu était là. Il veillait sur moi. Il me guidait. Il respectait mes refus. Car Dieu ne s’impose pas à nous. Au contraire, Il nous invite, puis Il attend que nous soyons prêts. Dans le passé, Dieu m’a attendu. Dans le présent, il ne me bouscule pas, mais attend que je sois prêt à entrer toujours de plus en plus pleinement dans l’amour qu’Il a pour moi. Car tout part de là : la compréhension que nous avons de l’amour de Dieu pour nous.

Le futur

Au moment où j’écris le présent article pour célébrer Dieu publiquement par un témoignage concernant une ou deux dimensions de mon parcours chrétiens, c’est en fait dans le futur que je me projette. Qu’est-ce que je veux accomplir par cet article ? Mes intentions lorsque je travaille à préparer n’importe quel texte constituent une forme de regard vers le futur, car je travaille aujourd’hui sur ce qui prendra vie demain.

La rencontre du passé, du présent et du futur

Partager mon parcours de foi est pour moi une occasion de célébrer Dieu publiquement. La préparation requise pour cette célébration me conduit à réfléchir à la trace du passé dans mon présent et à me projeter avec espoir vers un futur encore incertain.

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Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
le 7 février 2018

Fan ou disciple de Christ ?

Fan ou disciple de Christ ? Il y a une grande différence entre un «fan» qui clique «j’aime» sur un article d’un média social avec lequel il se sent en affinité et l’engagement qui caractérise le disciple de Christ. La question « suis-je fan ou disciple de Christ?» gagne à être posée à la première personne par tout lecteur du présent article.

Celui qui offre en sacrifice sa reconnaissance m’honore (Psaume 50.23, Segond 21)

Il faut en effet éviter à tout prix de confondre l’engouement momentané d’une interaction sur réseau social avec l’engagement personnel qui caractérise le disciple de Christ. Prenons au sérieux la mise en garde des Écritures et ne soyons pas parmi ceux de qui un prophète de Dieu pourrait dire comme l’a fait Ézéchiel : «Tu es pour eux comme un chanteur enthousiasmant, doté d’une belle voix et jouant bien de son instrument : ils écoutent tes paroles et ils ne les mettent pas en pratique» (Ézéchiel 33.32, Segond 21).

Mais la voie de l’engagement chrétien authentique et sincère comporte aussi son lot de malentendus. La confiance en Christ constitue la clé de voûte de la vie vécue pour Dieu. Cette confiance s’exprime par une conviction qu’il veille sur nous malgré les circonstances parfois difficiles de nos vies et par la reconnaissance de ses bienfaits envers nous. Elle s’exprime encore par une manière de vivre empreinte du désir de lui plaire. Et comment savoir ce qui plaît ou non au Seigneur ? En apprenant à le connaître par ce qu’Il a révélé le concernant dans Sa Parole et en mettant tout en oeuvre pour y modeler nos vies.

L’article original en anglais – Follower or Fan of Christ? – fournit le contexte dans lequel ce thème a été pensé ainsi qu’une réflexion plus élaborée sur ce même thème.

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Daniel Garneau,
B Th, B Com, MA,
Le 20 juin 2018

Regarder vers Christ

Regarder vers Christ au moment initial de notre salut en Jésus Christ est une attitude qui doit se poursuivre tout au long de notre vie. Notre compréhension de cet aspect de la foi chrétienne peut être enrichie si nous connaissons l’histoire du serpent d’airain racontée dans le livre des Nombres 21:4-9.  Jésus s’y réfère, en Jean 3:14-16, lorsqu’il explique à Nicodème comment s’acquiert l’accès à la vie éternelle.

Je vous invite à lire avec moi, tout d’abord, le passage, si important, de Jean 3:14-21  :

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu en effet n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres soient dévoilées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu.

Je crois et donc je ne serai point jugé. Je marche dans la lumière en autant que je sache. Il m’arrive de ressentir une grande joie provenant de l’intérieur de moi et qui me semble être l’œuvre de l’Esprit en moi. Quelle joie merveilleuse ! Quelle paix ineffable !

En Lui sont tous les trésors – Regardons au Fils de Dieu pour être sauvés par Lui !

(Photographie d’une peinture de Cécile Beaulieu, utilisée avec permission)

Venons-en maintenant à l’histoire du serpent d’airain racontée en Nombres 21:4-9. Après quatre cents ans d’esclavage en Égypte, durant les quarante ans que dura leur traversée du désert en route vers la terre promise, un jour que le moral du peuple Juif était au plus bas, des serpents venimeux mordirent mortellement plusieurs d’entre eux. C’est de ce moment historique dont il est question au tout début du passage cité à la section précédente : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ». Cette histoire est relatée en Nombres 21: 4-9 et se conclut comme suit, en Nombres 21:7-9 :

Le peuple vint à Moïse, et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l’Éternel et contre toi. Prie l’Éternel, afin qu’il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d’airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d’airain, conservait la vie.

Cette image illustre et renforce ce que j’ai appris à faire pour marcher au quotidien dans la voie que les Écritures nous invitent à suivre, mais dont je me détourne momentanément parfois. Je comprends mieux aujourd’hui cette simplicité selon laquelle Dieu souhaite que nous revenions à lui chaque fois que nous commettons un péché. Or, il me semble que c’est justement ce qui me rend aujourd’hui capable de ne pas cesser de regarder à Christ lorsque je m’expose moi-même à la morsure d’un serpent brûlant. Il m’est devenu naturel de me tourner à Dieu lorsque j’ai agis d’une manière opposée à la voie de la lumière et de saisir immédiatement son pardon. Ces moments sont empreints d’une très grande joie, de me savoir pardonné, de savoir à qui j’appartiens. Je me suis rendu compte que, de cette manière, la culpabilité n’a plus de prise pour ajouter son poids à celle du péché. De fait, se sentir coupable après avoir péché constitue en soi un autre péché dont l’antidote est de regarder immédiatement en direction du pardon acquis par Jésus sur la croix. D’où la figure du serpent d’airain associée à celle du Christ crucifié illustre l’une des dimensions qui m’a longtemps échappée, mais que je pratique depuis plusieurs années maintenant de manière tout à fait spontanée.

Ces passages habitent en moi, de sorte que je m’exprime spontanément en me fondant sur eux lors de ma participation à des forums chrétiens, comme l’illustre la publication de l’article intitulé Looking towards Christ et son adaptation Mirando hacia Cristo. La présente version française est enrichie par Apprendre à recevoir de Dieu son amour, lui-même extrait et adapté de Dieu et moi — essai autobiographique.

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Daniel Garneau, B Th, B Com, MA

Mots clés : regarder vers Christ