La difficulté d’admettre l’action de Dieu en ma faveur

En relisant un texte où je cherchais à réfléchir sur mon rapport à la foi, je suis frappé d’un passage où je dis éprouver une difficulté à reconnaître que les réponses que j’obtiens de Dieu dans la prière viennent véritablement de Dieu, de sorte que le doute s’intègre à la foi dans cette situation. J’ai d’ailleurs exprimé cette même difficulté à plusieurs reprises à mes proches, aux membres de ma communauté de foi, précisant presque chaque fois que je fais un choix conscient d’interpréter que dans telle ou telle situation Dieu a agi.

Lorsque je partageais cette caractéristique de ma vie intime de prière, je mettais aussi l’accent sur la conscience que ma prière ou que ma compréhension des événements subséquents avaient pu être mal orientés et que je ne voulais pas lier Dieu à mes erreurs. Cette attitude m’a aidé à prier et à m’approprier les réponses de prière malgré tout. Elle semble aussi avoir inspiré au moins une autre personne avec qui je partageais cette tension. Celle-ci me disait avoir choisi d’interpréter un événement précis comme la réponse d’une prière qu’elle avait faite à Dieu. Mais au moment d’écrire ces lignes, je me demande s’il ne s’agissait pas chez moi d’une étape dans mon parcours de foi que je m’apprête à dépasser, compte tenu de ce que j’écrirai dans un moment sur Daniel 4.

Il y a environ cinq ans, en écoutant une prédication sur la gloire de Dieu comme mission fondamentale de tout chrétien associée à l’Épître aux Éphésiens, je fus frappé par l’histoire de Nebucadnetsar mentionnée en appui. Je me suis demandé si l’histoire de ce roi racontée en Daniel 4 n’était pas aussi un peu la mienne et si ma difficulté à reconnaître l’intervention de Dieu suite à mes prières n’était pas un peu du même ordre : rendre ou ne pas rendre gloire à Dieu pour ce qu’Il fait. En écoutant l’histoire de Nebucadnetsar, je me disais que celui-ci était sans doute conscient de sa contribution concrète dans les succès dont jouissait son règne. C’est normal, ai-je pensé, car très souvent Dieu choisit d’agir à travers les actions naturelles des hommes. Or justement, lorsque je demande à Dieu de répondre à un besoin, et que Sa réponse s’inscrit en toute apparence dans le cours naturel de la vie, ne suis-je pas devant une situation du même ordre ? une difficulté de rendre gloire à Dieu ? N’était-ce pas aussi une dimension importante de la manière dont je vivais et comprenais mon ministère pastoral, ne comprenant pas toujours très bien que Dieu agissait à travers mes actions quotidiennes ?

Cette réflexion m’a tellement réjoui qu’il m’a semblé important de ne pas la laisser se perdre sans la consigner par écrit dans le présent article. Ma joie ici est celle d’une compréhension renouvelée de la manière dont Dieu agit bien souvent à travers ce que nous humains faisons spontanément par souci de Lui plaire, mais surtout du constat qu’avec la repentance de Nebucadnetsar est venu le pardon de Dieu. Je trouve réconfortant de savoir que lorsque je reviens vers Dieu, il m’accueille moi aussi, même après que j’aie choisi de le bouder ou de l’ignorer pour une longue période.

Cet article est une adapté de Dieu et moi – Essai autobiographique, p. 15-17, accessible sous Formation par l’autobiographie à la section Apprendre du site Savoir et croire .ca.

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